L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.


Devant lui, Eric Caspier, chef du département de recherche technologique magique, attendait en silence, l'air concentré.

Lord Black croisa les doigts et le fixa intensément.

- J'ai une mission pour vous, Caspier. Un projet de la plus haute importance. Il ne devra être connu que de vous et de quelques-uns de vos hommes de confiance.

Le chercheur hocha la tête, intéressé.

- Quel type de projet, Monsieur le Ministre ?

Lord Black fit apparaître d'un geste de baguette un parchemin devant lui. Dessus, des esquisses de ce qui ressemblait à un balai, mais avec une structure renforcée et un espace suffisant pour accueillir deux personnes.

- Je veux un nouveau type de balai volant. Deux places. Stable. Rapide. Conçu pour des missions de surveillance et d'intervention rapide.

Eric Caspier s'avança légèrement, examinant les croquis.

- Cela semble faisable, mais il existe déjà des modèles biplaces, comme ceux utilisés pour la police magique…

Lord Black secoua légèrement la tête.

- Je veux plus qu'un simple balai de patrouille. Il doit être plus résistant, capable de supporter des sorts défensifs et offensifs avancés. Et surtout… Il marqua une pause avant d'ajouter : Je veux qu'il puisse être équipé d'une mitraillette magique.

Le chef du département ouvrit légèrement la bouche, surpris.

- Une… mitraillette magique ?

- Exactement. Lord Black se pencha légèrement en avant. Un système intégré, avec des munitions infinies, capable d'envoyer des projectiles magiques à haute vélocité. De quoi abattre une menace avant qu'elle n'ait le temps de réagir.

Eric Caspier fronça les sourcils, réfléchissant déjà aux complications techniques.

- C'est un défi… mais pas impossible. Il releva les yeux vers le ministre. Nous aurons besoin d'un sortilège stabilisateur puissant, sinon la cadence de tir déstabilisera complètement le balai.

- Faites ce qu'il faut. Je veux un prototype d'ici six mois.

Le chercheur hocha la tête, son regard brillant d'un mélange d'excitation et d'appréhension.

- Nous nous mettrons au travail immédiatement, Monsieur le Ministre.

Lord Black esquissa un léger sourire.

- Bien. Ce projet est classé Top Secret. Aucun document écrit ne doit circuler hors de votre laboratoire. Et souvenez-vous : l'avenir de notre suprématie repose sur l'innovation.

Eric Caspier acquiesça, comprenant l'ampleur de la tâche. Il se leva et quitta la pièce, laissant Lord Black seul, son regard fixé sur les plans du futur.


Dans une salle du ministère, plusieurs Aurors discutaient du récent revirement concernant la réforme sécuritaire.

- Qu'est-ce que tu penses de tout ça ? demanda Elisabeth, en fixant son collègue Derek, l'air songeur. Tu crois vraiment qu'on a bien fait de libérer tout le monde du serment ?

- Je sais pas... répondit Derek en haussant les épaules, visiblement indécis. Je pensais qu'on allait devoir vivre avec ça. C'est assez surprenant qu'ils aient changé d'avis, tu ne trouves pas ? Mais bon, je suppose qu'on peut respirer un peu mieux maintenant.

- Ouais, mais c'est pas si simple, intervint Caleb, les bras croisés, un air préoccupé sur le visage. Le Veritaserum, ça, c'est une autre affaire. Je trouve que ça peut devenir dangereux si on l'utilise trop facilement. Imagine juste un moment où un soupçon devient un prétexte pour tout vérifier, même les plus petites choses.

- Tu as raison, Caleb, dit Sophie, en se frottant le menton. Mais d'un autre côté, au moins on n'a pas à jurer sur notre loyauté. Franchement, je me sentais mal avec cette idée de serment inviolable. On n'est pas des machines, on est censés être libres de nos choix, tout en restant fidèles à la cause.

- C'est ça, acquiesça Derek. Je trouve que cette solution est plus équilibrée. Certes, ça donne un pouvoir supplémentaire à ceux qui ont des soupçons, mais au moins ça ne nous lie pas à vie.

- Tu crois que ça ne va pas devenir un abus de pouvoir ? répliqua Caleb, ses yeux brillants d'une lueur sceptique. S'il suffit d'un soupçon pour qu'on passe à l'interrogatoire, on risque de se retrouver dans une situation où la paranoïa règne, et c'est pas vraiment la sécurité qu'on recherche.

