Ces deux garçons sont incroyablement différents mais je les kiffe tous les deux, de manière très différente lol


Chapitre 456 : Are finally ending in a blaze

"Tu es incroyable..." embrassant son torse et ses bras par touches légères. "Je n'ai jamais côtoyé quelqu'un d'aussi... positif."

Petit rire flatté. "Il m'a été dit qu'il vaut mieux toujours voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide(*), Princesse... et que l'univers est en mouvement perpétuel, ce qui fait que les situations ne stagnent jamais."

"C'est là ta... philosophie, Chasseur ?..."

"Pour partie." souriant. "Prends nous pour exemple... cela ne s'est fait ni à Roquevaire ni à Badenweiler... mais finalement à Wonderland."

"Cela a mis plus de dix ans, Rook." poursuivant mes câlineries.

Son corps... j'en veux toujours plus !... Une véritable drogue dure !

Ce corps si longtemps désiré, convoité... agréablement taillé par les pratiques de la chasse, de l'équitation et du tir à l'arc.

Je viens le chevaucher, conquérante, plaçant ses bras en croix, mains glissant le long de ses bras, flattant le fin duvet clair de ses aisselles, avant de me pencher pour déposer des baisers au hasard de mes errances.

Il apprécie être ainsi voué à ce que je propose.

Souvent, lorsque son désir le domine totalement, il le pousse à me déclarer qu'il se plierait à tous mes caprices ; "Tout ce que tu voudras, Princesse..." soufflé à mon oreille.

Nos jeux nous font rouler dans le lit, jambes entremêlées, ma tête ou la sienne parfois suspendue dans le vide.

Je loue la nature de me l'avoir fait si beau !...

Nous possédons nos points de repli : sa cabane isolée au fond des bois, la demeure familiale en Allemagne et la Villa de ses parents à l'extérieur de Wonderland.


"Puis-je savoir... ?..." faisant montre d'une certaine curiosité.

Je le fixe.

"... ce qui n'a pas tourné rond avec Flamme ?"

"Oh." sur un petit sourire. "Le garçon ne... s'assume pas. Ni lui, ni sa magie d'ailleurs. De ses érections, je ne parle même pas !"

"Je vois." sur un petit rire du fait de ma gouaille.

"S'il n'y avait que cela... les contacts humains, il ne les tolère pas du tout ou très peu. Bref, Rollo Flamme est un refoulé."

"Pourtant... vous avez eu une histoire." sur un petit sourire.

"Par Hadès, qu'il était compliqué d'accès !... Lorsque je venais vers lui, j'ignorai toujours à quel saint il allait me vouer."

"J'y vois plutôt un véritable challenge, te connaissant."

"Le challenge c'est formidable mais tu ne tiens pas sur la durée. Et Rollo... chaque fois que je pensais que nous avions fait un pas en avant, je découvrais, le lendemain, qu'il en avait fait une dizaine en arrière."

"Il y a quand même eu... de bons moments, j'imagine ?"

"Oh oui, il y en a eu." sur un sourire presque triste. "Rollo est l'archétype même du passif-agressif : il vit dans un monde de non-dits, de rancœurs ressassées à l'infini, de phrases cryptées, de sarcasmes quotidiens proclamés et de tension latente permanente que la parole ne peut apaiser."

"Il a quand même fini par venir jusqu'à Wonderland pour toi."

"Et il a clairement affiché ses ambitions ; faire cesser mes charmes."

"Charmes desquels il semble demeuré encore très sensible, si je puis me permettre."

"Il souhaite s'en affranchir. Ce qu'il ressent pour moi le tourmente, Rook."

"Je demeure certain que tu finiras par triompher de ses doutes et lui montrer la voie."

"Me... lancerais-tu un défi, Rook ?"


Rollo place son imposant couvre-chef sur sa tête, l'ajustant.

D'une pichenette je le fais chuter vers l'avant. Il le rattrape de justesse entre des mains ouvertes, faisant un pas sur le côté pour me fixer.

"TOI ?!"

"Qui d'autre, mon brave Rollo ?" finissant par me jeter sur le lit de sa modeste chambre, l'admirant en contreplongée. "Nous avons un grave problème, mon cher Rollo..." sur un soupir.

"Oh, tu veux parler de cette condamnable habitude d'apparaître ainsi dans la chambre d'un homme sans même t'annoncer ?!" mauvais, sentant son intimité piétinée.

"Approche." l'y invitant.

"Certainement pas, fille du diable !"

"Approche ou je viens te chercher."

