Je ne possède aucun des personnages des films ou des livres.

Un recueil de textes courts sur l'univers de Tolkien et de la Terre du Milieu nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire.

Ce texte a été écrit pour l'anniversaire d'Orlando Bloom

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Le chagrin de Legolas

Dans les jardins de Minas Tirith, Legolas se tenait immobile, ses yeux elfiques fixés sur la Maison des Rois où reposait désormais Aragorn, fils d'Arathorn, Roi du Gondor et de l'Arnor réunifiés. La nuit était tombée depuis longtemps, mais l'elfe n'avait pas bougé, comme figé dans le temps, alors que le monde autour de lui continuait inexorablement sa course. Les paroles d'adieu d'Aragorn résonnaient encore dans son esprit, douloureuses et pourtant empreintes de la sagesse qui avait toujours caractérisé son ami.

- Ne pleure pas trop longtemps, mellon nîn, avait-il murmuré de sa voix affaiblie. J'ai vécu une vie pleine et heureuse, grâce à vous tous.

Mais comment ne pas pleurer ? Comment accepter que celui qui avait été son plus proche compagnon pendant plus de cent cinquante ans soit maintenant parti vers un lieu où il ne pourrait le suivre ?

Une brise légère agita ses cheveux blonds, portant avec elle le parfum des fleurs blanches du Grand Arbre. Legolas ferma les yeux, submergé par les souvenirs. Les longues chevauchées à travers la Terre du Milieu, les batailles menées côte à côte, les rires partagés autour d'un feu de camp, les discussions profondes sous les étoiles... Chaque moment semblait maintenant plus précieux que tout l'or de la Terre du Milieu. Il se rappelait leur première rencontre à Fondcombe, quand Aragorn n'était encore que le jeune Rôdeur Grands-Pas pour beaucoup, bien avant la quête de l'anneau. Déjà à l'époque, Legolas avait perçu la noblesse qui émanait de cet homme, une noblesse qui n'avait fait que grandir au fil des années. Ensemble, ils avaient traversé les épreuves les plus sombres, de la Communauté de l'Anneau jusqu'aux dernières batailles pour la liberté de la Terre du Milieu.

Un sanglot silencieux secoua ses épaules. La mortalité des Hommes, qu'il avait toujours intellectuellement comprise, le frappait maintenant avec une force dévastatrice. C'était donc cela, le don des Hommes, comme l'appelaient certains ? Cette fin inéluctable qui arrachait les êtres aimés, les emportant vers un destin inconnu ?

Alors qu'il était bloqué dans sa tristesse, Gimli, son ami nain, s'approcha doucement, sa présence offrant un réconfort silencieux. Le nain ne dit rien, comprenant peut-être mieux que quiconque la profondeur du chagrin de l'elfe. Lui aussi avait aimé Aragorn, lui aussi ressentait cette perte déchirante.

- Il savait que ce jour viendrait, murmura finalement Legolas, sa voix à peine audible. Il me l'avait dit, il y a longtemps : « Les elfes doivent apprendre à dire adieu », m'avait-il dit. Je sais tout ça, j'ai vécu de lourdes pertes dans ma vie, mais je n'étais pas prêt, mellon nîn. Je ne serai jamais prêt.

Les premières lueurs de l'aube commençaient à poindre à l'horizon, dorant les murs blancs de la cité. Bientôt, les cloches sonneraient, marquant le début des cérémonies funéraires. Le peuple du Gondor pleurerait son roi bien-aimé, mais peu comprendraient la profondeur de la perte ressentie par cet elfe solitaire.

Legolas sentit alors plus que jamais l'appel de la mer, cette complainte qui hantait son cœur depuis qu'il avait entendu le cri des mouettes. Peut-être était-il temps, maintenant que son ami le plus cher avait quitté ce monde, de céder à cet appel. De construire ce navire dont il avait tant parlé avec Gimli et de voguer ensemble vers l'Ouest en direction des Terres Immortelles.

Mais pas encore.

Pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, il resterait ici, dans ces jardins où il avait passé tant d'heures en compagnie d'Aragorn. Il resterait pour dire un dernier adieu et pour honorer la mémoire de celui qui avait été bien plus qu'un roi, bien plus qu'un ami. Celui qui avait été son frère de cœur et dont l'absence laisserait à jamais un vide dans son âme immortelle. A cette pensée, une larme solitaire coula sur sa joue, brillante comme une étoile dans la lumière naissante du jour.

- Adieu mellon nin…