- Tu penses vraiment que le ministre en arrivera là ? dit Elisabeth, avec un sourire crispé. Je pense qu'on peut lui faire confiance, au moins pour ça. Si on veut vraiment éviter les trahisons, on doit accepter des mesures comme celle-ci. Mais il va falloir qu'il garde des règles strictes, ça c'est sûr.

- J'espère que ce ne sera pas comme une chasse aux sorcières, murmura Sophie. Je crois que c'est ça qui me dérange le plus dans cette histoire. Qui décide quand un soupçon est justifié et quand il ne l'est pas ?

Elle marqua une pause avant de regarder les autres. On va devoir être plus prudents, je crois.

- Tout ce que je sais, c'est que le ministre a ses raisons, et qu'il a pris sa décision. Derek laissa échapper un léger soupir. On ne peut pas vraiment revenir en arrière, non ?

Les regards se croisèrent, chacun prenant un instant pour réfléchir. Le changement dans la réforme sécuritaire était désormais effectif, et bien que la plupart semblaient soulagés, un doute persistait parmi eux.

- Ouais, conclut Caleb, on va devoir suivre les ordres, mais restez vigilants. Ce n'est pas parce que c'est officiel que tout est réglé.

Les Aurors se levèrent lentement, un sentiment d'incertitude sur le visage. Les conversations se poursuivant chacun absorbé dans ses pensées, tandis qu'ils se préparaient à reprendre leurs missions.


Dans le grand salon du manoir Black, Lord Black, assis dans un fauteuil de velours noir, feuilletait un rapport du département de recherche technologique magique. Sirius, adossé nonchalamment à la cheminée, un verre de whisky pur feu à la main, le regardait d'un air pensif.

- Au fait, j'y pensais… dit-il en levant légèrement son verre. Comment comptes-tu rembourser les 17 milliards de gallions empruntés au Canada ?

Lord Black ne leva même pas les yeux de son rapport. Il tourna une page lentement avant de répondre d'un ton calme et assuré.

- Le PIB du monde magique britannique va se développer.

Sirius haussa un sourcil, attendant la suite.

- Grâce à la vente de technologie magique, continua Lord Black. Les télévisions magiques, les nouvelles potions, les enchantements avancés, les armes défensives… Nous allons inonder le marché international et asseoir notre domination économique.

Sirius prit une gorgée de son verre, avant de le faire tourner distraitement entre ses doigts.

- Hmpf. Ça ne suffira jamais. Même en supposant que ça marche parfaitement, rembourser une telle somme va prendre des décennies.

Lord Black esquissa un sourire en coin, refermant son rapport avec lenteur.

- Évidemment, admit-il.

Il se leva alors et s'approcha d'une grande fenêtre donnant sur le jardin du manoir, les mains croisées dans le dos. Pendant un instant, il resta silencieux, observant l'horizon. Puis, d'une voix plus basse, presque murmurée, il ajouta :

- Mais de toute façon, d'ici sept ans, cela ne sera plus un problème.

Sirius redressa la tête, intrigué.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

Lord Black ne répondit pas immédiatement. Son regard vairon brillait d'une lueur insondable.

- Tu verras, Sirius. Il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir trop tôt.

Sirius grogna, agacé par cette énigme.

- T'as toujours aimé jouer au mystérieux, hein ?

Lord Black se contenta de sourire légèrement, avant de reprendre son dossier, mettant fin à la conversation. Mais dans l'air flottait un étrange pressentiment.


La nuit était tombée sur le manoir Black, enveloppant les vastes couloirs de pénombre. Dans son bureau, Lord Black était penché sur une pile de rapports, concentré. Il releva les yeux lorsque la porte s'ouvrit sans frapper.

Nymphadora se tenait sur le seuil. Elle portait une robe de chambre en velours bleu nuit, trop grande pour elle, qui glissait légèrement sur son épaule. Ses cheveux, d'un brun sombre ce soir-là, retombaient en mèches désordonnées sur son visage.

- Tu travailles encore ? demanda-t-elle d'une voix douce.

Lord Black posa sa plume et l'observa un instant avant d'indiquer la chaise en face de lui.

- Assieds-toi.

Elle obéit sans hésiter et se cala dans le fauteuil, ramenant ses jambes contre elle. Son regard s'attarda sur lui, scrutant les traits sévères du ministre. Il avait cette aura froide et impénétrable, mais elle savait qu'au fond, il était bien plus que ça.

