L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.


MissPeggy : Heureux que cela te plaise,merci d'avoir fait l'effort de m'écrire, concernant l'attentat Siruis Black le dit lui même "la peur fait faire aux gens des choses terribles", de plus je suis content de voir que à travers les textes on ne puisse pas connaitre vraiment ses intentions, c'était mon but !


Dans le bureau élégant de Black Manor, l'atmosphère était empreinte de calme et de réflexion. Lord Black, assis derrière son imposant bureau en chêne, feuilletait quelques parchemins, l'air songeur. Theodore Nott, son fidèle allié, se tenait debout près de la fenêtre, observant l'horizon nocturne, où les étoiles semblaient déjà annoncer la grandeur des événements à venir. Les deux hommes étaient à un tournant décisif de leur projet.

Lord Black brisa finalement le silence :

« Theodore, tu vois comme les choses se sont enchaînées rapidement. Le succès de l'opération Dionysos a été un point tournant, et voilà que maintenant, le titre de noblesse de la Reine, l'Ordre de Merlin de Première Classe… »

Nott tourna lentement la tête, un léger sourire en coin.

« Oui, c'est fascinant de voir comment tout se met en place. Une étape après l'autre, comme une symphonie parfaitement orchestrée. Mais tu sais aussi bien que moi, cela ne fait que commencer. La réussite du programme Éther… Cela pourrait tout changer. Non seulement pour le monde magique, mais pour le monde moldu aussi. »

Lord Black se leva de son fauteuil, un regard déterminé traversant son visage. Il se dirigea vers la cheminée, observant les flammes dansantes avant de reprendre :

« Le programme Éther... Je n'ai jamais été aussi confiant dans un projet. Non seulement il va démontrer notre supériorité magique, mais s'il réussit à trouver un remède à la lycanthropie, cela pourrait faire basculer l'équilibre même de notre société. Nous avons tout à gagner. »

Nott hocha la tête, pensif. Il savait que ce programme était un véritable enjeu de pouvoir, bien plus qu'une simple avancée scientifique. La possibilité de guérir la lycanthropie, une malédiction qui avait longtemps divisé la société magique, offrirait à Lord Black l'opportunité de renforcer encore son influence. De plus, l'éventualité de l'intégration complète des nés moldus et l'abolition des préjugés raciaux représentaient une transformation sans précédent.

« C'est un pari risqué, Lord Black. Mais le succès de l'opération Dionysos et ton statut désormais incontesté ont renforcé ta position. Même les plus sceptiques ne peuvent plus ignorer ton influence. Le titre de noblesse et l'Ordre de Merlin... c'est une reconnaissance qui t'offre des atouts considérables. »

Lord Black esquissa un sourire léger, presque imperceptible.

« Oui, et c'est précisément pour cela que nous devons aller de l'avant avec encore plus de détermination. Le monde magique nous regarde. Le programme Éther est notre chance de prouver que nous sommes les maîtres de notre destin. Et si nous réussissons à apporter une solution au problème de la lycanthropie, nous aurons non seulement dominé le monde magique, mais aussi laissé une empreinte indélébile dans l'histoire. »

Nott se tourna vers lui, une lueur d'enthousiasme dans les yeux.

« Et les résultats sont proches. La fusée est prête. Le décollage est imminent. »

Lord Black acquiesça lentement, son regard s'intensifiant.

« Oui. Tout s'enchaîne à une vitesse qui dépasse même mes attentes. Une fois dans l'espace, une fois que nous aurons la confirmation que nous avons l'efficacité de la magie et de la technologie combinées, plus rien ne nous arrêtera. Non seulement cela renforcera notre position, mais cela offrira un avenir où les sorciers seront, enfin, reconnus comme les véritables maîtres de la magie. Le monde moldu ne saura plus quoi penser. »

Il marqua une pause, son regard perçant se posant sur Theodore Nott.

« Mais il ne faut pas oublier que la clé de tout cela, c'est l'unité. Nous devons rester concentrés et ne laisser aucune place aux doutes ou aux failles. »

Nott sourit, reconnaissant la détermination qui émanait de son ami et supérieur.

« Il n'y a pas de place pour l'erreur, et je suis prêt à aller jusqu'au bout avec vous, Lord Black. »

Lord Black se tourna alors vers la fenêtre, contemplant les lointaines lueurs de la ville. Le monde était sur le point de changer, et il était déterminé à en être l'architecte.

