Résumé du dernier chapitre : Tandis que Grimmjow et Neliel franchissent un pas de plus dans leur relation, la bataille contre Séria Alario devient de plus ardue. Rân arrive au bout de ses forces et de sa volonté.

Les autres membres de la Légion Noire continuent également de prendre l'ascendant sur les Shinigamis …

BLEACH — THE DARK AGES

TOME VIII : LIMITS

« Il existe des limites À toutes choses.

Le champ de bataille permet de les vérifier. »

— ZARAKI KENPACHI


Difficile d'énoncer clairement comment les choses évoluaient. Avec un rideau de poussière sans nul autre pareil, le dernier coup lancé par Rân venait indéniablement de provoquer des ravages. Dans le paysage tout du moins. La Reine des Démons, Séria Alario, n'avait peut-être pas été éliminée. À vrai dire, son opposante en doutait même elle-même, malgré toute l'énergie déployée pour faire en sorte que si. Comme un assaut désespéré.

Doucement, les yeux de la Générale se plissèrent. L'impression d'avoir désintégré le sol la recouvrait. En revanche, l'impression d'échec pesait. Peut-être que parce que l'ombre qui se dessinait progressivement à travers les ténèbres l'observait de ses yeux brillants et démoniaques.

Séria Alario n'avait pas bougé de sa position initiale.

Un léger bruit de liquide attira malgré tout l'attention de la légionnaire. Tout ceci devint plus clair, dès lors que son ennemie devint un tantinet plus visible. Du sang coulait de son front, de son bras. La lourde épée de Kokuô Dakuryû avait également été placée comme objet de protection. Au final, on ne pourrait dire que la bleutée s'en soit sortie indemne. Mais quand même …

« — C'est dommage très chère, murmura doucement l'intéressée. Si tu disposais de l'intégralité de tes pouvoirs, de ton énergie … j'aurais pu en souffrir davantage. »

Un rayon sombre frappa, sans prévenir. L'épée de Rân tomba sur le sol, offrant une brève symphonie aigue. Et de nouveau, le même son liquide. En plus important : faiblement, les yeux de la belle Générale se figèrent sur la plaie béante, présent sur son ventre. Doucement, elle sentit la main froide de son ennemie se balader sur sa joue, en jouant avec sa chevelure.

« — Mais je te rassure, susurra la nouvelle Reine. Même avec tous tes pouvoirs, tu n'aurais pas l'ombre d'une chance. »

Un coup de pied en pivot, en plein dans le visage. Rân décolla littéralement, pour s'écraser plusieurs mètres plus loin, laissant une trainée rouge dans son sillage. Ses pensées désordonnées ne lui permettaient pas de formuler quelque chose d'autre qu'un simple râle de douleur, que sa fierté exacerbée continuait d'étouffer du mieux. Plus loin, Séria écarta doucement les bras, la tête baissée.

« — J'écraserai la déesse de la Destruction, j'écraserai l'Enfer. Ce monde appartiendra aux démons dans peu de temps. »

Des secousses violentes. Comme si la terre menaçait de se fendre.

Des éclairs terrifiants. Comme si les cieux menaçaient de se déchirer.

Parce que telle était l'étendue de ce pouvoir. Un pouvoir capable de remuer l'ordre établi. Après tout, il s'agissait-là du concept même de la naissance du Roi Démon. Changer. Changer l'Histoire qui s'écrivait jusqu'alors uniquement entre deux factions ennemies.

Les autres démons ne bougeaient plus. Intimidés ? Captivés ? Peut-être entre les deux. Leur Reine offrait un nouveau spectacle de son pouvoir immense. Ils se plièrent simplement à sa volonté. Un vent violent et ténébreux secoua encore les environs, écrasant une Rân bien démunie à cet instant précis. Mais à vrai dire, cela ne lui importait plus tellement. Ses yeux brillant d'ordinaire d'un orgueil à la limite de l'insolence se vidèrent progressivement de vie. Elle ne regrettait pas.

Il n'y avait rien à regretter. Avoir rejoint la Légion Noire fut une source quotidienne de bonheur. Alors … mourir fièrement pour elle, la jeune femme ne pouvait que le souhaiter. En revanche, son désir de supprimer la peur de sa plus proche camarade s'estompait également. La marche s'avérait trop haute, même pour elle et son ambition démesurée.

Ses paupières se fermèrent doucement, comme un signe de sa résignation.

Pourtant, lorsque l'air devint soudainement plus froid, un titillement dans son cœur la força à rouvrir ses yeux affaiblis.

« — Bogen Eis Ewige ! »

Entourée d'une froide lumière bleue, celle qui occupait justement ses dernières pensées apparut dans les cieux obscurs, en compagnie de son bras-droit. Séria ne leur accorda qu'un regard en coin plus que cynique, quand bien même fonçait vers elle, une gigantesque flèche de glace.