- Je n'arrive pas à dormir.

Il haussa légèrement un sourcil.

- Ce n'est pas la première fois.

- Je sais. Elle baissa les yeux sur ses mains, jouant nerveusement avec un pli de sa robe. C'est juste que… quand je suis seule, je pense trop.

Un silence s'installa, pesant. Elle releva doucement les yeux vers lui et esquissa un sourire, un peu fragile.

- Tu es la seule personne qui me reste.

Lord Black ne répondit pas immédiatement. Il savait que Nymphadora souffrait de la perte de ses parents, et il savait aussi que cette douleur la poussait parfois à chercher un refuge, à se raccrocher à ce qu'elle pouvait.

Elle se leva lentement, fit le tour du bureau et s'arrêta juste à côté de lui. Sa main effleura le bois sombre, puis remonta légèrement jusqu'à son bras, à peine un contact.

- Parfois, j'aimerais que tout ça disparaisse. Les souvenirs, la douleur… juste pour un instant.

Son regard se fit plus insistant. Il y avait quelque chose dans son attitude ce soir-là, une sorte d'abandon, un désir de se perdre dans un instant qui n'existait pas.

Lord Black soutint son regard, impassible, mais il sentit le trouble dans sa voix, dans son geste. Il savait ce qu'elle cherchait. Un échappatoire. Une illusion.

D'un mouvement, il se leva, brisant la proximité.

- Va te reposer, Nymphadora.

Elle cligna des yeux, comme prise au dépourvu, puis détourna le regard en se mordant la lèvre.

- D'accord… murmura-t-elle avant de reculer, lentement.

Elle s'arrêta sur le seuil, hésitante, avant de lancer un dernier regard par-dessus son épaule.

- Bonne nuit.

Lord Black ne répondit pas tout de suite. Il la regarda s'éloigner dans le couloir, puis soupira, songeant que la douleur pouvait pousser à bien des dérives.


La petite maison des Lovegood, perchée sur une colline, était pleine de vie ce soir-là. Les Weasley, invités par leurs excentriques voisins, s'étaient installés dans le salon en attendant l'allocution du ministre. Chez eux, ils n'avaient pas les moyens de s'offrir une télé magique, et Arthur Weasley, fasciné par toutes les avancées technologiques, ne pouvait pas manquer cette occasion.

Le miroir magique trônait au centre du salon, encadré par des runes gravées qui pulsaient faiblement. Jusqu'ici, il ressemblait à un simple miroir de sorcier, reflétant les visages impatients des enfants Weasley et la curiosité rêveuse de Xenophilius Lovegood, qui sirotait un thé étrange en fixant la surface lisse du verre.

À exactement 20h00, une lueur parcourut le cadre du miroir. L'image se brouilla un instant avant de révéler une pièce familière : le bureau du ministre de la Magie. Derrière son imposant bureau de bois noir, Lord Black était assis, droit, les mains croisées devant lui. Son regard vairon, pénétrant, balayait son auditoire invisible à travers les miroirs de toute la Grande-Bretagne magique.

Il inspira légèrement avant de prendre la parole, sa voix grave et assurée résonnant dans toutes les maisons sorcières.

— Sorciers et sorcières de Grande-Bretagne, ce soir, je me tiens devant vous pour partager une annonce qui marquera un tournant dans notre histoire.

Un silence attentif s'installa dans le salon des Lovegood. Ron ouvrit de grands yeux, tandis que Ginny, assise en tailleur sur le tapis, fixait l'écran avec fascination.

— Depuis des siècles, notre monde s'est isolé, figé dans des traditions et des croyances qui, bien qu'ancrées dans notre culture, nous ont empêchés de progresser comme nous l'aurions pu. Mais aujourd'hui, nous nous trouvons à l'aube d'une nouvelle ère. Une ère de conquête, de découverte, et de grandeur.

Il marqua une pause, laissant ses mots imprégner l'esprit de ceux qui l'écoutaient.

— Nous avons appris beaucoup des Moldus. Leur capacité à rêver, à créer, à repousser leurs limites, et à viser l'impossible. Nous avons étudié leurs avancées scientifiques, analysé leurs travaux sur l'exploration spatiale. Et aujourd'hui, grâce à notre magie, nous sommes prêts à accomplir ce qu'ils n'ont fait qu'effleurer.

