L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.
Dans les ténèbres d'un manoir isolé, l'air était chargé de cette tension palpable qui précédait toujours les moments décisifs. Severus Rogue attendait, immobile, dans une pièce froide et austère. Les seules fenêtres, hautes et étroites, laissaient filtrer la lumière de la lune qui se reflétait sur le sol, créant une ambiance sinistre.
La porte s'ouvrit brusquement. Bellatrix Lestrange, Rodolphus Lestrange et Barty Croupton Jr., trois des mangemorts les plus redoutés d'Azkaban, firent leur apparition. Leur air de défiance et leur arrogance palpable n'échappaient à personne, mais en dépit de leur posture imposante, leur regard ne trompait pas : ils étaient frustrés, leur liberté leur paraissant aussi fragile qu'une illusion.
— Vous êtes en retard, dit Rogue d'une voix glaciale, sans lever les yeux de la pile de papiers qu'il consultait.
Bellatrix le fixa, ses yeux brûlant d'une colère qu'elle réprimait à grand-peine. Rodolphus se contenta de le dévisager d'un regard froid, tandis que Croupton, plus nerveux que ses compagnons, évitait de le regarder directement.
— Qu'est-ce qui vous prend de nous faire venir ici, Severus ? aboya Bellatrix, sa voix aigüe trahissant son impatience. Vous n'êtes pas assez puissant pour nous imposer vos ordres.
Rogue leva lentement les yeux, son visage impassible comme à son habitude, mais une lueur d'agacement traversa brièvement son regard.
— Ce n'est pas un ordre, Bellatrix. C'est une nécessité, répondit-il d'un ton presque dédaigneux. Vous êtes ici pour votre survie.
Il se leva et fit glisser une pile de papiers en leur direction. Ils s'approchèrent et s'aperçurent qu'il s'agissait de fausses identités.
— C'est votre nouvelle identité. D'ici à demain, vous ne serez plus des fugitifs, mais des fantômes, invisibles aux yeux du monde. Votre passé devra rester enterré.
Il fit une pause, observant les trois mangemorts en silence, avant de continuer.
— Je vous ai également préparé un portoloin illégal. Une fois activé, il vous conduira directement au Canada magique. Vous serez à l'abri, dans une maison isolée. Elle est équipée de tout ce dont vous aurez besoin : des ravitaillements, des protections et même un elfe de maison pour vous servir.
Les mangemorts échangèrent des regards sceptiques. Ce n'était pas le genre de plan auquel ils s'attendaient.
— Qu'est-ce que vous attendez de nous exactement ? demanda Rodolphus, son ton méfiant.
— Préparez le retour du Seigneur des Ténèbres. Nous avons des informations fiables indiquant qu'il pourrait revenir plus tôt que prévu. Vous devez être prêts à l'accueillir, et à déclencher les premiers actes de sa domination.
Croupton, qui semblait plus agité que ses deux compagnons, se lança :
— Mais… comment avons-nous pu échapper à tous ces Aurors ? Tous les autres ont été récupérés, mais pas nous. Et vous ne pouvez pas nous dire comment… Pourquoi nous ?
Rogue les observa, son regard dur, mais un peu plus pensif qu'il ne le laissait paraître.
— Le Seigneur des Ténèbres a ses propres méthodes, répondit-il calmement. L'important est que vous êtes en vie, et que vous avez une mission à accomplir. Le reste ne vous concerne pas. N'oubliez pas que c'est lui qui vous a sauvés.
Bellatrix le fixa avec défi, mais son visage se durcit au souvenir de leur maître, du seul être qu'ils avaient toujours respecté et craint. Ses lèvres se pincèrent, mais elle acquiesça finalement, dédaignant de répondre.
— Parfait. Vous partez demain avant l'aube. Vous ne reviendrez pas avant d'avoir préparé l'arrivée du Seigneur des Ténèbres et trouvé des alliés parmi les plus puissants du monde magique.
Les trois mangemorts se levèrent en silence. Croupton hésita un instant, jetant un dernier regard vers Rogue.
— Et si on nous trouve là-bas ? On ne peut pas rester cachés éternellement. Qu'est-ce qu'on fait après ?