Si les membres de la Légion Noire fleurissaient dans sa direction, ce n'était pas forcément une si mauvaise chose.

CHAPTER 71 : FEARED HEART

Un choc brutal dans les environs, amenant un vent glacial. Ce dernier occasionna une gêne réelle chez les démons du secteur. Zekken en particulier fronça les sourcils devant cette arrivée inopinée de la Valkyrie Brynhild ainsi que de sa seconde, Elyséa. D'un coup d'œil vif, il appela ses congénères.

La dernière venue, en revanche, n'attendait même pas de voir les résultats de son offensive, avant d'apparaître directement auprès de la blessée, une lueur d'inquiétude que peu lui connaissait, gravée sur son visage. Doucement, elle s'accroupit vers son amie.

« — Tu ne devrais … pas te secouer dans tous les sens avec un Völlstandig …

— C'est bien la dernière de mes priorités, souffla la belle Valkyrie. Je suis désolée pour le retard …

— Oh … je pensais que la peur t'aurait même empêchée de venir … »

Un souffle violent. Brynhild utilisa ses ailes immatérielles comme barrière, pour se protéger elle-même ainsi que sa partenaire, de cette vague ténébreuse. Elyséa, à quelques mètres de sa supérieure, affichait une mine plutôt calme, compte-tenu de la situation difficile dans laquelle elles se trouvaient.

« — Tiens, la Valkyrie de Glace. Cela ravive la mémoire de Kokuô Dakuryû. »

Hideyuki Fukusawa — Hyôgen no Waltz

La puissante flèche lancée par Brynhild n'avait pas été capable de geler convenablement Séria. Pas une surprise en soi. Sans doute que l'énergie ténébreuse qui jaillissait continuellement de son corps, faisait-elle office de protection naturelle. Tout comme le reiatsu naturel, à un degré toutefois plus élevé. La Reine des Démons arqua toutefois un sourcil, dès lors qu'une véritable pluie de flèches rougeoyantes s'abattit sur elle. Toutes provenaient de l'arc qu'Elyséa sortit en un éclair. Bien rapidement, des explosions se déclenchèrent, à des échelles toujours plus grandes.

« — Brynhild-sama, Rân-sama, je pense qu'il serait bon que nous quittions les lieux ! »

La jeune femme lança de vifs regards aux alentours : les démons commencèrent à se mouvoir. Naturellement, elle plaça son arc dans leur direction, et leur décocha une nouvelle salve de projectiles. Les explosions en projetèrent un certain nombre quelques mètres plus loin, d'autres trouvaient refuge dans les ombres, tout en poursuivant un assaut qui s'apparentait de plus en plus à une chasse.

« — Oser s'attaquer directement à moi de la sorte … tu ne sembles pas me craindre dans ton cœur, ma petite. »

Bien évidemment, la solide résistance de Séria ne tremblait pas non plus sous les coups de cette belle inconnue. En revanche, hors de question de laisser filer ces trois gamines. Rapidement, se dégageait une aura encore plus grande autour de la monarque, mêlant désir de destruction à une volonté de soumettre quiconque oserait se placer sur sa route.

« — Ranny, tu peux te lever ?

— Pas vraiment, je suis à bout de forces … soupira l'intéressée. Tu devrais vraiment m'abandonner, tu sais … ?

— Imbécile, pourquoi penses-tu que j'ai fait tout ce chemin ?!

— Brynhild … »

Soutenant sa camarade par l'épaule, il devenait plus que difficile d'utiliser son arc pour combattre. La Valkyrie songea rapidement à une solution pour sortir d'un tel traquenard. Rangeant rapidement, son arme, Brynhild décida tout simplement de porter son amie comme une princesse. Déployant ses ailes lumineuses, elle explorait les options.

« — Ely-chan, prenons la voie des airs.

— Entendu. »

Sauf que partir illico-presto ne semblait pas si aisé : un fouet ténébreux jaillit du sol. Rân arqua d'ailleurs un sourcil à cette vue, ayant eu le souvenir d'avoir déjà réduit cet objet en charpie. Mais son utilisateur devait donc être capable de le réparer à volonté. Rien de si extraordinaire, finalement. Le fouet n'atteint toutefois pas sa cible, dès lors qu'Elyséa le repoussa d'une salve de flèches rapides, provoquant d'ailleurs une légère explosion.

Mais un fait s'imposa donc au trio de légionnaires : tous les démons agissaient pour les attraper, et pas uniquement leur arrogante reine. Bazz-B lança ainsi ses récurrentes flammes, que les trois femmes parvinrent à éviter en sautant. La principale ennemie afficha un petit sourire narquois devant cette scène.