Molly Weasley fronça les sourcils, jetant un regard incertain à son mari, qui semblait au contraire captivé.

— J'annonce ce soir le lancement du Programme Éther, une initiative qui, dans les cinq prochaines années, nous mènera sur la Lune.

Un frisson parcourut la pièce.

— Nos sorciers les plus brillants travaillent d'ores et déjà sur un moyen d'atterrir sur la surface lunaire en alliant magie et physique moldue. Notre objectif est double : explorer ce qui se cache au-delà de notre monde et exploiter les ressources que la Lune pourrait offrir à notre société magique.

Les Lovegood avaient un sourire extatique sur le visage, tandis que Ron se penchait vers son père.

— C'est possible, ça ?

Arthur hocha lentement la tête, fasciné.

— La magie peut nous mener bien plus loin que nous ne l'imaginons…

Lord Black poursuivit, imperturbable.

— Parmi les éléments les plus précieux que nous espérons ramener, il y a les roches lunaires, dont les propriétés magiques restent inconnues mais qui pourraient révolutionner l'art des potions et des enchantements. Mais plus important encore…

Son regard se fit plus intense.

— Selon de vieilles légendes, la glace lunaire posséderait des propriétés curatives uniques. Nous savons aujourd'hui que de la glace se trouve aux pôles de la Lune. Si ces légendes disent vrai, il est possible qu'elle contienne la clé d'un remède pour l'une des plus grandes malédictions de notre monde : la lycanthropie.

Molly Weasley porta une main à sa bouche.

— Un remède contre les loups-garous… Merlin…

Ginny regarda son père, les yeux brillants.

— Papa, ça veut dire qu'ils pourraient sauver plein de gens, non ?

Arthur acquiesça, la voix pleine d'émotion.

— Ce serait une avancée incroyable…

Lord Black conclut, sa voix vibrante d'assurance.

— La Grande-Bretagne magique ne doit pas se contenter d'exister dans l'ombre. Nous devons être les pionniers d'un nouvel âge. C'est pourquoi, avec la coopération de nos meilleurs chercheurs, le Programme Éther verra le jour, et d'ici cinq ans, nous poserons le pied sur la Lune. Nous irons là où aucun sorcier n'a jamais été.

L'image du ministre s'effaça doucement, et le miroir redevint un simple reflet.

Le silence retomba dans la pièce.

Xenophilius Lovegood fut le premier à parler, le regard illuminé.

— Un voyage vers la Lune… Quelle époque magnifique pour être en vie !

Fred et George échangèrent un regard complice.

— Si on s'enrôle, tu crois qu'on pourra tester leurs balais spatiaux ?

Percy, plus pragmatique, réajusta ses lunettes.

— Ce projet est d'une envergure considérable… Je me demande quels moyens ils comptent employer pour assurer leur réussite.

Ron croisa les bras, pensif.

— J'trouve ça génial, mais… vous croyez qu'on pourra voir ça, nous aussi ?

Molly, encore sous le choc, posa une main sur son cœur.

— Que Merlin nous protège… J'espère qu'ils savent ce qu'ils font.

Arthur, lui, souriait toujours, un éclat de fascination dans les yeux.

— Ce monde change ma chérie. Et nous avons la chance d'en être témoins.


Le vent marin fouettait la côte rocheuse, soulevant des embruns qui scintillaient sous la lumière pâle de la lune. L'île était sauvage, indomptée, un terrain où la nature régnait encore en maître. De hautes falaises se dressaient sur le rivage, tandis qu'à l'intérieur, de vastes plaines bordées de forêts sombres s'étendaient à perte de vue.

Pierre Linér, chef du programme Éther, serra son manteau autour de lui en observant le paysage avec un mélange de curiosité et de prudence. Il n'avait jamais mis les pieds sur une île incartable, et le simple fait qu'elle ne figure sur aucune carte lui donnait un frisson d'excitation.

À ses côtés, Lord Black avançait d'un pas assuré, les mains croisées dans le dos, le regard scrutant l'horizon.

— Cette île appartient à ma famille depuis des siècles, déclara-t-il calmement. Peu de personnes connaissent son existence, encore moins y ont mis les pieds.

Pierre hocha la tête, toujours absorbé par l'environnement.

— C'est… immense. Vous êtes sûr que personne ne peut la localiser ?

— Absolument, répondit Lord Black. Même les meilleurs sorciers n'auraient aucune chance de la retrouver sans mon autorisation.