Rogue s'approcha de lui, son visage proche du sien, un sourire cruel flottant sur ses lèvres.
— Vous ferez ce que vous devez faire, Croupton. Vous êtes déjà là pour une raison. N'y pensez pas trop.
Les mangemorts, d'abord réticents, finirent par accepter la situation, réalisant qu'ils n'avaient pas d'autres choix.
Ils prirent leurs identités et le portoloin avec une lenteur ostensible, l'angoisse de l'inconnu les rongeant tout de même. Avant de partir, Bellatrix se tourna vers Rogue, un sourire ironique sur les lèvres.
— Il est temps de préparer la route du Seigneur des Ténèbres, Severus. Si jamais vous vous croyez à l'abri, souvenez-vous de ceci : le Maître a de l'influence… même sur vous.
Rogue resta de marbre, mais à l'intérieur, il sentit une tension s'élever. Il savait que la partie qu'il jouait était de plus en plus dangereuse. Mais il ne pouvait pas fléchir. Pas maintenant. Pas après tout ce qu'il avait sacrifié.
Les mangemorts disparurent avec l'activation du portoloin.
Rogue, quant à lui, se retrouva seul dans la pièce silencieuse. Son regard se perdit un instant sur la fenêtre, où la lueur pâle de la lune éclairait la nuit.
Un homme de pouvoir, un traître, un obstacle à éliminer. L'ONG avait identifié Erwin Falk, un influent cadre du Département de la Régulation des Créatures Magiques, comme un rouage essentiel du réseau de Diyonisos. Son rôle ? Dissimuler les disparitions de jeunes sorciers et créatures magiques exploitées par l'organisation. Grâce à lui, les dossiers étaient falsifiés, les enquêtes étouffées, et les autorités maintenues dans l'ignorance.
Mais l'heure de sa chute était venue.
L'ONG avait patiemment étudié sa routine. Falk quittait chaque soir son bureau du Ministère à 22 heures précises, empruntant une ruelle isolée de l'Allée des Embrumes pour rejoindre un passage sécurisé menant à sa résidence. Un itinéraire discret, utilisé pour éviter les journalistes et les regards curieux… mais qui, cette nuit, allait sceller son destin.
Une équipe de trois agents fut désignée pour la mission : Morgan, Gareth et Isolde, tous vétérans des opérations clandestines. Ils avaient passé la journée à préparer le terrain :
Des runes de silence tracées sur les murs de la ruelle pour empêcher tout bruit de filtrer.
Un sortilège de confusion subtil pour éloigner les rares passants.
Une porte de sortie soigneusement prévue, en cas d'imprévu.
À 21h59, tout était en place.
Falk arriva comme prévu, sa silhouette trapue avançant d'un pas rapide, sa baguette déjà en main, preuve qu'il savait que ses fréquentations le mettaient en danger. Mais il n'était pas assez prudent.
Avant qu'il ne puisse réagir, une onde invisible l'atteignit, un Sortilège du Sopor parfaitement maîtrisé par Gareth. Ses muscles se contractèrent, son souffle se coupa, et son corps s'effondra lourdement contre le mur.
Morgan s'approcha en silence et posa une main sur son front, murmurant une incantation. Une sonde légilimancienne partielle… Pas pour obtenir des souvenirs – c'était trop risqué – mais pour capter ses émotions dominantes. La peur. La méfiance. La certitude qu'il allait être trahi.
— Il savait que ses jours étaient comptés, murmura Morgan.
Isolde leva sa baguette, pointant Falk du bout de sa baguette ornée d'un cristal noir.
— On procède ?
— Non, pas ici, trancha Gareth. On suit le plan.
Ils activèrent un portoloin préalablement préparé, et en un instant, tous disparurent de la ruelle.
Le lendemain matin, aucune trace d'Erwin Falk.
Officiellement, il avait disparu sans laisser d'indices. Aucune signature magique, aucune effraction, aucun témoin. Son bureau avait été retrouvé en désordre, comme s'il était parti précipitamment.