« — Essayez, essayez de fuir. Vous débattre ne rendra vos morts que plus satisfaisantes. »

Les démons jaillirent, de toute part. Bloquer les voies célestes et terrestres, tandis que la reine marchait lentement vers ces proies qui tentaient le diable, la mine de plus en plus satisfaite. Les projectiles fusaient, de plus en plus. Rayons obscurs, balayés par la plupart du temps par Elyséa, tandis que Brynhild cherchait surtout à éviter tout impact.

Progressivement, naquit l'hypothèse que seule la mort les attendrait au bout du chemin. Rân plissa doucement les yeux, en se mordillant doucement les lèvres.

« — Brynhild, comment espères-tu seulement … combattre en me portant dans les bras … ?

— Je n'ai juste pas encore trouvé la solution, c'est tout, répliqua son interlocutrice, en disparaissant rapidement, pour éviter le plus de dégâts. »

Les démons ressemblaient à un véritable guêpier. Il y en avait un certain nombre. Difficile de les atteindre s'ils ne se trouvaient pas au sol. Elyséa également, chercha des alternatives. Pour le moment, elle-même se focalisait surtout sur la défense. Mais dans pareille situation, chercher à se défendre ne suffirait certainement pas. Pour rester en vie, il fallait ouvrir une brèche et ensuite d'y engouffrer. Et par conséquent, il fallait également consentir à quelques sacrifices.

Si les démons fantassins eux-mêmes ne représentaient guère un obstacle viable, les plus puissants barraient les lieux stratégiques. Là où ils ralentiraient inévitablement tout passage en force. Sans compter la reine elle-même qui s'invitait progressivement dans la danse, et qui ne tarderait pas à venir elle-même récolter son trophée de guerre.

« — On va tous crever … si tu ne me lâches pas, marmonna faiblement Rân. »

Elle ne reçut aucune réponse. Les dégâts s'accumulaient pourtant sur la Valkyrie de Glace. Un démon à peine humain arriva directement dans le dos des deux femmes, avant de frapper de ses dangereuses griffes.

Il finit instantanément congelé : le Blut Vene de Brynhild fit un effet immédiat.

« — Bande d'imbéciles, grommela Zekken, à quelques mètres. Lancez des attaques à distance. Seule notre Reine peut se permettre d'attaquer frontalement. »

Et pendant ce temps, les multiples flèches tirées par Elyséa explosèrent. Jamais suffisant toutefois pour briser une quelconque ligne dans ce front particulièrement agité. Doucement, Brynhild sentait même son cœur s'emballer. Happé par la peur primaire d'y rester pour de bon. Pouvait-on lui en vouloir pour ça ? En jetant un coup d'œil à Séria, elle parvenait presque à distinguer la créature qui jadis, avait brûlé sa première existence.

Une intense lumière rouge éclaira néanmoins les environs : toutes les flammes générées lors des explosions convergèrent dans une seule direction : le sabre qu'Elyséa venait de dégainer, à la place de son arc. Ne réfléchissant guère plus, et sans tenir compte des remarques de sa supérieure hiérarchique, la jeune femme à la chevelure ardente fonça directement vers une cohorte de démons. Ignorant les dégâts causés par diverses attaques, elle arriva au milieu de ce florilège.

« — Sakuretsu ! »

Dans une spirale rougeoyante d'une ampleur grandissante, une forte explosion désintégra une bonne dizaine de ces monstres, les autres prenant un soin particulier pour éviter pareil destin.

Mais avant même que le trio puisse songer à un départ convenable, les yeux de la moins gradée laissèrent une once de surprise s'y greffer : jaillissant de la poussière et des débris, Jugram Haschwalth frappa de son sabre aiguisé. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Elyséa fut repoussée en direction des deux autres cibles.

L'avantage de voir les cadavres des démons jucher le champ de bataille s'avéra également être une joie de courte durée. Sans réelle explication, ils finirent par se redresser, sous l'air ahuri des trois femmes.

« — Ne soyez donc pas si choquées, ricana la Reine. Mon reiatsu est maintenant capable de ramener mes démons … »

Ils ne semblaient toutefois pas être doués de volonté. Juste des marionnettes qui bougeaient à son gré. Brynhild attrapa la main de sa subordonnée, avant de l'attirer à elle. Tout de suite, elle ne distinguait pas d'autres façons de s'en sortir.

« — Tiens-la.