Ils marchèrent en silence un instant, leurs pas crissant sur l'herbe haute. Lord Black s'arrêta soudain au sommet d'une colline, offrant une vue imprenable sur une large plaine ouverte.

— C'est ici que nous construirons la base d'expérimentation du vaisseau lunaire, annonça-t-il.

Pierre tourna vivement la tête vers lui, les yeux brillants d'un mélange d'étonnement et d'enthousiasme.

— Vous voulez dire… faire décoller nos prototypes d'ici même ?

— Exactement. Nous avons besoin d'un endroit isolé, protégé, loin des regards indiscrets. Personne ne viendra ici poser de questions.

Pierre laissa son regard balayer la plaine. Le terrain était idéal : vaste, dégagé, et surtout totalement secret.

— C'est parfait, murmura-t-il, son esprit déjà en ébullition. Nous pourrons y construire des hangars, des ateliers, et même une zone de test pour la propulsion magique…

Lord Black acquiesça lentement.

— Faites-moi parvenir une liste détaillée de ce dont vous aurez besoin. Je veux que les premières infrastructures soient en place avant la fin de l'année.

Pierre se tourna vers lui, un sourire aux lèvres.

— Alors, nous avons notre base lunaire sur Terre.

Lord Black esquissa un léger sourire.

— Et bientôt, nous aurons notre première mission vers la Lune.


L'entrée dans la banque Gringotts s'était faite sous haute surveillance. Lord Black, escorté par deux gobelins armés de haches impressionnantes, avançait d'un pas mesuré à travers les couloirs souterrains du bâtiment ancestral. La lueur des torches faisait briller les runes gravées dans la pierre, témoignant de l'ancienneté et de la puissance des lieux.

Devant une grande porte de fer finement ouvragée, les gardes gobelins s'arrêtèrent. L'un d'eux frappa trois coups secs avant de pousser la lourde porte, révélant un bureau richement décoré.

Ragnok, président de la branche britannique des gobelins, était assis derrière un immense bureau sculpté dans un métal inconnu qui semblait absorber la lumière. Ses yeux perçants se posèrent sur Lord Black avec une méfiance non dissimulée.

— Lord Black, gronda-t-il d'une voix rocailleuse. Vous avez demandé audience. J'espère que cela en vaut la peine.

Lord Black s'avança sans se laisser impressionner.

— Ragnok, merci de me recevoir. Je viens vous proposer une collaboration qui pourrait être mutuellement bénéfique.

Le gobelin haussa un sourcil, l'invitant à continuer.

— Vous n'êtes pas sans savoir que mon gouvernement lance actuellement le programme Éther, dont l'objectif est d'envoyer des sorciers sur la Lune.

— Nous suivons de près les affaires du ministère, répliqua Ragnok d'un ton neutre. Continuez.

Lord Black s'appuya légèrement sur le bureau.

— Votre peuple est passé maître dans l'art du travail des métaux enchantés. L'épée de Gryffondor, qui s'imprègne uniquement de ce qui peut la renforcer, est un témoignage de votre savoir-faire inégalé. Nous avons besoin de ce savoir-faire pour concevoir les structures et les protections de nos vaisseaux lunaires.

Ragnok croisa les doigts, son expression impénétrable.

— Et en échange, que proposez-vous ?

— Soixante pour cent des roches lunaires que nous rapporterons vous reviendront. Vous pourrez les étudier, les fondre, en faire ce que bon vous semble.

Un silence pesant s'installa. Ragnok tapota lentement la surface de son bureau, réfléchissant.

— Soixante pour cent, répéta-t-il. Une offre généreuse… mais pas suffisante. Nous voulons également un accès prioritaire aux résultats de vos recherches sur les propriétés magiques de ces roches.

Lord Black inclina légèrement la tête.

— Vous aurez accès aux données scientifiques, mais uniquement après que nous aurons effectué nos premières analyses.

— Inacceptable, grogna le gobelin. Nous voulons un accès simultané.

Lord Black garda son calme, soutenant le regard perçant du gobelin.

— Cinquante-cinq pour cent des roches lunaires et un accès simultané aux recherches.

Ragnok sourit, dévoilant ses dents pointues.

— Cinquante-huit pour cent et nous avons un accord.

Lord Black marqua une pause, puis tendit la main.

— Marché conclu.

Ragnok saisit la main du ministre dans une poigne ferme et dure.