La Gazette du Sorcier titra :
"Falk, disparu ! Un cadre du Ministère volatilisé dans des circonstances étranges"
Dans l'ombre, l'ONG poursuivait son travail. Un à un, les piliers du réseau tomberaient.
Lord Black était assis derrière un large bureau de chêne, impeccablement ordonné. Face à lui, Alastor Maugrey, l'air renfrogné, sa jambe de bois frappant le sol à intervalles réguliers. Ses yeux – l'un naturel, l'autre magique – fixaient intensément le ministre.
— Alors ? demanda Maugrey d'une voix rauque. Tu vas me dire ce que tu en penses ?
Lord Black croisa les mains, l'air impassible.
— Concernant quoi, exactement ?
— Ne joue pas à ça avec moi, Black. Le ton de Maugrey se fit plus sec. Erwin Falk. L'un des sous-secrétaires du Département des Créatures Magiques. Porté disparu. Sans traces. Sans témoin. Et curieusement, pile au moment où certaines rumeurs disent que le Ministère enquête sur un réseau criminel opérant sous couverture.
— Des rumeurs, vraiment ? Un sourire fugace passa sur le visage de Black. J'espère que ce n'est pas toi qui te bases sur de simples racontars, Maugrey.
L'ancien Auror gronda.
— J'ai mené ma propre enquête. Et Falk n'était pas un ange. Il était corrompu jusqu'à la moelle. Mais sa disparition… elle est trop propre.
Lord Black ne répondit pas tout de suite. Il fit tourner une plume entre ses doigts avant de se pencher légèrement en avant.
— Et qu'insinues-tu, exactement ?
Maugrey le fixa d'un regard perçant.
— Je dis que quelqu'un l'a fait disparaître. Pas un règlement de compte classique. Pas un meurtre impulsif. Non… C'est le genre de travail qu'un groupe organisé, méthodique, aurait exécuté.
Le silence s'installa un instant.
— Et tu crois que c'est moi ? demanda enfin Lord Black, un sourire amusé au coin des lèvres.
— Je crois que tu es un homme pragmatique. Maugrey posa ses mains sur le bureau. Je crois aussi que tu es prêt à faire ce qu'il faut pour atteindre tes objectifs. Et ça, ça m'inquiète.
Lord Black soutint son regard sans ciller.
— Ce qui t'inquiète, c'est de ne pas savoir si j'ai donné l'ordre ou non.
Maugrey ne répondit pas immédiatement, puis il hocha la tête lentement.
— Exact.
Lord Black se leva et fit lentement le tour du bureau avant de s'appuyer contre le rebord.
— Dis-moi, Maugrey… Falk était corrompu, n'est-ce pas ?
— Indéniablement.
— Et il couvrait des crimes odieux.
— Oui.
— Alors pourquoi es-tu inquiet ?
Maugrey plissa les yeux.
— Parce que la justice, ce n'est pas de faire disparaître les gens dans l'ombre.
Lord Black esquissa un sourire énigmatique.
— La justice est un outil… parfois trop lent, parfois trop inefficace. Tu le sais aussi bien que moi. Tu as traqué des mages noirs toute ta vie, tu as vu des criminels contourner les lois, échapper aux procès, corrompre des juges. Il croisa les bras. Si Falk a disparu… c'est peut-être simplement le prix qu'il devait payer.
Maugrey resta silencieux. Il n'était pas dupe.
— Je vais découvrir la vérité.
Lord Black haussa un sourcil.
— Fais donc.
Il y eut un moment de tension, puis Maugrey se détourna en grondant quelque chose d'incompréhensible.
— Reste du bon côté de la ligne, Black. Il ouvrit la porte avant de jeter un dernier regard en arrière. Parce qu'une fois qu'on la franchit… on finit toujours par devenir ce qu'on combat.
Puis il quitta la pièce, laissant Lord Black seul, un sourire pensif sur les lèvres.
Mars 1988.
Sur l'île isolée appartenant à Lord Black, l'effervescence était palpable. Des bâtiments en briques rouges à un étage s'étendaient au centre de l'île, entourant un gigantesque pas de tir où la fusée spatiale magique reposait, prête pour son vol d'essai. Un projet dont l'ambition dépassait les frontières du monde magique et qui, aujourd'hui, allait marquer un tournant majeur dans l'histoire de la magie.