— Brynhild-sama …

— Restez près de moi. Le plus possible, souffla la Valkyrie. »

Un éclair noir frappa directement. Bien plus puissant que tous les autres rayons lancés jusqu'à présent, il heurta directement la femme aux cheveux cyan, provoquant une inquiétude graduelle chez ses deux partenaires. Mais Brynhild ne tomba pas, en dépit de quelques blessures supplémentaires. Séria arqua légèrement un sourcil, tout en continuant sa marche. Visiblement, le Blut Vene fonctionnait plutôt bien. Un anneau blanc se forma autour de la belle Valkyrie, qui plaça son épée à l'horizontal, juste en face d'elle.

Les soldats démoniaques n'attendirent pas l'ordre de leur monarque pour relancer une grande quantité d'énergie vers les légionnaires. Mais ce comportement prévisible n'impressionna pas plus Brynhild. Il fallait s'en sortir. Même si son cœur battait plus vite que jamais.

« — Hyôgajidai ! »

Sous l'œil indifférent de Séria Alario, une gigantesque et froide colonne de lumière s'éleva jusqu'aux cieux.


Dimension Royale — Ailleurs …

Avant que cette folle synesthésie ne vienne détériorer le paysage, les batailles entre les Shinigamis et la Légion Noire se poursuivaient sur les autres fronts. De grands dragons bleutés explosèrent littéralement, sans réussir à atteindre la cible désirée. Debout et silencieux sur son rocher, Höder lançait un regard hautain sur les deux Shinigamis qui osaient se dresser sur sa route.

À l'aide d'un shunpô, Toshirô apparut directement face à lui. La glace entourant Hyôrinmaru fut directement libérée, en une vaste vague polaire, qui n'inquiéta aucunement le Général de l'Ombre. Et ce, en dépit du fait que les alentours eux-mêmes tournaient au bleu glacé. Hitsugaya constata fort rapidement qu'aucun dégât n'avait été provoqué. Pire encore, son adversaire ne se trouvait aucunement prisonnier de la glace, loin s'en faut.

Toshirô ne l'ignorait pas. Le pouvoir de cet homme agissait réellement comme un rideau de protection, qui rongeait ce qui s'approchait de trop près. En ce sens, lancer des attaques frontales s'avérait extrêmement risqué. Mais les attaques à distance comme les siennes ne fonctionneraient guère beaucoup mieux.

« — Sennen Hyôro ! »

Formés en un éclair, les piliers de glace entourant Höder se refermèrent avec brutalité. Ils furent toutefois tranchés avec une violence encore supérieure, libérant Höder en un rien de temps. Toshirô tiqua à peine. Logique finalement. Affronter cet homme seulement en Shikai ne pouvait que conduire à une déconvenue totale.

Le jeune homme sortit de ses pensées dès lors que le second de son ennemi apparut face à lui : Velgrîn. Celui-ci fit abattre son épée, sans se soucier d'une quelconque éthique. Sans réussir à atteindre sa cible, qui s'échappa en un nouveau shunpô.

« — Bankai, marmonna une voix, un petit peu plus loin. Kamishini no Yari. »

Privé d'une plus grande mobilité, Ichimaru Gin préférait se contenter d'assauts à plus longue distance. Une stratégie qui pourrait s'apparenter à une forme de lâcheté, mais comment en vouloir à l'albinos ? Le chemin le plus court pour gagner, voilà la façon de s'en sortir.

Sa lame lumineuse fusa à toute allure, avant d'être bloquée par celle de sa proie. Repoussé par la violence de l'impact, Velgrîn parvint toutefois à s'en dépêtre, pour relancer une autre attaque.

« — Hé bah. Ça s'annonce pas joyeux tout ça. »

Gin et son légendaire sens des convenances l'ennuyait grandement. Mais Toshirô ne comptait pas rester à écouter ses divagations dans une situation aussi urgente. Ayant pris suffisamment d'altitude dans ses derniers mouvements pour disposer d'une vue d'ensemble sur le champ de bataille, le petit génie souleva son Zanpakutô. Inutile de faire durer plus longtemps un combat inégal.

« — Bankai ! »

Des flocons de neige, de plus en plus nombreux, tombaient et refroidissaient le champ de bataille. Höder plissa à peine ses yeux, en constatant la métamorphose au niveau du reiatsu. Une bourrasque froide prit même place, et mit un terme à l'assaut prévu par Velgrîn, tandis que le petit capitaine se posa brutalement sur le sol.

« — Daiguren Hyôrinmaru ! »

Voici donc les deux Shinigamis et leurs Bankai. Le Général en face prit le temps de détailler doucement d'éventuels changements intéressants, sans laisser paraître quoi que ce soit extérieurement. Dans cette situation, le véritable affrontement pouvait enfin commencer. Bien rapidement, Hitsugaya fut le premier à porter l'estocade : son épée se leva, et ce mouvement fut accompagné d'un vent glacial, lequel s'abattit en direction des deux légionnaires. Si Velgrîn parut plutôt gêné, et recula légèrement, son supérieur resta de marbre.