— Que ce soit dit, Lord Black. Nous ferons de vos vaisseaux les plus solides jamais conçus.

L'alliance était scellée.


L'entretien se déroulait dans une salle de communication magique spécialement aménagée au ministère. Devant Lord Black flottait un grand miroir enchanté, où apparaissait le visage du Premier ministre canadien.

L'homme politique, d'un âge mûr, souriait poliment, mais son regard trahissait une certaine curiosité, voire une pointe d'agacement.

— Lord Black, je tenais à vous féliciter, déclara-t-il d'un ton mesuré. Votre annonce concernant le programme Éther a captivé le monde entier. C'est une prouesse technologique et magique remarquable.

Lord Black inclina légèrement la tête.

— Je vous remercie, Monsieur le Premier ministre. Ce projet représente l'avenir de la magie, un pas vers des connaissances encore inexplorées.

Le Canadien se cala dans son fauteuil, joignant les mains devant lui.

— Cela m'amène à une question… Pourquoi ne pas m'avoir informé plus tôt que l'un des usages de notre prêt serait dédié à ce programme ?

Lord Black resta impassible.

— Le programme Éther était encore en phase de conception lorsque nous avons négocié le prêt. Il ne s'agissait alors que d'une idée parmi d'autres, et je n'avais pas encore la certitude qu'il serait mené à bien. Vous comprendrez que dans des affaires de cette envergure, la discrétion est de mise.

Le Premier ministre observa son interlocuteur un instant avant de hocher lentement la tête.

— Une réponse habile, concéda-t-il. Quoi qu'il en soit, maintenant que ce projet est public, le Canada souhaiterait y participer. Nous avons des sorciers brillants, des infrastructures… Et nous serions disposés à investir davantage.

Lord Black conserva son calme, mais sa réponse fut catégorique.

— Je crains que cela ne soit pas possible. Ce programme est une initiative britannique, et sa gestion restera sous notre entière responsabilité.

Le Premier ministre esquissa un sourire légèrement crispé.

— Dommage. J'imagine que votre décision est définitive.

— En effet, confirma Lord Black.

Le Premier ministre canadien finit par hocher la tête avec une certaine résignation.

— Quoi qu'il en soit, je vous souhaite bonne chance. J'espère que votre mission sera un succès.

— Je l'espère aussi, répondit Lord Black.

Ils échangèrent un dernier regard, puis la communication fut coupée.


Dans la salle des professeurs de Poudlard, Severus Rogue était debout, adossé à l'une des grandes fenêtres gothiques, les bras croisés. Minerva McGonagall, assise près du foyer, lisait un exemplaire de la Gazette du Sorcier, le front légèrement plissé.

— Un pas de géant pour la magie… récita-t-elle en refermant le journal. Voilà donc où nous en sommes.

Rogue haussa un sourcil.

— Vous semblez sceptique, Minerva.

Elle posa la Gazette sur la table et leva les yeux vers lui.

— Ce projet, atterrir sur la lune… Toute cette ambition. C'est fascinant, je ne le nie pas. Mais la manière dont cela est présenté… Comme si c'était une conquête. Comme si la magie devait absolument prouver qu'elle peut rivaliser avec les Moldus sur ce terrain.

Rogue se détourna de la fenêtre et s'approcha lentement.

— Lord Black voit plus loin que les simples prouesses techniques. Il ne s'agit pas de rivaliser, mais d'exploiter un potentiel inexploité. Les Moldus n'ont aucune idée de ce que la magie peut révéler sur la nature même de la lune, de sa magie latente.

— Vous y croyez, Severus ? demanda-t-elle en arquant un sourcil.

Il prit une chaise en face d'elle et s'y installa, joignant les mains.

— Je crois que le programme Éther pourrait offrir des avancées considérables. Des matériaux lunaires à étudier en potions, peut-être de nouvelles propriétés magiques. Et si la glace lunaire peut effectivement guérir la lycanthropie, alors nous pourrions transformer la vie de centaines de sorciers.

Minerva soupira légèrement, pensive.

— Sur ce point, je ne peux qu'être d'accord. Mais ce projet est une entreprise colossale… Et risquée. Si nous échouons, cela pourrait affaiblir le gouvernement.

Rogue eut un sourire froid.

— Lord Black ne tolérera pas l'échec.

Minerva le scruta un instant avant d'acquiescer lentement.