Lord Black se tenait sur la terrasse de la salle de contrôle, son regard perçant scrutant l'immense fusée. Aux côtés de lui se tenaient plusieurs journalistes de la Gazette du Sorcier et de la Télé magique, tous impatients de couvrir l'événement. Philippe Mortimer, le spécialiste moldu à l'origine de l'intégration de la technologie dans ce projet magique, était là aussi, les yeux brillants d'excitation et de nervosité.
"Le complexe a l'air... impressionnant", commenta l'un des journalistes en observant les bâtiments soigneusement alignés autour du pas de tir. "Je n'aurais jamais cru qu'on verrait un jour un projet aussi... avancé dans le monde magique."
Lord Black acquiesça lentement, son expression impassible. "Un travail de collaboration entre les meilleurs des deux mondes, sorcier et moldu. Rien n'a été laissé au hasard."
Les journalistes échangeaient des regards admiratifs, observant les finitions parfaites de la fusée. La structure, en métal enchanté et renforcée par de la magie gobeline, scintillait sous la lumière du soleil. Les moteurs, enveloppés de runes et de protections magiques, étaient prêts à être mis à l'épreuve. Des ailes métalliques fines se dessinaient autour du corps de la fusée, comme des griffes solidement ancrées dans le sol, prêtes à briser les chaînes de la gravité terrestre.
"Je n'arrive pas à croire que tout cela ait été réalisé en si peu de temps," dit un autre journaliste, scrutant les réservoirs enchantés. "Cela semble être une œuvre de génie."
Philippe Mortimer, légèrement en retrait mais visiblement satisfait, s'adressa à eux :
"Tout le crédit ne m'en revient pas. Le travail des Gobelins, des elfes de maison, des sorciers a été décisif. L'intégration de la magie et de la technologie moldue a permis de créer une fusée plus résistante, plus spacieuse et plus économique. Mais le plus important, c'est la sécurité. Tout a été pensé pour minimiser les risques."
À ce moment, un des membres de l'équipe de contrôle fit un geste vers Lord Black, lui annonçant que tout était prêt pour le lancement.
Le ministre se tourna vers les journalistes et sourit, bien qu'il soit rare qu'il montre de l'enthousiasme. "Nous assistons à un moment historique," dit-il. "Le monde magique va changer pour toujours. Le projet Éther est la première étape vers une nouvelle ère."
Les journalistes prenaient des notes frénétiquement, capturant chaque mot, chaque détail. Alors que le compte à rebours débutait, l'adrénaline était palpable.
"Dix... Neuf... Huit..." La voix métallique du narrateur, amplifiée par magie, résonnait à travers le complexe. Les projecteurs illuminèrent la fusée qui commença à vibrer doucement, prête à décoller.
La tension montait. Philippe Mortimer, les mains sur les commandes, se tourna brièvement vers Lord Black. "C'est le moment."
"Je sais," répondit calmement Lord Black.
Le décompte se poursuivit. Les journalistes scrutaient le pas de tir, impatients de voir cette prouesse technologique et magique se déployer.
"Trois... Deux... Un..."
Un grondement sourd secoua le sol sous leurs pieds alors que la fusée, propulsée par la combinaison du carburant moldu enchanté, se souleva lentement. L'impact de la gravité terrestre fut un défi pour les moteurs, mais la fusée s'éleva avec une régularité étonnante, suivant les instructions des sorts et de la technologie moldue.
Les réservoirs enchantés réduisaient le poids de la fusée, tandis que les charmes de navigation ajustaient sa trajectoire. La fusée, brillant d'un éclat métallique, perça le ciel bleu clair. Chaque étape du décollage se déroulait parfaitement, la magie assurant la sécurité et l'optimisation des performances. Les journalistes observaient, bouche bée.
"C'est... incroyable," souffla l'un d'eux. "Regardez ça ! C'est comme si la magie et la science se fusionnaient parfaitement. On n'avait jamais vu ça auparavant !"