« — Tu ne pourras pas m'atteindre avec de si piètres coups, souffla-t-il, les yeux plissés. »

Pour la première fois depuis le début de ce court affrontement, le Général se lança dans un assaut frontal. Évidemment, compte-tenu de son dangereux pouvoir, y répondre naturellement paraissait idiot. Les pupilles turquoise du capitaine laissèrent planer une once de doute, avant qu'il ne décide de soulever son épée. Non pas pour tester sa résistance contre celle de l'adversaire, mais plutôt pour soulever de lourds blocs de glace. Faire barrage avec ne serait probablement qu'un gain de temps dérisoire, mais chaque élément pouvait —et devait— être utilisé sciemment, au cours d'un tel affrontement.

Höder brisa les obstacles, avant de trancher brutalement l'air en direction de son petit adversaire, lequel s'envola à l'aide de ses grandes ailes. Pas de dégât pour cette fois-ci, mais un seul coup pourrait bien suffire pour mettre un terme au suspens.

Placé plus en retrait, Gin affichait son expression espiègle habituelle. Laisser le Capitaine Hitsugaya se charger seul du Général serait probablement un bien mauvais présent, mais il fallait aussi se débarrasser du bras-droit ennemi pour avoir le champ libre. Son Bankai se déclencha une nouvelle fois, pour repousser encore à quelques mètres l'intéressé, qui ne resta toutefois pas emporté éternellement. Bien au contraire, il disparut en un éclair, avant de réapparaître juste à côté de l'albinos. La dangereuse lame manqua d'ailleurs la cible de très peu.

Gin répliqua avec énergie, et son Zanpakutô rétractile était idéal dans ce cas de figure.

« — Oh, tu penses donc que pour échapper à Kamishini no Yari il faudrait sans cesse avancer, hein ?

— Cela me paraît logique, affirma l'intéressé, sans détour. »

Ses déplacements rapides et incisifs témoignaient à eux seuls de sa volonté d'en finir rapidement. Mais un adversaire du calibre d'Ichimaru Gin ne pouvait pas être pris à la légère. Et toute sa concentration devait être employée à cette unique tâche. En ce sens, peu importe les immenses variations de reiatsu plus loin, dans le secteur de la Générale Rân. La mission consistait à protéger l'empire en éliminant les Shinigamis.

Le légionnaire fit un nouveau pas sur le côté, pour éviter l'extension du Bankai adverse. De ce fait, il s'ouvrit surtout un bel angle d'attaque, quand bien même Kamishini no Yari disposait de la capacité impressionnante de revenir à sa position initiale en un clin d'œil. Velgrîn ne parvint toutefois pas à atteindre directement son opposant : et pour cause, de sa main libre, Gin déploya une large quantité d'énergie bleutée. Un Sôren Sokatsui.

« — Et oui je maîtrise aussi le kidô. C'est embêtant, tu ne trouves pas ? Même si bouger mes jambes est devenu un peu … robotique, j'ai toujours deux mains. »

Pas de doute, cet homme pourrait pratiquement utiliser sa voix comme arme. Quelques traces de sang coulèrent depuis les poignets de son assaillant, qui avait réussi à parer l'attaque à bout portante, au prix d'un beau mouvement de recul et à quelques centilitres d'hémoglobine. Pas de quoi en faire tout un plat non plus. Le légionnaire à la chevelure immaculée se remit en position, et l'instant d'après, son épée trancha l'air. Juste devant son adversaire.

« — … Et je maîtrise quand même encore un peu le shunpô, lança-t-il, sarcastique. »

Dans un nouvel éclat de lumière, Kamishini no Yari frappa. Et cette fois-ci encore, Velgrîn recula sur plusieurs mètres. Gin retira fort rapidement son épée … avant d'enchaîner avec le même mouvement, encore et encore, comme s'il mitraillait littéralement sa cible.

« — Kamishini no Yari : Dokuyaku. »

Une substance blanchâtre ? Sur le sol, l'effet ressemblait à mélange entre acide et poison. Mieux valait ne pas être touché par cette dangereuse technique.

« — J'ai déjà mangé une petite souris parmi vous, lâcha l'excentrique Shinigami. Alors je vais aussi te poser la question : sais-tu combien de temps une souris met avant de périr des crocs d'un serpent ? »


Ailleurs …

Kohta Yamamoto — Attack Until We Are Ashes

À des kilomètres de là, une bataille d'une intensité comparable battait son plein. Poussant un nouvel hurlement de rage, Kenpachi Zaraki s'élança dans les cieux, avant de faire abattre de ses deux mains, une onde d'énergie jaune surpuissante.

