La soirée était bien avancée et la musique résonnait entre les murs de la maison familiale. Pour les vingt ans de Lily, Arthur et Molly Weasley avait accepté de lui laisser leur maison pour le week-end. Tous les cousins avaient été invités, même Teddy malgré le fait que Victoire et lui soient divorcés. Rose se rappelait avoir vu ce dernier discuter avec Eurydice, la femme de Louis plus tôt dans la soirée. A trente ans, Eurydice et lui était les doyens de la soirée. La plus jeune était leur cousine Lucy qui allait fêter ses dix-neuf ans au mois de juillet prochain.

Rose avait un peu trop bu. Elle dansait avec Molly dans le salon transformé en piste de danse. Elle souriait, elle riait quand soudainement, une musique plus calme, plus douce retendit dans la pièce. Un slow. Il ne fallut pas longtemps avant que Molly ne soit rejointe sur la piste de danse par Jonas, son petit ami. Rose préféra s'éclipser dans la cuisine. James s'y trouvait déjà et était en train de se servir un verre d'eau.

— T'en veux un ? demanda-t-il en se tournant vers elle.
— S'il te plaît, répondit-elle en souriant largement.

Elle savait que si elle voulait se sentir bien le lendemain, il fallait qu'elle s'hydrate. James lui tendit le verre qu'il venait de remplir avant de lever le bras pour en récupérer un autre. Son t-shirt se souleva légèrement révélant un ventre plat bien que moins musclé qu'il l'avait été durant sa scolarité à Poudlard. James avait beau continué à jouer au Quidditch une fois par semaine dans le club amateur près de chez lui, l'entraînement était bien moins intensif que celui de l'école de sorcellerie. Rose se posa dos au comptoir et ne put s'empêcher d'observer le carré de peau visible avant de remonter doucement ses yeux vers le visage de son cousin. Elle l'avait toujours trouvé agréable à regarder mais cela elle ne lui dirait jamais, il était déjà bien assez arrogant comme ça.

— Ça va, Rosie ? questionna-t-il.

Il ouvrit le robinet et se servit un grand verre d'eau.

— Oui et toi ? répliqua-t-elle tout en continuant de siroter son verre.

James se contenta de lui sourire avant de porter son verre à ses lèvres.

— Ça avance ton nouveau manuscrit au fait ? demanda-t-il.

Rose haussa les épaules. Elle rêvait de devenir écrivaine depuis son plus jeune âge mais savait que cela serait loin d'être facile. Sa mère ne cessait de lui répéter. La jeune femme avait réussi à se trouver un petit travail à temps partiel dans une librairie sorcière mais Hermione aurait espéré plus pour son aînée.

— Comment ça ? interrogea-t-il en haussant lui-même les épaules.

James était un des seuls membres de sa famille à la soutenir dans son désir professionnel. La plupart des autres voyaient cela comme une simple lubie qui finirait par lui passer et le reste ne s'intéressait pas assez à elle pour s'en soucier.

— J'ai presque fini, avoua-t-elle, c'est juste que... Je sais pas. Peut-être que je devrais écouter ma mère, peut-être que je me trompe...
— Rose ! la coupa James. Est-ce que tu aimes ce que tu fais ?
— Oui mais...
— Pas de mais ! Tu aimes ce que tu fais, tu as un travail d'appoint, tes parents n'ont rien à dire. C'est ta vie, Rose !

James avait posé ses mains sur les épaules de sa cousine et planter ses yeux noisette dans les siens. La jeune femme ne put retenir plus longtemps les larmes qui voulaient couler le long de ses joues. Elle s'essuya les joues, agacée par sa stupide sensibilité. C'était l'une des choses que Scorpius lui avait reproché lorsqu'ils s'étaient séparés.

— Désolée, déclara-t-elle gênée.
— T'excuses pas ! rétorqua James d'une voix douce.

De son pouce, il essuya les larmes sur la joue gauche de sa cousine. Cette dernière ne put s'empêcher de se tendre légèrement face à ce contact. Elle n'avait plus été touchée ainsi depuis sa séparation d'avec Scorpius deux ans plus tôt. Rose tenta de se reprendre. Elle ne pouvait pas penser comme ça ! James était son cousin. Son cousin. Rose avait beau avoir été attirée par lui par le passé, elle était désormais adulte et les adultes ne fantasmaient pas sur leur cousin.

— Ça ne va pas ? demanda James.

Quelle idiote ! Il avait remarqué que quelque chose n'allait pas. La jeune femme se sentit rougir violemment et s'éloigna de lui précipitamment.