Elle s'élevait de plus en plus haut, et bientôt, la fusée disparut dans les cieux, sa trajectoire impeccable. Plus bas, le groupe de spectateurs, fascinés, restait bouche bée devant l'incroyable spectacle.
Philippe Mortimer observa un carnet magique, où des informations détaillées sur la fusée et son vol étaient projetées. Tout était conforme aux attentes. Le vol d'essai semblait se dérouler exactement comme prévu.
Lord Black se tourna alors vers lui, un léger sourire sur les lèvres. "Nous avons franchi une étape décisive, Mortimer. Le monde magique, comme nous le connaissions, ne sera plus jamais le même."
"Ce n'est que le début, Monsieur le Ministre," répondit Philippe avec un regard satisfait. "Nous avons encore un long chemin à parcourir, mais ce premier vol est une victoire pour l'avenir."
Alors que la fusée atteignait progressivement la frontière de l'espace, le ciel se parait de ses couleurs lointaines. Le projet Éther était désormais une réalité.
Sirius Black était confortablement installé dans un fauteuil, un regard pensif posé sur l'écran de la grande télé magique. Il s'agissait d'un modèle rare, une édition grand miroir, conçu pour les observateurs privilégiés. À ses côtés, Harry, maintenant âgé de huit ans, trépignait d'impatience, les yeux brillants de curiosité. C'était la première fois qu'il assistait à un tel événement, et son enthousiasme était palpable.
"C'est tellement grand, Sirius ! Tu crois qu'on va un jour y aller, nous aussi ?!" demanda Harry, les yeux fixés sur la fusée qui s'élevait lentement du sol, sa silhouette se découpant contre le ciel.
Sirius, les bras croisés derrière sa tête, laissa échapper un léger rire. Il aimait cette époque de l'enfance de Harry, cette innocence qui le rendait si curieux de tout.
"Un jour, peut-être. On peut rêver, non ?" répondit Sirius en souriant, mais il avait une lueur de fierté dans le regard. "C'est un exploit, Harry. C'est grâce à la collaboration des moldus et des sorciers que tout ça est possible."
Harry, sans détourner les yeux de l'écran, hocha vigoureusement la tête. "C'est fou comme la magie peut rendre les choses possibles. Tu crois qu'ils vont aller sur la Lune ?"
Sirius observa la fusée qui prenait de la hauteur, sa beauté fascinante, mêlant technologie moldue et magie ancienne.
"C'est l'idée. Si tout se passe bien, ils devraient atteindre la Lune. C'est un des premiers grands pas pour la magie moderne," dit-il d'une voix plus grave, une lueur de sérieux dans le ton. "Mais, Harry, ce n'est pas seulement une question de destination. C'est ce qu'ils vont découvrir en chemin qui est le plus important."
Harry tourna les yeux vers lui, un peu perplexe.
"Ce qu'ils vont découvrir ? Tu veux dire que ça pourrait être dangereux ?"
Sirius sourit doucement et posa une main sur l'épaule de Harry.
"Peut-être. Qui sait ce qu'ils trouveront là-haut ? Mais c'est aussi ça, l'aventure. Découvrir l'inconnu. Les sorciers ont longtemps eu peur de sortir de leur monde, de s'aventurer au-delà des frontières qu'on se crée. Le projet Éther, c'est justement ça : repousser ces frontières. On ne sait pas encore tout ce qu'on peut accomplir."
Harry regardait la fusée, émerveillé, comme s'il voulait en faire partie.
"Et toi, Sirius ? Si tu avais la chance de partir, tu irais ?" demanda Harry en croisant les bras sur son torse.
Le regard de Sirius s'adoucit. Il fixa la télé magique pendant un moment, un sourire en coin.
"Oh, je suis sûr qu'avec un peu de magie et de ruse, je pourrais me débrouiller pour arriver là-bas. Mais je suis un peu vieux pour ça, n'est-ce pas ?"
Harry éclata de rire à la remarque de Sirius, et ce dernier, heureux de voir son neveu sourire, tapota doucement sa tête.
"Mais tu vois, Harry, ce n'est pas vraiment l'espace qui m'intéresse, même si c'est fascinant. C'est l'idée qu'on peut réaliser des choses incroyables, qu'on peut changer le monde, comme ils le font là-bas. Peu importe où tu vas, ce qui compte, c'est de ne jamais arrêter d'essayer."