Interrompue pendant quelques secondes à cause de ce pouvoir déchainé à l'horizon, la lutte reprenait par les soins d'un Zaraki décidé à en découdre. Il ne se préoccupait pour l'heure que peu de ce qui se produisait au loin, décrétant que Gunther devait d'abord être vaincu comme il se le fallait avant de passer à une autre cible. Pas de travail à moitié fait. Ou plutôt, de combat à moitié mené.

Durant ce temps de flottement, le Général paraissait quelque peu songeur, soucieux. De furtifs regards adressés à cet horizon incertain et obstrué par le Senkei de Kuchiki Byakuya. Remplis de questionnements tendant vers l'inquiétude. Mais lui-même devait accomplir son devoir. Lui-même devait réussir à stopper l'avancée ennemie, et seulement après, pourrait envisager de prêter main forte à sa camarade en péril. Pour l'heure, il dévia simplement le coup tenté par Kenpachi et s'élança dans sa direction.

En un éclair, le géant s'écrasa lourdement sur le sol, soulevant dans l'impact un épais voile de poussière, dont Gunther ne se préoccupa pas beaucoup plus longtemps : arrivant comme une ombre dans son dos, Byakuya fit abattre l'une des nombreuses lames blanches qui dansaient autour du champ de bataille. L'épée immatérielle ne fut cependant pas suffisante pour briser la garde adverse : au contraire, le noble finit par se faire expédier de l'autre côté.

Gunther ne patienta toutefois pas plus longtemps et fonça de nouveau. Un coup de pied puissant heurta Byakuya, directement au niveau de sa hanche. Le Capitaine finit comme son homologue et chuta lourdement au sol. Reprenant difficilement ses esprits, le froid Shinigami ne put que constater une chose : Zaraki Kenpachi préparait un nouvel assaut.

Enfin … « préparer » serait sûrement un trop grand mot. Il levait simplement Nozarashi en poussant un grognement bestial, avant de s'élancer une énième fois sans stratégie préalable. Tant pis pour cet idiot. Byakuya ne comptait pas éternellement lui sauver la mise.

Le puissant capitaine fit abattre son lourd Zanpakutô, sans ménagement. D'un mouvement rapide sur le côté, Gunther y échappa sans grand problème, avant de faire abattre sa propre lame : touché. Kenpachi s'écrasa de nouveau, non loin de son partenaire forcé, en rouspétant contre on ne sait quoi, sous l'œil ennuyé du Kuchiki. Celui-ci tâcha néanmoins de ne pas perdre de vue l'objectif de cet affrontement.

« — Senkei Senbonzakura Kageyoshi : Kashôku Densen. »

Des grilles de lumières.

Dans la configuration même des lieux, difficile d'imaginer un quelconque lieu où se cacher. Bien vite, Gunther se rendit compte qu'il ne disposait pas de la moindre échappatoire. Son épée émit pourtant une forte lumière.

« — Yaikan. »

Une brèche ? Les yeux de Byakuya se plissèrent. À quelques centimètres de lui, le sol se fissura. Tout comme là-haut, dans cette prison lumineuse et tranchante qu'il avait mise au point. Gunther fila entre les mailles du filet.

Pour l'heure, le premier objectif qui s'imposait aux yeux gris du noble résidait dans le fait de le blesser sérieusement. Il ne pouvait pas décemment imaginer qu'aucun dégât ne puisse l'atteindre.

« — HYAA ! »

Byakuya réprima un soupir d'agacement. De nouveau, l'homme qui utilisait Nozarashi fonça sans réfléchir, pour échanger quelques brefs coups avec le légionnaire, sans jamais réellement prendre l'avantage. Et encore une fois, au bout de quelques instants, Kenpachi recula et finit projeté plus loin. Son sang coulait, dans les alentours. Pire encore, il semblait réellement perdre de l'énergie dans toutes ces idioties.

« — Vos tentatives sont vaines, affirma leur adversaire, en avançant dans leur direction. Je ne peux pas perdre plus de temps ici.

— Tu présumes beaucoup, articula le Capitaine de la Sixième Division. Cette bataille est encore loin d'avoir rendu son verdict. Ikka Senjinka. »

Toutes les épées qui tournoyaient silencieusement dans les environs émirent une lueur plus importante, sous l'œil méfiant du Général de Sakae. Le mouvement de main de Byakuya fut le signal qui leur ordonna de toutes se diriger comme une seule lame vers l'ennemi. Rapidement, Gunther enfonça son sabre dans le sol, générant immédiatement une forte dose d'énergie. Une énergie qui s'avéra pourtant insuffisante pour contrer la véritable déferlante blanche.