« Theodore. Nous allons réécrire l'histoire, un pas à la fois. Et bientôt, personne ne pourra ignorer ce que nous avons accompli. »

La nuit s'étendait devant eux, pleine de promesses et de défis. Le voyage ne faisait que commencer.


La Gazette du Sorcier – Édition du 12 septembe 1990

DUMBLEDORE LIBÉRÉ DE LA PRISON D'AZKABAN : INTERNEMENT IMMÉDIAT À SAINTE-MANGOUSTE

Un retour discret pour une figure autrefois éclatante du monde magique.

Cinq ans après sa condamnation retentissante pour complot contre le ministère, l'ancien directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, a été officiellement libéré d'Azkaban ce mardi matin. Le vieil homme, jadis considéré comme l'un des plus puissants sorciers de son temps, est apparu amaigri, le regard vide, profondément marqué par les effets dévastateurs de son incarcération sous la garde des Détraqueurs.

Sans attendre, les autorités ont ordonné son transfert immédiat à l'aile psychiatrique de l'hôpital Sainte-Mangouste pour les maladies et blessures magiques. Le chef du département de la santé mentale magique, Healer Philomena Stroud, a déclaré à nos reporters :

« M. Dumbledore présente les signes typiques d'une exposition prolongée aux Détraqueurs : apathie, troubles de la mémoire, épisodes hallucinatoires, et dans son cas, une rupture partielle avec la réalité. Il nécessite des soins urgents et prolongés. »

Rappelons que Dumbledore avait été jugé coupable en 1985 d'avoir organisé une série de manœuvres visant à saper l'autorité du gouvernement magique de l'époque. L'affaire avait secoué le pays, ternissant à jamais la réputation du Mage.

Sa condamnation à cinq ans de réclusion avait été perçue à la fois comme une chute spectaculaire et comme un avertissement sévère à ceux qui chercheraient à manipuler les rouages de l'État pour des objectifs personnels.

L'opinion publique est aujourd'hui divisée. Certains voient en cette libération l'épilogue tragique d'un homme autrefois adulé, d'autres y voient la preuve qu'aucun sorcier, si puissant soit-il, n'est au-dessus des lois. Plusieurs voix s'interrogent néanmoins sur les conditions de détention des prisonniers d'Azkaban et sur les séquelles irréversibles que peuvent laisser les Détraqueurs, même sur les plus aguerris des esprits.

L'actuel directeur de Poudlard, Severus Rogue, a refusé de commenter la libération de son prédécesseur, se contentant d'un laconique :

« Le passé appartient au passé. Nous devons nous tourner vers l'avenir. »

Selon nos sources, aucune demande de réintégration dans le monde magique actif n'a été formulée par l'ancien directeur, et il est peu probable qu'il redevienne un acteur de la scène publique.

Le rideau se ferme donc sur Albus Dumbledore, figure désormais fanée d'un âge révolu, tandis qu'une nouvelle ère, incarnée par Lord Black et ses réformes audacieuses, s'impose avec force et détermination.

— Par Elphina Tootle, chroniqueuse politique


Salle des professeurs, Poudlard – Fin d'après-midi, septembre 1990

Minerva McGonagall déposa la Gazette du Sorcier sur la table avec un soupir mi-exaspéré, mi-fatigué. La une, consacrée à la libération de Dumbledore, était rédigée avec la subtilité d'un cognard enragé.

— «Un rideau se ferme»… Quelle poésie pour annoncer que l'un des plus grands sorciers de notre époque a été réduit à l'état de loque humaine, souffla-t-elle. On croirait lire un tract du ministère, pas un journal. »

Severus Rogue, adossé à la cheminée, les bras croisés dans sa robe noire comme l'encre de ses pensées, leva un sourcil.

— « Il faut leur reconnaître une certaine constance. Cela fait cinq ans qu'ils réécrivent l'histoire à coups de plumes enchantées. Et très peu protestent. »

Minerva acquiesça, le regard voilé.

— « Tout de même… Le présenter comme un simple fou. Le traiter presque d'usurpateur. C'est une insulte à tout ce qu'il a accompli. »

Severus eut un sourire mince.

— « Le timing est parfait. L'opération Dionysos, le titre de noblesse pour Lord Black… Le public est prêt à enterrer le passé sous une pluie de médailles. »

Elle se redressa, piquée.

