01/04/2025
Le rêve de Donatello
Chapitre 5: Cœur en deuil
Le plan? Donatello n'en avait pas vraiment en réalité. Ses frères et son père venaient de se faire capturer par la fille adoptive de Shredder, Karai, et les avaient emmenées dans l'une de leur planque. Heureusement qu'il avait collé l'un de ses GPS sur leur voiture, au moins il savait où ils avaient été emmenés. Autre point, il avait trouvé April et Casey pour l'aider à les sauver.
Se raclant la gorge dans ce petit moment d'absence, Donatello se concentra sur le plan holographique du bâtiment qu'il avait téléchargé. Il n'y avait que trois entrées, et l'une d'elle était une aération. Après quelque instant à analyser, il trouva enfin quelque chose qu'il partagea avec ces deux acolytes tout ouïe qui se fiaient à l'expert.
Comme prévu, ils arrivèrent devant le bâtiment qui était censé être abandonner, sauf que là, des dizaines de sbires étaient postés à toutes les entrées. Cachés, les trois observèrent attentivement les rondiers armés jusqu'aux dents. Mais ils virent rapidement une faille, c'était tellement flagrant qu'ils se demandèrent si ça n'avait pas été fait exprès. Pas le temps d'attendre une autre occasion, Casey suivit le plan. Muni de sa batte de baseball et de son masque de hockey, il se précipita vers la porte en se baissant avant de s'accroupir auprès de celle-ci. Il commença à la crocheter pendant qu'April et Donnie firent les guets.
D'une tape sur le bras pour attirer silencieusement son attention, April fit remarquer au ninja qu'un sbire qui longeait le bâtiment arrivait au coin ou Casey était. Doucement, Donnie sortie sa fameuse sarbacane qui était chargé de puissante fléchettes tranquillisantes. Prenant une inspiration pour se concentrer, il visa avec précision le cou de l'homme armé et en quelque secondes il s'effondra. April fit un signe à Casey de se dépêcher, le stresse montant d'un cran. Si un autre sbire voyait celui-ci à terre, leur effet de surprise serait alors anéanti et tout leur plan tomberait à l'eau.
«Je croyais qu'il était le pro du crochetage?!» S'agaça April à voix basse en resserrant sa queue de cheval et au même moment Casey leur fit signe qu'il avait enfin réussi.
Sans plus tarder, April le rejoignit discrètement et les deux s'engouffrèrent dans le bâtiment infesté de soldats. A l'intérieur, c'était un véritable hangar d'armement de toutes sortes. Du fusil, au robot tueur, les deux humains n'en revenaient pas. Toute la fortune de Shredder était s'en doute ici. Mais pas le temps d'être ébahi, car ils entendirent un gémissement résonner un peu plus loin. Regardant furtivement entre les différents sbires qui déchargeait des caisses de leur camions, ils virent les trois frères et Maître Splinter au fond de la salle ainsi que Karai qui les tenaient en joute.
Casey et April se regardèrent avant d'acquiescer. Le plan était lancé.
S'infiltrant comme des ombres, la journaliste et l'ancien flic volèrent des grenades avant de les dégoupiller et dans disperser un peu partout en les lançant à plusieurs endroits dans l'entrepôt immense. En quelque seconde, les sbires étaient face à un véritable bombardement. Leur réserve d'armes et de munitions explosèrent les unes après les autres et plusieurs blessés étaient à déplorer.
Karai se retourna brusquement vers tout ce grabuge, ne sachant même plus où regarder tant il y avait d'explosions. Leurs munitions commencèrent même à prendre feu et certaines balles se mirent à valser dangereusement.
«Non!» S'écria-t-elle, quittant du regard les mutants qui avaient les mains enchainées au-dessus de leur tête, relier à une poutre en métal au plafond.
Mais rapidement, April et Casey furent capturer et apporter à la cheffe du clan qui ne pouvait cacher sa rage. Elle avait été si facilement bernée? Comment avaient-ils trouvé leur emplacement? Et pourquoi leurs caméras et leurs détecteurs ne s'étaient pas enclenché?
«Maudite racaille, je vais vous saigner comme des porcs devant ces monstres.» Lâcha-t-elle avec dégout en attrapant April par les cheveux pour la tirer devant les mutants, sortant une lame de sa botte pour la passer sous sa gorge.
«April!» S'écria Léonardo qui tirait sur ses chaines, en vain. Raphaël laissa échapper un grognement de mépris et Mickey regardait nerveusement la scène.
«Mais que faite-vous ici?Vous n'auriez pas dû venir! » Dit Splinter d'une voix tremblante sous le stress.
«Le rat à raison, vous n'auriez jamais dû venir.» Dit-elle en se penchant vers la rousse en resserrant sa prise sur ses cheveux.