Une puissante explosion illumina les environs, faisant voler dans tous les sens les vêtements hauts de gamme portés par un Byakuya toujours de marbre. Pour son coéquipier, il s'agissait également du moment pour tester la résistance de cet homme. Usant de nouveau de son redoutable kendo, Kenpachi déclencha une gigantesque colonne jaune, qui fusait à toute allure vers le lieu même où Gunther subissait déjà l'Ikka Senjinka.

Tout ceci ne fit que renforcer l'impact. Le sol lui-même vibrait avec une intensité non-négligeable.

« — Je constate que tu commencerais à agir avec un minimum de logique, déclara platement Byakuya, sans détacher son regard de la fumée.

— Tch. Tu croyais que j'allais te dire quoi, là ? répliqua son interlocuteur, en plaçant négligemment Nozarashi dans son dos. »

La conversation tourna court. Les deux puissants capitaines se concentrèrent bien vite sur l'ennemi, qui réapparaissait à travers le voile opaque. Des traces de sang empourprèrent le sol et son corps lui-même. Pourtant, rien d'extravagant, quand bien même cet homme avait subi de plein fouet l'Ikka Senjinka ainsi qu'un coup de kendo de Zaraki Kenpachi. Juste du sang et des égratignures. Rien de grave. Doucement, Byakuya Kuchiki commençait à perdre son sang-froid. Comment cet homme pouvait-il se tenir ainsi face à eux ? Sa cape se révélait finalement comme la seule partie de son être ayant vraiment subi le plus de dégâts.

« — Vous êtes pleins de ressources, articula le brun, en plissant son regard. Mais ça n'est toujours pas suffisant … »

Brynhild venait d'arriver sur l'autre champ de bataille. Ne craignait-elle pas les démons plus que toute autre chose ?

Gunther ferma un instant les paupières. Il fallait véritablement mettre un terme à cette bataille, sans plus tarder. Pour l'heure, celui qui posait le plus de problèmes s'avérait être —très nettement— Kuchiki Byakuya. Mais cette vérité pourrait bien devenir caduque s'il ne faisait pas attention. Alors …

« — Yaikan. »

… Son épée se souleva une nouvelle fois. Avec une rapidité impressionnante. Ce qui fut encore plus rapide ? Le trou béant, dans le ventre de Kenpachi Zaraki. À tel point que ni lui, ni Byakuya Kuchiki, ne parvinrent réellement à comprendre. Pourtant, instinctivement, Nozarashi avait été placé. Problème ? Lui aussi, portait ce trou béant.

« — Je ne peux pas perdre plus de temps, annonça Gunther, en s'élançant cette fois-ci, vers le dernier des deux Shinigamis encore debout. »

NEXT CHAPTER : NOT STRONG ENOUGH

Les coulisses du Chapitre — « Une grande star bientôt au cinéma »

Byakuya Kuchiki (costume noir + lunettes de soleil) : Bientôt au cinéma, le noble Capitaine de la Sixième Division fera une démonstration de son jeu d'acteur.

Rukia Kuchiki (yeux pétillants) : Nii-sama dégage tellement de charisme !

Byakuya Kuchiki (cheveux flottant dans le vent) : Il sera encore plus beau sur grand-écran.

Ichigo Kurosaki : Pourquoi c'est lui qui a été choisi pour jouer dans un film et pas moi ? C'est qui le personnage principal, lui ou moi ?! Faut décider, hein.

Rukia Kuchiki : Sois pas jaloux, Ichigo. Ton tour viendra.

Ichigo Kurosaki : Pourquoi je serais jaloux de celui qui m'a volé la vedette ?

Byakuya Kuchiki : Tu as beaucoup de choses à apprendre, Kurosaki Ichigo. Maintenant, je m'excuse, mais j'ai rendez-vous avec les autres acteurs du film dans lequel tu ne vas pas participer.

Ichigo Kurosaki : Pourquoi ton film va être diffusé à Karakura, hein ? Tu peux pas garder cette merde à la Soul Society ?

Byakuya disparaît.

Ichigo Kurosaki : Qu'il crève ! Je vais rentrer chez moi et lire le prochain chapitre, Not Strong Enough.

Ichigo part. Il se retrouve dans la ville … Ichigo marche et patiente près d'un arrêt de bus.

Un civil : Oh, regarde, il y a le film Byakuya Kuchiki, qui est à l'affiche !

Ichigo Kurosaki :

Un autre civil : Avec l'acteur Byakuya Kuchiki ? Ce gars c'est un bon, on va le voir ce week-end ?

L'autre civil : Quand tu veux !

Ichigo Kurosaki :

L'autre civil (pas le même mais celui d'avant) : Il paraît que Byakuya Kuchiki est le meilleur acteur du monde.