— J'espère juste que cette ambition ne nous mènera pas trop loin…

Elle se leva, lissant les plis de sa robe de sorcière.

— Nous verrons bien, Severus. Nous verrons bien.

Elle quitta la pièce, laissant Rogue seul, perdu dans ses pensées.


Philippe Mortimer se tenait dans un grand hall décoré avec soin, dans l'enceinte de Buckingham Palace. Il était bien loin de son laboratoire habituel, et l'aura de royauté qui émanait des lieux le faisait se sentir à la fois impressionné et quelque peu déstabilisé. Il avait été convoqué à la hâte, et la surprise de cette invitation, venant de la Reine elle-même, ne cessait de l'étonner. Il avait bien des questions, mais aucune réponse.

Il n'eut pas longtemps à attendre. Un majordome le fit pénétrer dans une salle majestueuse, où la lumière dorée du soleil se reflétait sur des meubles luxueux. Au centre, une grande table en bois massif était entourée de chaises ornées, et à la tête de la table se tenait la Reine, élégante dans une robe traditionnelle, mais son regard perçait comme celui d'une dirigeante implacable.

À ses côtés, un homme se tenait debout, une silhouette imposante, qui attira immédiatement l'attention de Mortimer. Ses traits étaient marqués, et ses yeux... Ses yeux étaient étrangement vairons, l'un d'un vert émeraude, l'autre d'un rouge perçant.

La Reine fit un geste pour inviter Mortimer à s'approcher, et il s'inclina respectueusement avant de prendre place en face d'elle. Le silence qui suivit ne fit qu'alimenter son inquiétude.

— Monsieur Mortimer, je vous remercie d'avoir accepté cette rencontre, commença la Reine de sa voix calme mais autoritaire. Votre expertise dans le domaine de la recherche technologique est bien connue, et c'est pour cela que nous vous avons convoqué.

Elle s'arrêta un instant, ses yeux fixant Philippe avec une intensité qui le fit frissonner, avant de poursuivre.

— Vous avez été sélectionné pour participer à un projet d'une importance capitale, un projet qui va bien au-delà de tout ce que vous avez pu connaître jusqu'à présent.

Philippe échangea un regard furtif avec l'homme aux yeux vairons. Le silence qui suivit accentuait encore l'étrangeté de la situation.

— Ce projet, Philippe, poursuivit la Reine, s'appelle Éther. Il consiste en une mission qui pourrait bien changer le destin de l'ensemble de l'humanité, ainsi que celui de notre civilisation. Vous devez savoir que ce projet ne relève pas du monde que vous connaissez. En réalité, il fait partie d'un univers bien plus vaste, celui du monde magique.

Mortimer cligna des yeux, ses pensées s'entrechoquant, et une vague d'incrédulité le traversa. Magie ? Il allait répliquer, mais la Reine continua d'un ton ferme.

— Ce dont vous allez faire partie, si vous l'acceptez, vous sera révélé uniquement sous un strict serment de secret. Cela ne doit en aucun cas sortir de cette pièce, sous peine de conséquences irréversibles. Vous serez soumis à un sortilège de silence absolu, et vous ne pourrez en discuter avec quiconque, sous aucune forme, même en cas de pression extérieure.

La Reine marqua une pause, ses yeux d'un bleu perçant ne quittant pas Mortimer.

— Si vous acceptez, vous serez introduit dans notre équipe d'élite. Vous travaillerez avec d'autres experts dans des domaines bien particuliers. Mais ce projet... son envergure va bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer.

Philippe, bien que profondément troublé par ce qu'il entendait, se redressa. Ses instincts scientifiques et son esprit curieux prenaient rapidement le dessus.

— Hum...pourquoi moi ? s'enquit-il, sa voix teintée d'une légère hésitation. Je ne suis qu'un scientifique, une simple tête pensante parmi tant d'autres.

La Reine se tourna légèrement vers l'homme à ses côtés. Il ne dit rien, mais ses yeux vairons se fixèrent sur Mortimer avec une intensité qui ne laissait aucune place à l'ambiguïté.

— Parce que vous êtes l'un des meilleurs dans votre domaine, et que votre contribution pourrait faire une différence capitale. Mais il y a un prix, Monsieur Mortimer. Accepter ce projet signifie accepter de vous unir à nous,


Nymphadora Tonks se tenait dans la grande bibliothèque du manoir Black, une vaste pièce où les étagères semblaient infinies, remplis de livres aux reliures anciennes. Les rayons de la lune se glissaient à travers les fenêtres, éclairant faiblement les volumes poussiéreux. Elle était assise dans un fauteuil en velours, les doigts frôlant la couverture d'un livre sans réellement l'ouvrir. Ses pensées étaient ailleurs, troublées.