— « Tu n'approuves pas ce que fait Lord Black ? »

— « J'admire l'efficacité. Je redoute l'oubli. Et je méprise la complaisance. »

Le silence retomba un instant. Quelques pas feutrés, le grattement d'une plume au fond de la salle. Flitwick lisait un recueil de duels anciens en silence.

— « Le jour où la Gazette parlera librement, ce sera qu'elle n'a plus besoin de plaire au pouvoir, dit Minerva avec une pointe d'amertume. »

Severus ricana doucement.

— « Ce jour-là, Minerva, elle ne s'appellera plus la Gazette. Et plus personne ne lira ça au petit-déjeuner. »


Le Chicaneur – Édition de septembre 1990

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DUMBLEDORE LIBÉRÉ : LE MINISTÈRE CACHE-T-IL UNE VÉRITÉ TERRIFIANTE ?

par Xénophilius Lovegood, rédacteur en chef

Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, ancien directeur de Poudlard, Grand Sorcier, Chef de l'Ordre du Phénix (mais chut, on ne doit pas le dire), a été libéré de la prison d'Azkaban après cinq années d'incarcération suite à ce que le Ministère appelle encore "une conspiration prouvée". Nous, au Chicaneur, appelons cela un coup monté par des créatures de l'ombre (littéralement, parfois).

Les Détraqueurs, créatures bien connues pour leur passion du désespoir et des promenades nocturnes sinistres, auraient selon plusieurs sources sapé l'esprit de Dumbledore pour l'empêcher de divulguer la vérité sur les cracmolifications gouvernementales, phénomène que le Ministère continue de nier.

Dumbledore aurait affirmé à son arrivée à Sainte-Mangouste que « les murs d'Azkaban chuchotent des noms et des plans », ce que nous interprétons sans hésiter comme une preuve de l'infiltration du gouvernement par des Scroutts à pétard déguisés. Un témoin anonyme, que nous soupçonnons d'être un vélane sous polynectar, a affirmé que Dumbledore « n'était pas fou, mais voyait trop clair ».

Pourquoi maintenant ? Pourquoi libérer Dumbledore juste après que Lord Black soit décoré par la Reine moldue elle-même ? Et pourquoi Sainte-Mangouste refuse-t-elle de publier les diagnostics réels ? Le Chicaneur se pose les bonnes questions.

Peut-être parce que Dumbledore sait des choses. Des choses dangereuses...

Nous ne disons pas que le Ministère est dirigé par un groupe de vampires adorateurs de trolls, mais… nous n'avons toujours pas vu preuve du contraire.

Restez éveillés. Méfiez-vous des cravates bleues.

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Prochaine édition : Les Sombrals sont-ils des espions de l'Atlantide ?


Mai 1990 –

Dans les ruines ébréchées d'un ancien château au sommet d'un pic transylvanien, Voldemort n'était plus qu'un souffle glacé, une essence difforme, un vestige de puissance en quête de chair. Il attendait. Et le destin, capricieux et délicieusement ironique, lui envoya un agneau vêtu de toge : Quirinus Quirrell, jeune professeur, parti dans les confins de l'Europe pour « mieux comprendre les forces obscures afin de mieux les combattre », pensait-il.

Il ne savait pas, le pauvre, qu'on n'apprivoise pas l'obscurité en lui tournant autour avec un livre et un flambeau. Non, l'obscurité vous regarde… et vous appelle.

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La voix de Voldemort était comme un murmure au fond du crâne. Mielleux, mais affûté comme un poignard.

— "Tu cherches la connaissance… mais que fais-tu de la puissance, Quirinus ?"

— "Je… je veux comprendre, pour… pour protéger…"

— "Pauvre enfant… Ceux qui parlent de protection sont ceux qui n'ont jamais goûté au pouvoir. Regarde le monde : ceux qui gouvernent sont ceux qui ont osé s'en emparer. Le reste, des moutons. Pitoyables, bêlant leur morale pendant qu'on les égorge."

Quirrell frémit, tiraillé entre la peur et une étrange fascination. La voix n'était pas humaine. Elle était séductrice et terrible. Et il n'avait jamais été aussi écouté de toute sa vie.

— "Mais… ce que vous… ce que tu proposes… c'est…"

— "Le vrai savoir, Quirinus. Pas celui des livres. Celui qui façonne le monde. Je peux t'enseigner la vraie magie. Et tu deviendras plus qu'un professeur balbutiant dans une salle de classe."

Il n'en fallut pas plus. Quirrell, dans un souffle brisé par le doute et la convoitise, prononça ce qui ressemblerait à un pacte :

— "Je… je suis à votre service."