L'autre civil (vous avez compris) : En même temps, y'a pas tellement de concurrence.

Ichigo Kurosaki (toussote) : Ah, les gars. Je suis désolé, mais vous n'avez jamais entendu parler de Kurosaki Ichigo ? C'est un peu la star montante du cinéma et tout, Byakuya Kuchiki ne sera qu'un lointain passé bientôt.

Le civil 1 : Kurosaki Ichigo ? Tu connais ?

Le civil 2 : Nan, jamais entendu parler.

Ichigo Kurosaki : ...

Plus tard …

Ichigo Kurosaki : Bonjour madame, auriez-vous une baguette s'il vous plaît ?

La boulangère : Oh, bonjour jeune homme ! Comme ce week-end, le célèbre film Byakuya Kuchiki va passer dans notre cinéma, il y a même une réduction sur nos baguettes !

Ichigo Kurosaki : Ahh … ce film, hein … ? J'ai vu un peu le casting, et je me méfierais à votre place. Je trouve que Byakuya Kuchiki n'est franchement top comme acteur et …

La boulangère : Vous plaisantez mon garçon ?! Byakuya Kuchiki est l'incarnation même de la classe !

Ichigo Kurosaki (nerveux) : Mouais, moyen. Je ne suis pas hyper convaincu.

La boulangère : Laissez-moi vous dire que sa voix à elle seule suffit à transmettre des tas de messages, comme la douce mélodie d'un matin sans nuage.

Ichigo Kurosaki :

La boulangère : Et ses yeux ! Ce regard ! Cette prestance !

Ichigo Kurosaki (prend la baguette) : Gardez la monnaie.

Plus tard …

Ichigo Kurosaki : D'où Byakuya c'est une star à Karakura ?! Ça n'a aucun sens !

Ulquiorra Schiffer : Moi je ne me trompe jamais de sens.

Ichigo Kurosaki : Ta gueule ! Tu fous quoi ici ?!

Ulquiorra Schiffer : Je vais chercher Orihime pour que nous partions tous les deux en vacances.

Ichigo Kurosaki : Inoue est déjà en vacances !

Ulquiorra Schiffer : Dans ce cas j'attendrais son retour. Comme toi tu attends d'être pris dans un film.

Ichigo Kurosaki : Getsuga …

Un camion renverse Ichigo.

Le mec qui conduisait : Oh merde ! Ça va petit ?! J'écoutais les infos et j'étais trop heureux de savoir que Byakuya Kuchiki passait ce week-end, alors j'ai perdu la route de vue, tu m'excuseras ?

Une colonne de lumière.

Ichigo Kurosaki : Je vais tuer Byakuya. Je vais tuer BYAKUYA !

Ulquiorra Schiffer : C'est pas bien d'être jaloux.

Grimmjow Jaggerjack (sort de nulle part) : HA ! Kurosaki ! Elle est où ta copine rouquine qui gueule toujours ''Kurosaki-kun !'' ?!

Ulquiorra Schiffer (étrangle Grimmjow en lui lançant un regard de psychopathe) : Orihime n'est pas sa ''copine''. Redis ça et je te tue toi et ta famille.

Ichigo quitte les lieux … avant d'être attrapé par l'épaule.

Ichigo Kurosaki : Quoi encore ?!

Renji Abarai : Hey Ichigo, viens on va voir le film sur mon capitaine ?!

Ichigo Kurosaki : Fous-moi la paix et laisse-moi tranquille !

Renji Abarai : Pourquoi t'es pas content Ichigo ? T'es fâché ? Mais j'suis ton pote, nan ?

Ichigo Kurosaki : Ouais, super. T'es mon pote mais tu penses pas que je devrais remplacer Byakuya, hein ? Donc t'es pas mon pote.

Renji Abarai : Mais Ichigo, attends ! On peut pas nier que le Capitaine a un talent d'acteur que t'auras jamais en mille ans d'apprentissage !

Ichigo Kurosaki : Quoi ?!

Renji Abarai : J'veux dire, t'es nul toi en comédie et le capitaine Kuchiki en revanche, on sent qu'il a du métier, lui !

Ichigo Kurosaki : Mais je vais te …

Ichigo est transpercé !

Ulquiorra Schiffer (yeux rouges) : Orihime est à moi !

Plus tard …

Le réalisateur : Nous avons trouvé un meilleur acteur pour interpréter le rôle de Byakuya Kuchiki. Merci de votre compréhension.

Byakuya Kuchiki (gros yeux) : Pardon ?

Plus loin, le capitaine Unohana fait un large sourire.

Unohana Retsu : Disperse-toi, Senbonzakura.