Cela faisait plusieurs mois qu'elle vivait sous le toit de Lord Black, depuis l'attentat du Magicobus. Elle s'était habituée à la solennité de la demeure, à son silence, à l'absence de ses parents. Mais il y avait quelque chose de plus, quelque chose qu'elle ne pouvait ignorer. Quelque chose qui lui faisait battre le cœur un peu plus fort à chaque rencontre avec Lord Black.

Elle savait que ses sentiments envers lui étaient confus, et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un étrange mélange de respect et d'attirance. Il était puissant, autoritaire, mais il y avait aussi une froideur distante qui l'attirait. Et ce soir-là, alors qu'elle se trouvait seule dans la bibliothèque, l'ambiance particulière du manoir semblait l'envelopper.

Les pas de Lord Black résonnèrent dans le couloir, et avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, il entra dans la pièce, son regard perçant se posant sur elle. Il portait son éternel manteau noir, la lumière de la pièce semblant se refléter sur lui comme si même l'ombre lui obéissait. Il s'arrêta à quelques pas d'elle.

- Nymphadora, dit-il d'une voix calme, presque douce. Tu sembles préoccupée ce soir.

Elle leva les yeux vers lui, surpris par la douceur de sa voix, un contraste frappant avec son regard froid. Elle se redressa dans son fauteuil, mais la tension dans l'air était palpable.

- Ce n'est rien, répondit-elle en baissant légèrement la tête. C'est juste... tout ça, tout ce qui se passe.

Lord Black s'approcha d'elle, son regard toujours fixé sur elle, comme s'il sondait son âme. Il se tenait à une distance qui semblait parfaitement calculée, mais suffisamment proche pour que la chaleur de sa présence envahisse l'espace. Nymphadora sentit son cœur accélérer.

- La peur est un sentiment naturel, Nymphadora, dit-il lentement, chaque mot pesant comme une vérité absolue. Mais tu ne dois pas te laisser dominer par elle. Nous avons tous un rôle à jouer dans ce monde. Parfois, il faut savoir s'élever au-delà de nos propres limites.

Elle sentit son souffle se couper un instant, ses pensées se mélangeant dans sa tête. Elle voulait répondre, mais les mots semblaient se coincer dans sa gorge. Son regard chercha un moment la sécurité de l'ombre, mais il ne la trouvait pas.

Lord Black, apparemment conscient de l'effet qu'il avait sur elle, se rapprocha encore un peu. Cette fois, il se pencha légèrement en avant, comme pour insister sur la vérité de ses paroles.

- Il est normal de se perdre parfois, Nymphadora. Mais tu n'as pas à porter ce fardeau seule. Si tu le souhaites, tu peux compter sur moi.

Son regard se fit plus intense, plus pénétrant. Le silence s'étira entre eux, lourd de non-dits, de possibles. La tension était palpable, presque électrique. Elle se sentait prise au piège, déstabilisée par sa proximité.

Nymphadora détourna légèrement les yeux, se mordillant la lèvre inférieure. Ses pensées étaient confuses, la douleur de la perte de ses parents se mélangeant à un désir qu'elle n'avait pas voulu admettre, à un besoin de sécurité qu'elle avait trouvé dans les bras de ce mystérieux homme.

Lord Black attendit quelques instants, observant sa réaction, avant de se redresser, rompant le moment. Il se détourna d'elle, marchant lentement vers la fenêtre.

- Il est tard, Nymphadora. Tu ferais bien de te reposer, dit-il d'un ton plus froid, mais toujours marqué d'une certaine douceur.

Elle le regarda partir, se sentant comme suspendue entre deux mondes. Elle n'était plus sûre de ce qu'elle ressentait, ni de ce qu'il attendait d'elle. Leurs interactions se faisaient de plus en plus ambiguës, entre respect et attirance, entre désir de proximité et peur de franchir une ligne qu'il ne fallait pas franchir.

Quand il disparut derrière la porte, elle se laissa tomber en arrière dans le fauteuil, fermant les yeux un instant. Son cœur battait encore plus fort, mais cette fois, elle n'essaya pas de le calmer. Elle n'en avait pas envie.