Il réaffirme ses appuis, paré pour un éventuel affrontement.

"Mon corps se languit du tien, Rollo." l'appelant d'une main tendue.

"Retourne d'où tu viens et somme ton... chasseur de t'offrir ce que tu es venue vainement chercher auprès de moi." regard plissé.

Avec Rook, je n'aurai pas besoin de solliciter un assaut deux fois de suite !...

J'en soupire. "Ce que tu peux être buté parfois, Rollo."

"J'exige que tu quittes imm..."

Je viens de retirer mon haut et m'apprête à me libérer de mon pantalon.

"Que... fais... tu ?..." halluciné - incapable cependant de détourner le regard.

"Je suis ici pour que tu m'honores, Rollo."

"Rha... bille-toi... immédiatement..." sur un plissement de profond dégoût perturbé, camouflé par un mouchoir aux atours célestes.

"Te rappelles-tu encore de mon corps, Rollo ?..." faisant glisser le pantalon le long de mes cuisses.

Il suit chaque geste du regard, incapable de faire dévier ses iris, d'un surprenant gris-vert, ailleurs que sur mon effeuillage.

Mon pantalon regagne le bas du lit. "Te charges-tu du reste ?..."

Son érection lui dévore le ventre avec la vivacité de la lave tournoyant dans sa chambre à magma. Son expression révulsée se précise. Son sexe le heurte tant il tente de résister à l'appel de la chair.

"Ne... m'approche p..."

"Oh non, c'est toi qui vas venir. Si tu ne le fais pas, je me verrai contrainte de me satisfaire par moi-même."

Le chaud lui monte soudain au corps, partant de sa verge et de ses testicules, inondant le bassin entier, y compris l'anus. Sensation ô combien déplaisante !...

Il vient de parfaitement visualiser ma suggestion.

"Mau... dite... femelle..." sa pensée ne parvient même plus à embrayer sur une insulte convaincante !

Il est... perdu. Son corps entier vient de se mettre sous tension qu'il lui devient impératif de satisfaire !

Lorsque la tension sexuelle le domine, il lui est quasiment impossible de relayer le côté pervers de sa personnalité passive-agressive. Idem lorsque la magie le gouverne ! Voilà pourquoi Rollo méprise et déteste ces deux perspectives qui participent à son absence de contrôle absolu !...

Il dépose son couvre-chef qui camouflait le renflement éloquent de sa tunique.

Résigné, ses pas le mènent devant moi. J'y fais grimper une jambe le long des siennes et il se saisit du mollet.

That's good, Rollo Flamme. Go wild and savage ! Ravage me !

I touch the fire and it freezes me.

I look into it and it's black.

Why can't I feel,

My skin should crack and peel.

I want the fire back.

Now through the smoke she calls to me.

To make my way across the flame.

To save the day,

Or maybe melt away.

I guess it's all the same.

So I will walk through the fire

'Cause where else can I turn.

I will walk through the fire,

And let it...

Cause she is drawn to the fire

Some people never learn

And she will walk through the fire and let it...

So one by one they turn from me.

I guess my friends can't face the cold

But why I froze not one among them knows

And never can be told

So one by one they come to me.

The distant redness as their guide.

But what they'll find.

Ain't what they have in mind.

It's what they have inside.

These endless days,

Are finally ending in a blaze.

And we are caught in the fire.

The point of no return.

So we will walk through the fire,

And let it burn,

Let it burn !(**)


J'apprécie me rejouer notre rencontre à Noble Bell College. J'aime tant cela ! J'en suis accroc pour tout dire !... Ce moment réjouissant où il bascule enfin, pris au piège de mes charmes.

Lorsqu'enfin il a épuisé tout son stock d'insultes et de détournement comportemental à mon égard !... Lorsqu'enfin il me cède de tout son être !...


Rollo vient de quitter la papeterie où il se ravitaille chaque mois. Paquet en mains, il chemine le long des ruelles. Les gens sont si agréables dans cette Cité !... Rien ne saurait venir troubler la quiétude d'un tel lieu.

Ses pas le mènent jusqu'à la place du Lys. Là, stupeur, des forains installent l'ossature d'un manège.

Un énorme molosse vient à sa rencontre, remuant la queue dans une attitude curieuse et amicale.

Le chien le renifle avec intérêt.

Rollo n'a rien contre les bêtes - si tant est qu'elles savent demeurer à leur place !...

"Richard. Le chien..." lui signale un forain.

Mon père se libère les mains pour récupérer notre vagabond.