«Hé, laisse-la tranquille! Si tu veux zigouiller quelqu'un, prend moi!» Cria Casey, ce qui détourna immédiatement l'attention de Karai s'en se rendre compte que ses derniers sbires tombaient un a un comme des mouches, un puissant tranquillisant les assommants sur le coup.
«Tu veux passer le premier? Aucun souci.» Dit-elle en jetant April au sol pour se diriger vers l'homme à genou les mains liées dans le dos.
Mais quand la femme ninja s'approcha de lui, elle vit ses sbires aux sols derrière lui. Elle s'arrêta brusquement et lorsqu'elle voulu se retourner, April lui sauta dessus avec son poignard. A la dernière seconde, Karai se protégea en sacrifiant sa main gauche qui se fit transpercer. D'un hurlement de douleur, elle repoussa la journaliste prise au dépourvu et attrapa d'une main ferme sa propre lame.
Au même moment, les liens de Léonardo, Raphaël, Michelangelo et Splinter se desserraient ce qui leur permis de s'occuper des derniers sbires encore debout. Casey se redressa malgré ses liens pour esquiver un coup de cross du sbire qui voulait s'occuper de son cas, engageant un combat violent. Quant à April, elle arrivait à esquiver les coups rapides de la femme ninja mais elle trébucha sur l'un des soldats au sol, perdant dans sa chute son poignard. D'un rugissement, Karai s'apprêta à abattre son coup mais quelque chose vint se loger brutalement dans ses côtes. April avait même entendu un craquement effroyable.
Elle leva les yeux vers celui qui venait de la sauver, et ce n'était autre que Donatello qui avait repoussé la femme avec son bo avant qu'elle ne l'atteigne.
Lâchant un hoquet de surprise, April se concentra sur Karai à nouveau, celle-ci se tenant son conté douloureux et en haletant difficilement. Elle avait été prise de court. Mais lorsqu'elle posa les yeux sur le cinquième mutant, son expression changea radicalement.
«Va détacher les autres, je m'occupe d'elle.» Assura Donatello en regardant April par-dessus son épaule. La jeune femme acquiesça et se releva pour aller délivrer les autres qui venaient de finir de mettre chao les derniers sbires.
«Toi… comment tu peux être là, j'ai vue ton cadavre au fond de l'eau!» Dit-elle toute essoufflées en crachant du sang.
«Vous devez me confondre.» Répondit simplement le nerd d'un petit sourire en coin avant de s'avancer pour démarrer un duel.
Karai l'esquiva et avec sa lame lui créa une entaille au niveau du biceps, arrachant un sifflement au ninja au bandeau violet. Resserrant sa prise sur son bo, Donatello enchaina les esquives faces aux attaques fulgurantes avant de trouver une faille et de faire tomber la fille adoptive de Shredder. Du bout de son bâton, il repoussa sa lame loin d'elle pour qu'elle ne puisse plus répliquer. La respiration difficile, Donnie regarda la femme à bout de souffle, du sang s'échappant de sa bouche après un violent coup dans l'estomac. Il ne saurait l'expliquer, mais il senti une colère incontrôlable monter en lui lorsqu'il repensa à la Karai qui avait presque tuée la April de l'autre dimension, celle-ci lui ayant tout raconté durant l'un de leur appel dimensionnel. Cette femme était dangereuse, quel que soit la dimension.
Enfin libéré, Léonardo regarda la scène en touchant ses poignets douloureux, plissant les yeux d'incompréhension quand il observa Donatello récupérer le poignard d'April qui était à ses pieds. Qu'avait-il l'intention de faire? Levant sa main, près à viser le cœur de la femme tombée inconsciente, le mutant s'apprêtait à franchir le seuil de non-retour. La main tremblante, il ne pu se résoudre à aller jusqu'au bout et baissa le bras avant de ranger le poignard sur sa ceinture, se détournant de sa victime.
Seul Léonardo fut témoin de cette scène.
«Il faut pas trainer ici, partons avant que d'autre ne rapplique!» S'écria Casey qui aidait Raphaël à marcher avec Michelangelo vers la sortie du fond. Pas même April n'avait vue ce qui c'était passée, elle était trop occupée à délivrer les autres.
…
Heureusement, ils sont parvenus à partir loin de là avant que d'autre soldats foots n'arrivent en renforts. Ils avaient rejoint un endroit sûr grâce au scanner performant du nerd de la bande, et surtout, c'est par ce qu'il s'agissait de leur nouveau repaire dans sa propre dimension: le train abandonné. C'était le seul endroit qu'il avait en mémoire. Malheureusement, il n'y avait pas de matériel de soin ni de nourriture ou quoi que ce soit d'autre qui aurait pu leur servir.
Michelangelo fit s'assoir Raphaël qui avait de terribles douleurs à la cheville. Ils avaient été poursuivis depuis si longtemps par Karai, c'était le total chao. Et surtout, ils avaient perdu leur frère Donatello jusqu'à ce qu'un autre ne réapparaisse sans explication logique. April et Casey décidèrent de sortir un moment pour s'assurer que personne ne les avait suivis.