Harry se tourna à nouveau vers l'écran, ses yeux remplis d'admiration pour la fusée qui gagnait en altitude. "Je veux faire des choses incroyables, Sirius. Peut-être que je serai un astronaute, ou un grand sorcier... ou même les deux !"
Sirius sourit, fier de la détermination de Harry.
"Je n'en doute pas une seconde, Harry. Peu importe ce que tu choisis de devenir, tu seras toujours quelqu'un d'exceptionnel. Et tu sais ce que je pense ? Que tout est possible, tant que tu y crois vraiment."
Harry lui adressa un grand sourire, les yeux brillants de rêves et d'aspirations. Il se sentait prêt à tout, à l'image de cette fusée qui continuait son ascension vers l'inconnu.
"Alors, quand je serai grand, je te montrerai que je peux aller là-haut, Sirius ! Et on reviendra ensemble raconter tout ce qu'on aura découvert !"
Sirius éclata de rire, secouant la tête avec amusement.
"Ce sera un grand jour, Harry. Un grand jour."
La Transylvanie était un territoire ancien, imprégné de magie noire et de secrets oubliés. Dans les profondeurs d'une forêt obscure, loin des regards indiscrets, une présence invisible rôdait, tapie dans les ombres d'un château en ruine. Une brume glaciale rampait sur les dalles fendues, et l'air vibrait d'une magie malsaine, comme si le temps lui-même redoutait d'y avancer.
Un murmure s'éleva entre les murs fissurés. Ce n'était pas le vent, ni le bruissement des chauves-souris suspendues aux voûtes brisées. C'était une voix… une voix décharnée, réduite à un filet d'existence, et pourtant chargée d'une haine indicible.
Lord Voldemort.
Il errait. Une ombre sans corps, un fragment d'âme déchirée, condamné à survivre dans cette misérable forme spectrale. Sa puissance s'était éteinte, ses fidèles dispersés, mais il était toujours là. Toujours là. Il écoutait. Il attendait.
Ce soir-là, une rumeur lui parvint, portée par des sorciers de l'ombre qui se pensaient en sécurité dans ces terres reculées.
"- Tu as entendu parler du ministre anglais ? Ce Lord Black… il a renversé le Ministère, il a changé le monde magique en quelques années à peine."
"- Pire encore… il a permis à une bande de traîtres et de moldus d'envoyer une fusée dans l'espace ! Une FUSÉE ! Une abomination moldue, enchantée par des gobelins, des elfes, des sang-de-bourbes ! Tout cela sous l'œil bienveillant du gouvernement magique !"
Voldemort aurait voulu hurler. Une rage silencieuse fit trembler l'air autour de lui. Une fusée ? Une technologie moldue, souillée de magie, et approuvée par le Ministère ? C'était une hérésie, une insulte à tout ce qu'il avait défendu ! Mais pire encore… Lord Black. Un Black qui avait trahi la pureté du sang. Un Black qui avait pris le pouvoir, qui façonnait un monde dans lequel il n'y avait plus de place pour lui.
Il devait agir. Il devait revenir.
Un corps… il lui fallait un corps.
Voldemort quitta les ruines, se glissant comme un souffle de mort entre les arbres noueux. Il était une ombre parmi les ombres, un murmure dans le vent froid. Il traqua les faibles, les égarés, les mages noirs qui s'abritaient encore dans les ténèbres. Il les effleurait, il les testait. Il tentait d'entrer.
Mais il échouait.
Son âme brisée, instable, ne trouvait aucun réceptacle. Il sentait la répulsion des corps qu'il tentait d'habiter, leurs âmes rejetant la sienne comme un poison. Il s'acharnait. Un sorcier endormi, un vampire affamé, un cadavre encore chaud… Tous le repoussaient.
Il hurla, cette fois sans retenue, et le vent lui répondit en un long gémissement lugubre.
Il était seul. Piégé. Impuissant.
Mais pas pour toujours.
Dans l'obscurité, Voldemort jura qu'il trouverait un moyen.