"Viens ici, Patou. Laisse Monsieur tranquille." le récupérant par le collier.

"Au vu de sa taille, vous devriez l'attacher, Monsieur." lui conseille Rollo.

"Patou n'est pas agressif !..." place une voix féminine dans son dos.

Je viens me placer aux côtés de papa. Notre air de famille ne fait aucun doute.

Il récupère un mouchoir et le place devant le bas de son visage ; la contrariété vient de le gagner.

Papa et moi nous nous regardons brièvement.

"Les réactions canines demeurent souvent imprévisibles, notamment envers de jeunes enfants."

"Patou ne ferait pas de mal à une mouche !..." grimaçais-je presque de la même façon.

J'ignore totalement à qui j'ose rétorquer !...

"Mademoiselle, il serait de bon ton de n'ouvrir la bouche que lorsque vous y êtes invitée."

Je le fixe, pensant à un mirage auditif. Mais il n'en est rien !...

Je croise les bras. "Je vois. Nous tenons là un réac."

Il hausse le sourcil, mouchoir pressé contre son visage qui marque le mécontentement autant que la répulsion.

"Les femmes devraient suivre le précieux exemple des instruments de musique ; ne produire son que lorsqu'on les sollicite."

J'en suis estomaquée !...

"Hadès en soit remercié, je ne suis pas votre épouse, Messire !..." répugnée par son comportement et le fait qu'il n'en fasse aucun cas, jugeant ses propos normaux et même louables.

"Mon épouse, je saurai l'éduquer selon cet élémentaire principe, Mademoiselle."

J'en pouffe. "Vos soirées en deviendront rapidement des plus ennuyeuses, Monsieur."

Il me fixe, crispant les doigts sur son précieux mouchoir, le laissant riper lentement, dévoilant son visage, mâchoire tenue serrée, lèvre supérieure levée sur ses canines découvertes. Le regard darde avec mépris.

"Si chacun de vous en a terminé avec ce qu'il avait à dire, nous pourrions peut-être envisager de nous asseoir autour d'un café ?" propose mon père, notant que la tension va croissante.

Le regard vert-gris bascule sur mon père. "J'apprécie votre tentative d'apaisement mais je n'ai guère le loisir de tels divertissements." passant son chemin dans une envolée de rubans et de tissu composant sa tenue.

"Mais quel... enfoiré, sérieux !"

"Rachel." riant doucement. "Allons. Viens. Nous avons du travail à terminer nous aussi."


Les escapades nocturnes sont sévèrement sanctionnées à Noble Bell College.

La sévérité du Président du Conseil des Étudiants sert à maintenir les étudiants dans une crainte du châtiment et les encourage à marcher droit. Aucune fantaisie n'est tolérée.


"Président ? Ne voulez-vous pas venir avec nous jusqu'à la place du Lys ? Des forains y ont installé un manège et..."

"Avez-vous vraiment du temps à perdre avec de tels amusements, Tristan ?" sévère et plein d'autorité.

Le réprimandé baisse la tête, fixant le bout de ses semelles.

"Ces nomades ne vous enseigneront jamais rien d'autre que la débauche et le relâchement."

"Je vous trouve... bien sévère, Rollo-Kaichō..."

Rollo lève les yeux sur son vice-Président. "N'avez-vous point le prochain Conseil des Étudiants à préparer ?"

"Il me reste quelques points à peaufiner..."

"J'ose espérer que vous vous montrerez à la hauteur de ce qui est attendu de vous." retournant à sa tâche. "A présent, si vous voulez bien..."

Une fois le vice-président hors de portée, Rollo serre en son poing le mouchoir de soie aux motifs astraux. "Vile... femelle ! Comment oses-tu ainsi dévoyer mes camarades ?!"

Il tente de se rassembler mais rien n'y fait !... Il doit se rendre là-bas et veiller au grain - qui serait susceptible de se mélanger à l'ivraie !...

L'idée le révulse. Mais son devoir l'y presse.


Les rires se font entendre de loin ainsi que l'orgue de foire.

Rollo presse le pas ; plus rapidement il sera sur place, plus rapidement les choses rentreront à nouveau dans l'ordre !...

Il est accueilli par Patou - toujours pas tenu en laisse malgré ses recommandations !

Rollo sent une vive colère faire son nid dans son ventre.

Notre manège, il le voue mentalement aux pires flammes de son sort ! Il visualise parfaitement le bois des chevaux se consumer, le brasier ronger la toile du plafond et le manège finir en cendres. Ah !... Quelle jouissive vision !...