Leonardo restait silencieux tout en observant l'intru chercher quelque chose dans l'une des sacoches accrochées à sa jambe et d'en sortir un rouleau de bandage. Il s'approcha de Raphaël prudemment pour lui montrer qu'il voulait l'aider.
«N'y pense même pas.» Menaça le ninja au bandeau violet, lançant le regard le plus menaçant possible.
«Raph, ta cheville ne va pas se soigner toute seule.» Râla Mickey qui se faisait beaucoup de soucis pour son frère ainé. Celui-ci lui lança aussi un regard noir avant de finalement accepter l'aide, tout ça sous le regard méfiant du leader.
Après quelques instants dans le silence à attendre que Donatello ait fini de soigner Raphaël, le voyageur dimensionnel ce décida finalement à parler. Il savait que ce qu'il s'apprêtait à dire était totalement délirant, mais il n'avait plus le choix. Il ne pouvait pas disparaitre d'un claquement de doigt, car non seulement son moyen de changer de dimension était hors service, et puis vis-à-vis de ces frères ce n'était pas juste.
«Ce que je m'apprête à vous dire est complètement dingue, mais il faut me croire.» Commença-t-il avant de tout dévoiler dans les moindres détails, les trois autres frères l'écoutant attentivement sans dire un mot.
Regardant entre chacun pour savoir sils le croyaient ou non, c'est Mickey qui décida de couper ce silence insoutenable.
«Wow. Je ne sais pas si je dois dire que j'ai rien pigé ou si c'est pas étonnant que Donatello est capable de créer des portails dimensionnels.» Dit-il en croisant les bras en prenant une tête naïve tout en acquiesçant.
«Tout ça n'est qu'une pure coïncidence. Je suis vraiment désolé pour ce qui est arrivé au Donatello de votre dimension.» Assura Donnie, ne sachant pas quoi dire d'autre pour les réconforter dans leur deuil. Il s'imaginait sans mal la difficulté qu'ils avaient de le voir ici, bien vivant juste après avoir enterrer l'un de leur frère.
«Maintenant, je vais faire en sorte que nos chemins ne se croise plus, réparer au plus vite mon bracelet et repartir sans laisser de traces. Je ne veux pas vous faire plus de mal qui n'a été fait…» Donatello baissa son regard au sol en frottant son bras droit, la douleur dans leur regard bien trop difficile à soutenir.
«Quoi? Tu veux déjà partir? Mais tu viens d'arriver frangin!» S'exclama Mickey en lui donnant une tape amicale dans l'épaule, son grand sourire ne pouvant cacher ses larmes.
«Je ne peux pas Mickey, je ne veux pas vous faire souffrir davantage.» Le nerd aux yeux larmoyants n'attendit pas que son plus jeun frère n'intervienne avant de sortir du wagon, passant entre les deux humains qui venaient de revenir de leur tour de garde.
Mais au moment ou il passa entre les deux, une main agrippa son avant-bras pour l'empêcher de partir plus loin, le freinant instantanément dans sa fuite. D'abord hésitant, il tourna son attention vers la main qui le retenait avant de plonger son regard dans les yeux vert inquiet d'April. Cette expression, ce visage qui pouvait dire une multitude de chose qu'il ne pourrait jamais comprendre, par ce qu'il n'était pas assez bien pour elle qu'importe la dimension.
«Désolé, c'était une idée stupide.» Murmura-t-il en détournant le regard, honteux.
«Hé, Donnie attend.» C'est Léonardo qui venait de sortir du wagon qui l'interpella. Regardant Raphaël puis Michelangelo comme pour avoir leur accord, il poursuivit en s'avançant vers le double de son défunt frère.
«Qu'est-ce que tu fais, Mickey allait commander des pizzas?» Lui dit-il en posant une main sur son épaule, un sourire se dessinant sur son visage en peine.
A côté deux, April lâcha le bras de Donnie pour regarder l'étrange interaction entre les deux frères. Qu'avaient-ils? Pourquoi cet air dévasté alors qu'ils allaient enfin avoir la paix au sujet de Karai? Sans un autre mot, Donatello se décida finalement à suivre leur leader. Il ne pouvait pas choisir pour eux après tout.
«Vous avez parlé de Pizzas? Oh la vache je meurs de faim!» S'exclama Casey avec enthousiasme, Splinter riant doucement à coté de lui en passant sa patte dans sa barbichette.
Il regarda tout le monde entrer dans le wagon principale en croisant les bras dans son dos, avant de perdre son sourire façade. Ça restait Donatello, quoi qu'il arrive, alors ils pouvaient l'avoir encore près d'eux un moment le temps de lui dire au revoir pour de bon.
…
A suivre…