Ce fut immédiat. Une douleur inhumaine, une déchirure dans l'âme.

Le spectre de Voldemort se jeta sur lui, comme une nuée de ténèbres s'enroulant autour de son crâne. Quirrell hurla, ses mains agrippant sa tête alors qu'un feu semblait le consumer de l'intérieur.

Sa peau se glaça, ses cheveux tombèrent, ses yeux s'injectèrent de sang. Puis, une atroce pression dans sa nuque... suivie d'un craquement mou : la chair bougeait. Quelque chose poussait sous sa peau. Quelque chose d'horrible.

Un deuxième visage.

Celui du Seigneur des Ténèbres.

Lorsque la douleur cessa, il était à genoux, tremblant. Voldemort avait pris racine en lui. Pour dissimuler l'horreur, il enroula un large turban violet autour de sa tête, mentant à lui-même sur ce qu'il était devenu.

Mais dans l'ombre de son esprit, une voix désormais toujours présente murmurait :

— "En septembre, nous retournerons en Angleterre… Et personne ne se doutera que Lord Voldemort est revenu."


Black Manor – Juin 1990 –

Le tonnerre grondait au-dehors. Severus Snape entra en claquant la porte derrière lui, sa robe noire battant l'air comme les ailes d'un corbeau furieux. Il n'attendit pas d'être invité à parler.

— « Vous jouez avec le feu, Lord Black ! », cracha-t-il, les narines frémissantes. « Avec quelque chose que vous ne pouvez ni contrôler, ni prévoir ! »

Lord Black leva lentement les yeux de son bureau. Son regard vairon — un œil rouge flamboyant et l'autre vert d'émeraude — brilla d'une lueur calme et menaçante. Il ne dit rien. Il laissa l'orage parler à sa place.

Snape, pourtant, n'en resta pas là.

— « Pourquoi avoir fait évader ces Mangemorts ?! Pourquoi leur avoir permis de quitter le pays ?! Mieux encore : pourquoi avoir organisé leur extradition clandestine ?! »

Il claqua un dossier sur le bureau, où des noms connus apparaissaient : Lestrange, Croupton… et un ordre de mission signé d'une main que Severus connaissait trop bien.

— « Et ce n'est pas tout… Vous m'avez demandé de leur transmettre une fiole de sang… le sang de Harry Potter. »

Il s'arrêta, le souffle court, la voix brisée par un mélange de colère, de peur… et d'un soupçon de trahison.

— « Savez-vous seulement ce qu'un sorcier noir peut faire avec le sang d'un autre ?! Des malédictions, des sacrifices, des sorts de possession ou pire ! Et cette histoire d'os de Tom Jedusor… à quoi jouez-vous, bon sang ?! »

Le silence tomba comme une chape de plomb. Lord Black se leva lentement. Il était d'une élégance froide, presque spectrale. Il s'approcha de Severus et planta son regard dans le sien. Sa voix, lorsqu'elle s'éleva, était aussi calme qu'un lac de montagne… mais tout aussi glaciale.

— « Je ne joue pas, Severus. Je planifie. »

Il prononça alors le nom que tous redoutaient, sans la moindre hésitation :

— « Voldemort ne peut être détruit comme on détruit un simple homme. Il est lié à la mort elle-même. À moins de comprendre cette magie noire, nous ne vaincrons jamais. »

Snape voulut protester, mais Lord Black leva une main, impérieux.

— « Tu auras tes réponses. En temps voulu. Tu m'as juré fidélité, et je t'ai offert la possibilité de racheter ta vie. C'est à moi, maintenant, de te demander ta foi. »

Il fit une pause, et sa voix s'abaissa d'un ton, gagnant en intensité.

— « Pour sauver le monde magique, je dois parfois frôler l'abîme. Je dois comprendre Voldemort pour le détruire définitivement. Pas le vaincre. Le briser. »

Le silence revint. Severus serra les poings, tiraillé entre sa loyauté, sa peur… et l'intuition que, malgré tout, Lord Black avait un plan. Un plan que lui seul pouvait porter jusqu'au bout.

— « Et si vous échouez ? », murmura-t-il, plus calme.

— « Alors, tout sera perdu. », répondit simplement Lord Black, avant de se détourner et de retourner à son bureau.

Snape comprit alors que la partie d'échecs venait de changer d'échiquier. Et que les pions avaient désormais du sang sur les mains.


