Chapitre 4 Retrouver Siena .
Dans le manoir Solo, la petite Siena était assise sur le canapé, son doudou chat entre les bras, qu'elle mâchouillait doucement. Des larmes encore visibles coulaient sur ses joues. Elle portait une petite robe et un body, avec son prénom brodé sur la poitrine, entouré de petits motifs de chats.
Maman? Papa? Doudou chat… Siena toute seule…
Ma jolie chérie, qu'est-ce que tu racontes? Tu n'es pas toute seule, je suis là, moi.
Julian s'avança doucement, s'agenouilla à sa hauteur. La petite pleurait encore, mais en silence.
Pas papa. Méchant.
Elle avait déjà un sacré caractère pour son jeune âge. Elle tenait ça de son vrai père. Siena descendit du canapé pour s'éloigner de cet homme.
Maman? Où maman?
Elle n'est pas là. Ta maman te portait encore dans son ventre quand on t'a arrachée à moi. C'est moi, ton père, Siena.
Papa… toi pas mon papa…
L'une des domestiques, affectée au soin de Siena sur ordre de Julian, s'approcha pour s'occuper d'elle.
Siena ne pleurait plus, elle était sage, mais son petit cœur était brisé.
Préparez-la. Donnez-lui un bain, un biberon, puis à manger.
Mais au même moment, la police arriva. La petite fut aussitôt cachée dans les cuisines, par un passage souterrain secret, dissimulé sous un tapis. La pièce était sombre, sans lumière. Siena se blottit contre son doudou, terrifiée, sans faire un bruit.
Les policiers fouillèrent toute la demeure. Ils ne trouvèrent rien. Tout semblait en ordre, les domestiques agissaient comme si de rien n'était. Julian répondit aux questions, calmement, niant tout. Aucun indice ne trahissait quoi que ce soit de suspect. Finalement, les agents repartirent, s'excusant du dérangement.
Une fois le calme revenu, la domestique revint chercher Siena, toujours cachée dans la pièce secrète, invisible à l'œil nu. Elle ne lui adressa ni mot doux ni geste tendre, la posa simplement au sol.
Peur… noir… peur…
Doudou serré contre elle, la petite était toujours tremblante. Julian la prit contre lui. Siena se mit à pleurer de plus belle. Trop longtemps contenues, les larmes jaillirent. Elle se débattit, refusa le réconfort, et le mordit violemment. Tombant à genoux, elle courut se cacher. Elle aperçut la porte du jardin ouverte, s'y précipita et se réfugia derrière un arbre, son doudou dans les bras.
Doudou… maman… papa… Siena revenir…
Siena, tu n'as pas le droit de mordre. C'est interdit. Maintenant tu vas écouter. Ça suffit les bêtises.
Pardon… veux maman… Doudou chat triste aussi…
Allez viens, petite princesse. Papa va s'occuper de toi.
Elle se força à aller dans ses bras, mais son cœur n'y était pas.
Du côté de Saori et Seiya, la police avait rapporté n'avoir rien trouvé chez Julian Solo. L'enquête se poursuivait. Saori espérait encore, elle ne voulait qu'une chose : qu'on lui rende son bébé. La première nuit sans sa fille fut une torture. Seiya, seul dans son bureau, déterminé, ne pouvait rester là sans agir. Il prit ses clés, quitta la maison sans un mot. Saori, épuisée, dormait dans leur chambre.
Julian… tu vas me rendre ma fille…
Il se rendit au manoir Solo, décidé à en finir.
Pendant ce temps, Siena dormait dans la chambre qu'on lui avait assignée. Mais les cris la réveillèrent. Discrètement, doudou dans les mains, elle sortit de sa chambre, descendit les escaliers sans bruit.
Seiya frappa à la porte. Il était hors de lui. Julian ouvrit.
Monsieur Ogawara…
Où est ma fille? Je veux ma fille.
Il l'attrapa violemment par le col.
Elle est là où elle doit être. Cette petite fille est la mienne.
Elle n'est pas ta fille. Tu es malade.
Papa!
La petite apparut dans l'embrasure de la porte. Elle courut jusqu'à lui.
Papa… méchant monsieur…
Seiya la serra fort dans ses bras.
C'est fini ma chérie… je suis là… sèche tes petites larmes.
Julian avait perdu cette bataille. Mais il n'avait pas dit son dernier mot.
Ne t'approche plus jamais de notre fille. Plus jamais, tu m'entends.
Je reviendrai. Je ne laisserai pas ma fille dans les bras d'un autre.
T'es qu'un malade, Julian.
Seiya s'en alla avec sa fille dans les bras. La petite, la tête nichée contre son cou, son doudou chat entre les dents, se calmait enfin. Elle était avec son papa, et c'était tout ce qui comptait.
Arrivés à la maison, Seiya posa Siena sur le canapé, mais elle se remit à pleurer en tendant les bras.
Bras papa… bras… ouiiiiinnnnn…
Il la reprit tout contre lui. Ensemble, ils montèrent les escaliers. Saori dormait toujours. Seiya déposa la petite sur le lit. Siena s'approcha à quatre pattes, se blottit contre sa maman.
Saori ouvrit les yeux.
Siena… mon bébé, tu es là…
Maman? Siena revenue… doudou aussi…
Mon petit bébé… j'étais si inquiète…
Maman triste… Siena partie…
Maman est heureuse maintenant. Elle a sa fille avec elle. Et papa est là aussi. C'est le plus important.
Siena ressentit tout l'amour de sa maman. Elle se serra contre elle et ferma ses petits yeux. Peu à peu, elle s'endormit. Seiya et Saori restèrent près d'elle, veillant sur leur ange. Puis eux aussi s'endormirent, blottis sous la couette, avec leur fille entre eux et doudou chat coincé entre les petites dents de Siena.