— Euh... Je... Je dois y aller ! C'était vraiment sympa de parler avec toi, James, dit-elle essayant de garder un ton neutre.

En repassant dans le salon, Rose constata que Molly était installée sur les genoux de Jonas et était en train de l'embrasser de manière fort peu décente. Depuis qu'elle fréquentait le plus jeune des Flint, Rose se demandait parfois où était passée sa cousine si pure et innocente. L'ancienne Poufsouffle se dirigea vers la porte d'entrée et décida d'aller faire un tour dans le jardin de ses grand-parents. L'air frais lui fit un bien fou, atténuant quelque peu les effets de l'alcool et éclaircissant son esprit. Elle esquissa un sourire lorsque les bruits de la nuit lui parvinrent aux oreilles. Au loin, une chouette hululait tandis que près de la mare Rose pouvait entendre le croassement des grenouilles. Au vu des sons qu'elles produisaient, la jeune femme devina qu'elles étaient certainement nombreuses.

Elle leva les yeux au ciel et admira les étoiles et la lune. Cette dernière formait un mince croissant mais était suffisamment brillante pour que Rose puisse se repérer sans utiliser sa baguette. La jeune femme décida de monter la petite colline sur laquelle était planté un arbre centenaire. Lorsqu'elle était enfant, son grand-père avait installé une balançoire après que sa belle-fille lui eut parlé de cette invention moldue. Elle lui avait précisé que les petits adoraient en faire. Rose s'installa dessus, se balançant doucement tout en gardant les yeux fixés sur les étoiles. Elle ne sut exactement combien de temps elle resta là, à regarder les étoiles lorsque des bruits de pas lui firent tourner la tête vers le nouveau venu.

— Je me disais bien que je te trouverais ici, déclara James en souriant.

Il leva les yeux au ciel.

— Les étoiles ont l'air particulièrement lumineuses ce soir, remarqua-t-il.
— Comment as-tu su que j'étais là ? demanda-t-elle d'un ton neutre.

James haussa les épaules avant de répondre :

— Il faut croire que je te connais bien.

Rose arqua un sourcil attendant un peu plus d'explication.

— Bon ok ! Je me suis dit que si tu n'étais pas avec Molly, il y avait peu d'endroits où tu pouvais être. Celui-ci m'a paru le plus adéquat, expliqua-t-il.
— Qu'est-ce que tu fais ? questionna-t-elle en le voyant se baisser.
— Je m'assieds, comme tu peux le voir, rétorqua-t-il pince sans rire. Je me serais bien posé à côté de toi mais j'ai peur qu'il n'y ait pas assez de place.

Le silence s'installa entre les deux cousins tandis qu'ils observaient les étoiles. De temps en temps, ils pouvaient voir passer dans le ciel un point clignotant indiquant la présence d'un avion moldu. Rose se rappelait s'être demandée ce dont il s'agissait enfant. Son père non plus ne savait ce qu'étaient ces points lumineux qui se déplaçaient au milieu des étoiles. La petite fille avait profité qu'un soir sa mère soit avec elle pour lui poser la question et avait eu sa réponse. Des avions moldus.

Elle fut sortie de ses pensées par des bruits de vêtements et tourna son visage vers son cousin. James s'était couché sur le dos, les genoux repliés et les mains derrière la nuque, il continuait de fixer les cieux, songeur. Le visage de l'aîné des Potter était constellé de taches de rousseur. Adolescente, Rose se souvenait les avoir reliés entre elles alors qu'il dormait. Elle esquissa un sourire en se rappelant le cri épouvanté que James avait poussé en se voyant dans le miroir le lendemain matin.

— Je te fais rire ? questionna soudainement James.

Un petit sourire étirait ses lèvres bien dessinées.

— Je pensais à la fois où j'avais relié tes taches de rousseur ensemble.

Contrairement à ce que Rose avait imaginé, James ne perdit pas son sourire et éclata même d'un grand rire.

— Tu m'avais quand même bien eu, remarqua-t-il.
— En même temps, je t'avais prévenu de ne pas fouiner dans mes cahiers.
— J'avais fait ça ? fit mine de s'étonner James.
— Strangulot ! rétorqua-t-elle avant de lui donner un léger coup de pieds dans les côtes.

James rit de plus bel avant d'attraper la cheville de sa cousine pour l'empêcher de poursuivre. Rose se sentit rougir légèrement et fut soulagée que le clair de lune ne permette pas au jeune homme de le remarquer.

— Tu devrais venir ici, Rosie, déclara finalement James en se décalant.

D'une caresse certainement involontaire, les doigts de l'ancien Gryffondor provoquèrent des frissons le long de la jambe de Rose.