Gringotts – 20 juin 1990 – 9h47

Le soleil frappait les pavés de Diagon Alley, mais à l'intérieur de la banque, il faisait frais comme dans une tombe.

Lord Black poussa les grandes portes de Gringotts, suivi à quelques pas par deux Aurors en uniforme pourpre. Les gobelins les observèrent, méfiants, les yeux perçants tels des poignards miniatures.

Il s'approcha du premier guichet, derrière lequel un gobelin aux sourcils semblables à des fougères noires leva lentement les yeux vers lui.

— « Que désirez-vous, sorcier ? », demanda-t-il d'une voix crissante.

— « Être reçu par le Directeur Ragnok. »

Le gobelin haussa un sourcil, un sourire moqueur se dessinant sur ses lèvres fines.

— « Et quel sorcier se pense assez important pour mériter une audience avec notre directeur ? »

Lord Black ne répondit pas immédiatement. Il sortit lentement de sa cape un anneau ancien, frappé de l'emblème des Black, et le posa avec une délicatesse toute théâtrale sur le comptoir.

— « Je suis Lord Black, ministre de la Magie britannique. »

Le gobelin cligna des yeux. Lentement, son sourire s'élargit, dévoilant des dents aussi tranchantes qu'un croc de dragon.

— « Veuillez patienter. »

Il disparut sans un mot de plus. Dix longues minutes plus tard, il réapparut avec un léger salut de tête.

— « Le Directeur Ragnok vous attend. Vos gardes du corps devront toutefois demeurer ici. »

Lord Black acquiesça d'un signe de tête et suivit un second gobelin à travers un dédale de couloirs souterrains, jusqu'à une lourde porte gravée de runes antiques. Elle s'ouvrit sans bruit.

Le bureau de Ragnok était vaste, à la fois somptueux et menaçant, orné de trophées de guerre et de lingots d'or. Le Directeur se leva, un petit être sévère au regard de faucon et aux bijoux anciens.

— « Que votre or coule à flot, Lord Black, et que vos ennemis trépassent sous votre lame. »

— « Et que votre mine ne s'effondre jamais, Directeur. »

Les salutations gobelines faites, Lord Black s'assit, son regard grave.

— « Une source fiable m'a appris qu'un objet d'une magie extrêmement noire a été introduit dans l'un des coffres de votre banque. Il pourrait représenter une menace pour la sécurité de Gringotts elle-même. »

Ragnok pencha la tête, ses doigts crochus se rejoignant.

— « Quel genre de magie noire ? »

Un silence pesant. Puis Lord Black murmura :

— « Un Horcruxe. »

À ce mot, le regard de Ragnok perdit tout éclat. Il se redressa lentement, les traits fermés.

— « Vous êtes certain ? »

— « Je n'avance pas ce genre d'accusation à la légère. Je vous demande s'il existe un moyen de le récupérer pour le détruire. »

Ragnok réfléchit un instant, puis secoua la tête.

— « Ce coffre ne vous appartient pas. L'ouvrir violerait les lois ancestrales de Gringotts. Mais si ce que vous dites est vrai… alors je vous contacterai. Vous viendrez discrètement, seul, et vous vous débarrasserez de cette abomination. »

— « Je n'y manquerai pas. »

Ils échangèrent une dernière fois des salutations gobelines, puis Lord Black fut reconduit à travers les couloirs.

Il retrouva ses gardes du corps dans le hall, leur fit un bref signe. Sans un mot, ils sortirent dans le vent tiède du matin.


Au cœur de l'atmosphère enfumée et fétide du bar malfamé de Pré-au-Lard, un groupe de commerçants issus de familles de sang pur mineurs, se sont rassemblés autour d'une table en bois grisée par les années. Les visages fatigués par des années de luttes dans le monde des affaires, leurs mains marquées par le travail et les conflits, ils discutent d'un sujet qui les met tous mal à l'aise : la mission spatiale lancée par Lord Black, et plus particulièrement les répercussions de la recherche d'un remède à la lycanthropie.

Ils s'étaient installés dans le coin le plus sombre du bar, loin des regards indiscrets, leurs voix basses flottant dans l'air.