Ses pupilles reflètent la démence avec laquelle il s'acharnerait s'il s'en laissait le loisir.

Ses pas le rapprochent de son vice-Président et de l'aide.

"Rollo-Kaichō! Vous avez finalement changé d'avis ?"

"Non, Tristan. Je suis venu vous sommer de regagner Noble Bell College sur-le-champ."

"Mais... Rollo-Kaichō..." incrédule.

"Soyez aimables tous les deux et devenez les parfaits imitateurs des instruments de musique, voulez-vous ?" m'interposant entre eux, tenant le vice-Président et l'aide par l'épaule, fixant Rollo.

Tristan me fixe, perplexe, tout autant que l'aide.

"De la bouche même de votre camarade..."

"Président." rectifie immédiatement le concerné. "Et cela s'adressait aux femmes bavardes. Point aux hommes."

J'élude de la main. "... l'idée y était."

"Silence. Venez avec moi, tous les deux." autoritaire.

"Mais... Rollo-Kaichō..." ébahi.

"Ce lieu suinte la débauche, Tristan ! En tant qu'aîné, mon devoir est de veiller à vos fréquentations."

"Pas du tout intrusif." dis-je.

Son regard vient de glisser furtivement dans mon décolleté que le bustier rehausse en deux formes rondes absolument appétissantes.

Il en revient à mes yeux, trouble au corps. Il n'en fera aucune remarque pour s'éviter d'être pris en faute, pensant que je n'ai pas noté l'endroit de mon corps où vient d'errer son regard !...

Le premier aveu de faiblesse.

Celui-là, qu'est-ce que j'aimerai le foutre au fond de mon pieu et le faire hurler tout son plaisir dans un râle éblouissant de pucelle effarouchée !...

"Rollo-Kaichō, nous ne faisons rien de mal... tout le monde, ici, s'amuse."

"Vous devriez en faire autant." dis-je.

"Vous ai-je accordé droit à la parole ?!" m'assassinant du regard.

Le ton vient de tonner ! Envolé le timbre monocorde de sa voix !...

"Serait-on en train de perdre son flegme ?..." moqueuse, m'en félicitant presque.

"Allez donc vendre vos charmes place des Cordiers ! Vous y serez tout à votre aise avec les femmes de votre genre !..."

Silence. Un ange passe.

Tristan et l'aide se fixent puis dévisagent, incrédules, leur distingué Président.

"Pré... sident ?"

Il s'éclaircit la voix, jurant contre lui-même et maudissant cette parole, bien peu digne de lui, qui vient de lui échapper !...

Je siffle. "Vous me semblez très bien renseigné sur l'endroit, dites-moi, Président. Y auriez-vous quelques habitudes ?"

Il plisse le regard. Mouchoir pour camoufler son mal-être, révulsé.

"Je ne fraye pas avec de si piteux exemples de vertu, Mademoiselle !"

"Oh, quel dommage, Président !... Elles vous auraient sans doute enseigné ce qu'un homme doit savoir."

"Je me voue à un mariage qui saura honorer les fondements mêmes des rôles assignés à un mari et une femme et que me semblent vous être parfaitement inconnus."

"Vous m'êtes... si déplaisant." secouant la tête.

"Gardez-vous de dévoyer le moindre étudiant de notre prestigieux établissement ou il vous en cuira, Mademoiselle !" me fichant de l'index, accusateur et menaçant.


C'est tout juste si Rollo n'a pas fait enfermer à double tours son vice-Président et son aide !

Durant tout le trajet retour, il les a sermonné sur la nuisance que nous autres, forains, représentons.


Rollo joue de la vielle à roue - un instrument très ancien dans la Cité. Il accompagne l'instrument de chants latins.

Cultivé, instruit, Rollo jouit d'une réputation qui va bien au-delà des murs de Noble Bell College.


Je surprends la conversation de plusieurs commerçantes rassemblées au détour d'une ruelle. Les bribes de leur conversation me parviennent : "Ma Aelys épousera sans doute Messire Flamme. C'est un étudiant des plus brillants et qui fera un excellent époux. La situation idéale !..." "Ma chère, il faut vous y prendre tôt ; il terminera ses études dans l'année !..." "Ne vous en faites pas, je m'arrange toujours pour que ce soit Aelys qui le serve lorsqu'il se rend dans notre respectable boulangerie !..."

J'agite la tête sur un soupir.


(*) Harley m'en avait fait la réflexion lors d'un échange à propos de Rook

(**) "Walk through the fire" Buffy the Vampire Slayer - musical