— T'as la chair de poule, remarqua-t-il. Allez viens ! ajouta-t-il en sortant sa baguette.

Rose, trop gênée, n'osa pas lui dire qu'elle n'avait pas froid et sentit une douce chaleur l'envahir alors que James jetait le sortilège. Après quelques hésitations, l'ancienne Poufsouffle se coucha à côté de lui.

— Tu peux mettre ta tête sur mon bras tu sais, déclara James.
— Je voudrais pas te faire mal, répliqua-t-elle peu sûre d'elle.
— Viens ! Insista-t-il.

La jeune femme finit par accepter et s'installa le plus confortablement possible. Le sol était un peu humide mais la bulle de chaleur que James avait invoquée les protégeait du froid.

— C'est cool ce que vous avez fait pour Lily, Albus et toi, déclara-t-elle après quelques secondes de silence.

James haussa les épaules avant d'assurer que cela était tout à fait normal. Malgré leur différence, les trois frères et sœurs étaient plus proches qu'il n'y paraissait au premier abord. Tout ce que Rose n'était pas de son frère. Ce dernier était de ceux qui avait toujours trouvé son engouement pour l'écriture futile. Hugo ne lisait jamais de romans et faisait preuve d'un manque d'imagination qui l'avait souvent surpris. Là où Rose avait un tempérament discret et timide, Hugo était de ces Gryffondor qui n'hésitaient pas à donner leur opinion, il parlait fort et tout le monde l'écoutait. On ne pouvait pas dire que les deux jeunes gens ne s'aimaient pas, simplement leur manque d'intérêts communs avait fini par les éloigner l'un de l'autre.

— Ça lui fait plaisir, ça nous fait plaisir et ça fait plaisir aux parents ! Que demande le peuple ! plaisanta James.

Rose ne put s'empêcher de noter la pointe de tristesse dans sa voix.

— Ginny et Harry se sont encore disputés ? demanda-t-elle prudemment.
— Ouais, répondit-il. C'est toujours la même chose avec eux de toute manière, soupira-t-il. L'un demande un truc à l'autre, l'autre le prend pour un reproche et se vexe, ils se disputent, ne se parlent plus pendant un laps de temps variable avant de se réconcilier. C'est juste que...

James soupira tout en continuant de fixer le ciel. Ses parents se disputaient depuis des années et Rose devinait que son cousin ne supportait plus cette situation.

— Enfin... Heureusement que je ne vis plus avec eux, finit-il.

Rose posa sa main sur le torse de James et le tapota doucement en signe de réconfort.

— Remarque même si c'est pour se crier dessus, au moins les tiens se parlent encore, constata Rose tristement.

James tourna soudainement son visage vers elle plantant ses yeux noisette dans ceux bleus de sa cousine. Cette dernière se demandait de plus en plus si ses parents s'aimaient encore ou continuait à vivre ensemble par habitude seulement.

— Je suis désolé, Rosie, souffla James.

La jeune femme esquissa un sourire mélancolique.

— Pourquoi ? Ce n'est pas de ta faute.

Les lèvres de James s'étirèrent en un sourire en coin. Le cœur de Rose rata un battement en le voyant tendre la main vers elle. Les doigts de l'ancien Gryffondor effleurèrent son visage, provoquant une traînée de frisson sur leur passage avant de lentement glisser vers la mèche de cheveux qui s'était échappée de son chignon. Rose dut prendre sur elle pour ne pas fermer les yeux alors que James la plaçait délicatement derrière son oreille.

— Tu frissonnes, remarqua-t-il.

Sa voix était plus rauque qu'à l'accoutumée. Rose ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose mais oublia tout ce qu'elle voulait dire lorsque les lèvres de James se posèrent sur les siennes. Tout cela s'était passé si vite que la jeune femme n'avait compris ce qui se passait seulement lorsque la bouche de son cousin commença à se mouvoir sur la sienne. Instinctivement, Rose combla la distance entre leurs deux corps, se pressant doucement contre lui. Ses doigts glissèrent dans les cheveux roux de James tandis que ce dernier défaisait le chignon qui retenait les siens d'un geste habile de la main.

Enhardie, Rose se colla un peu plus contre lui et le poussa doucement sur le dos. Les bras enroulés autour de son corps, James l'attira contre lui et l'entraîna au-dessus de lui. Les mains du jeune homme descendirent vers ses reins caressant son dos à travers sa robe. A califourchon sur James, Rose sentait le désir qu'elle provoquait en lui. Instinctivement, elle commença à mouvoir ses hanches contre les siennes. James poussa un léger gémissement contre sa bouche tandis que ses mains se posèrent au creux de ses genoux avant de remonter lentement vers ses cuisses. Le mouvement releva sa robe et malgré le sortilège de chaleur, un frisson la parcourut. Les lèvres de son cousin quittèrent les siennes et se perdirent dans son cou.