— « Je ne comprends pas comment ils peuvent envisager de jouer avec ce genre de magie... » dit d'une voix rageuse Agathon Dugmore, un commerçant de fournitures magiques. « Trouver un remède à la lycanthropie ? C'est un affront direct à notre magie ! C'est une malédiction divine ! »

— « Ce n'est pas juste une malédiction, c'est une partie de ce monde, Agathon. Et tu sais très bien que ceux de notre espèce qui ont un bon œil savent que certaines créatures, aussi malheureuses qu'elles soient, ont leur place dans l'ordre des choses. » répliqua Magnus Bezaq, marchand d'objets antiques et de reliques magiques. Il avait toujours eu une tendance à penser que la magie devait préserver son essence pure, même dans sa forme la plus noire.

Dugmore cracha dans son verre d'hydromel, secouant la tête avec colère.

— « Et quelle place a un loup-garou dans cette magie ?! Ceux d'entre nous qui ont des employés lycanthropes savent très bien ce que leur malédiction leur permet de faire ! Ils acceptent de travailler pour presque rien, en échange d'un peu de protection et de discrétion pendant la pleine lune. Pourquoi les guérir ? Cela signifierait qu'on perdrait une main-d'œuvre bon marché ! »

Une rumeur de mécontentement circula autour de la table. Des regards pleins de désapprobation s'échangèrent.

— « Vous croyez vraiment qu'ils n'ont pas d'autre valeur que de servir de bêtes de somme ? » demanda un autre commerçant, Lucien Pindle. Il était le plus jeune du groupe, mais ses yeux avaient déjà la dureté de ceux qui ont grandi dans un environnement impitoyable. « C'est la magie qui a sa place, et nous devons respecter les lois de la nature. »

— « C'est facile à dire, Lucien, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions sacrifier nos affaires pour satisfaire les idéaux d'un Lord Black qui veut transformer notre monde. » répondit Eamon Cartwright, un commerçant qui faisait des affaires avec les créatures magiques. « Je suis d'accord avec Magnus, c'est un sacrilège. Pourquoi guérir ce qui fait partie de l'équilibre naturel ? »

À cet instant, un des plus vieux commerçants du groupe, un homme nommé Owen Fawkes, se pencha en avant, ses yeux brillants d'une idée nouvelle.

— « Et si on leur envoyait un message fort ? Une petite perturbation dans leurs projets. Peut-être un petit sabotage pour leur montrer qu'ils ne peuvent pas jouer à ce genre de jeu sans conséquences. Vous savez, un petit contretemps dans leur fusée, juste assez pour retarder leur départ. »

Le silence s'installa un moment, chacun pesant l'idée. Les visages se firent plus sombres.

— « Saboter la fusée ? Vous êtes fou, Owen ?! » s'écria Burke, secouant la tête. « Si on touche à ça, on ne sait pas ce qu'ils pourraient faire en retour. »

— « Nous avons un autre stratagème sinon. » dit Owen, son sourire se glissant sur ses lèvres. « Si le sabotage échoue, il y a l'eau lunaire. Vous savez aussi bien que moi qu'une simple gorgée de cette eau pourrait rapporter une fortune. Imaginez ce que l'on pourrait en faire... Ils ne pourront pas tout surveiller. S'ils ramènent cette eau lunaire, elle disparaîtra, comme ça. Sans laisser de trace. »

Une étrange excitation passa dans les yeux des commerçants autour de la table, une étincelle malicieuse.

— « Si on récupère l'eau lunaire, la magie qu'elle pourrait apporter à nos affaires serait incomparable. Pas seulement pour les lycanthropes, mais pour n'importe quel produit magique que nous pourrions concocter avec cette eau... Cela pourrait être le coup de pouce dont nous avons besoin pour éclipser toute la concurrence ! » ajouta Cartwright avec un sourire carnassier.

Les discussions reprirent, chacune des voix affirmant plus d'un sentiment de rébellion face à l'autorité imposée par Lord Black et le programme qu'il avait mis en place. Bien qu'ils fussent tous issus de familles de sang pur, il y avait dans cette pièce une profonde méfiance envers l'ordre et les nouvelles idées de Lord Black, vues comme un danger pour leurs petites affaires et leur position dans le monde magique.

Après un long moment de délibération, ils se mirent d'accord sur la nécessité de prendre des mesures pour ralentir cette mission et empêcher qu'un remède pour la lycanthropie ne vienne perturber leur « équilibre ». Les regards furtifs se croisèrent, une promesse silencieuse scellée : à tout prix, ils empêcheraient ce remède de voir le jour.

Et si un peu de sabotage et de vol devenait nécessaire pour atteindre leurs fins… tant pis pour les conséquences.