Rose s'entendit pousser un gémissement plus aigu que les autres. La friction provoquée par ses coups de hanches était doucement en train de l'amener vers le plaisir. Elle sentit les mains de James passer sous sa culotte et empoigner les lobes de ses fesses pour l'attirer à lui. Rose ne put retenir un cri de plaisir alors que les hanches du jeune homme venaient à la rencontre des siennes. James s'empara de nouveau de ses lèvres l'empêchant par la même occasion d'être trop bruyante.

Sa respiration était forte et Rose pouvait sentir que le cœur de son cousin comme le sien battaient à une vitesse affolante dans leur poitrine. Leurs mouvements étaient de plus en plus rapides et la jeune femme sentait qu'elle n'allait pas tarder à atteindre le paradis. Elle détacha ses lèvres de celles de James et blottit son visage dans le creux de sa nuque.

— Juste là, oui, souffla-t-elle haletante.

Encouragé, son cousin se fit encore plus enthousiaste et Rose poussa un petit cri tandis qu'elle sentait le plaisir atteindre son paroxysme. Elle cessa de bouger quelques instants tout au bien-être qu'elle était en train de ressentir. James s'empara doucement de ses lèvres la sortant par la même occasion de sa transe. La jeune femme lui rendit son baiser passionnément avant de reprendre ses mouvements, lui aussi méritait d'expérimenter ce qu'elle venait de vivre. Rose le sentit se tendre légèrement sous elle et esquissa un sourire contre ses lèvres. Le baiser se fit plus doux, presque amoureux.

Cette simple pensée fut comme un rappel à la réalité pour Rose. La jeune femme s'éloigna violemment de lui et se laissa tomber à sa droite. Elle sentit ses joues rougir de honte en se rendant compte de ce qu'ils avaient fait, de ce qu'elle avait fait.

— Oh Merlin ! Merlin ! s'exclama-t-elle.
— Bon ou mauvais Merlin ? questionna James d'une petite voix.

Du coin de l'œil, Rose put constater que son cousin avait le visage tourné vers elle.

— Rosie, souffla James en posant sa main sur la cuisse de la jeune femme.
— Je... Je suis désolée, James, répliqua-t-elle en se levant.

Rose pouvait encore sentir la trace de la main de son cousin sur sa peau.

— Rosie ! Rose ! Attends ! l'appela James derrière elle.

La jeune femme accéléra le pas et descendit la colline sur laquelle ils se trouvaient en trottinant. Qu'avait-elle fait ? L'horreur de la situation lui revint en plein visage. Son cousin. James était son cousin. Elle ne savait pas pourquoi il l'avait embrassée. Que lui avait-il pris à lui aussi ?

— Rose !

Elle atteignit la porte avant que James ne la rattrape. Elle poussa un soupir de soulagement en pénétrant dans le salon de la demeure familiale.

— Bah ! Où t'étais ? On t'a cherchée avec Jonas, déclara Molly en venant vers elle.
— Je... Je suis allée faire un tour dehors avec James, répondit-elle en le voyant pénétrer dans la maison.

Il avait réajusté sa chemise et discipliner ses cheveux. Elle sentit son regard sur elle mais décida de ne pas y prêter attention tout en poursuivant :

— J'avais besoin de prendre un peu l'air.

Molly lui offrit un grand sourire et Rose ne put s'empêcher de se dire que sa cousine et meilleure amie ne réagirait certainement pas ainsi si elle savait ce qu'elle venait de faire.

— Eurydice et Louis ont proposé qu'on joue au tarot. Ça te tente ? questionna Molly en passant son bras sous celui de Rose.
— Oui bien sûr, répliqua la jeune femme en se laissant entraîner.

Elle ne jeta pas même un regard dans la direction de James de peur de se trahir.

— Rose ! s'exclama Louis en la voyant. On attendait plus que toi !

L'ancienne Poufsouffle esquissa un sourire et prit place en face de lui. Elle avait toujours été la meilleure quand il s'agissait de jouer à ce jeu. Du coin de l'œil, elle vit James appuyé contre le manteau de la cheminée qui discutait avec une des amies de Lily. Malgré elle, Rose ressentit comme une pointe de jalousie qu'elle réprimanda bien vite. Elle n'avait nullement le droit d'être jalouse ainsi. Reportant son attention sur le jeu, Rose se fit la promesse d'oublier ce qui venait de se passer. Elle oublierait, elle le devait.