Disclaimer : Cet univers appartient à J.K. Rowling. Je ne possède aucun droit sur les personnages, les lieux ou les événements de la saga Harry Potter. Il s'agit d'une fiction à but non lucratif, écrite par pur amour du récit, des émotions et des "et si…".
Note de l'auteur : Merci de lire I'll Be Good, une fanfiction longue, réaliste, et profondément émotionnelle, centrée sur l'évolution de Draco et Harry dans un univers alternatif sans magie, mais hanté par l'héritage d'un passé lourd.
Ce projet m'a accompagné longtemps, et je vous invite à entrer dans une histoire de reconstruction, de liens profonds, de colère, d'amour et de vérité.
Bonne lecture
Prologue – La prise de décision de Draco
Manoir Malfoy — 1993
Dans le vaste manoir des Malfoy, l'atmosphère était lourde, presque étouffante. Les pierres froides résonnaient des échos d'angoisse qui s'infiltraient dans chaque pièce, ponctuées seulement par le tic-tac régulier d'une pendule ancienne. Draco se tenait immobile dans la bibliothèque, seul, le regard perdu dans les pages d'un livre qu'il n'avait nullement l'intention de lire. Les mots de Dobby résonnaient encore en lui, l'annonce brutale de la mort de Severus Snape l'étreignant comme une chape de plomb. Son absence l'écrasait déjà, bien que Draco ne parvienne pas encore à saisir pleinement l'ampleur de sa perte.
Dobby, d'habitude impassible, lui avait simplement annoncé la nouvelle, mais ses yeux avaient trahi une douleur sincère, rompant l'habituelle hiérarchie. Severus était le seul homme qui avait véritablement pris soin de lui, son protecteur discret dans ce monde glacial.
— Maître Draco, avait murmuré Dobby d'une voix grave, j'ai des nouvelles concernant M. Snape.
Le cœur de Draco s'accéléra imperceptiblement. La légère émotion contenue dans sa voix avait suffi à Draco pour comprendre la gravité de la situation. Pourtant, la douleur ne venait que lentement. Un vide profond envahissait sa poitrine alors qu'il essayait d'assimiler la perte de Severus, son parrain, son mentor, celui qui avait été comme un père pour lui. Cette réalité, il n'était pas prêt à l'affronter pleinement.
Après un silence pesant, Draco se leva brusquement, étouffé par la sensation d'oppression. Ses mains tremblaient légèrement lorsqu'il referma le livre avec force. Il savait ce qu'il devait faire. Il ne pouvait rester dans ce manoir, sous ce toit étouffant. Il irait à la maison des Black. Ce lieu, si souvent mentionné par Severus, représentait pour Draco à la fois un refuge et un rappel douloureux des chaînes familiales qu'il souhaitait briser.
La maison des Black, où il était souvent allé avec Severus, avait été leur lieu secret, un endroit où son parrain lui enseignait patiemment une autre vision du monde. Il y avait laissé des fragments précieux de son enfance : sa peluche dragon préférée, des dessins réalisés pour exprimer des sentiments qu'il ne pouvait nommer, et un dessin particulier pour un garçon inconnu nommé Harry. Draco se souvenait de l'émotion étrange qu'il avait ressentie en offrant cette peluche et ce dessin à ce garçon dont Severus lui avait parlé, un enfant qui, comme lui, n'avait jamais connu le bonheur. Il ne savait pas pourquoi ce souvenir revenait avec une telle intensité aujourd'hui, accompagné du souvenir réconfortant d'une rare main posée sur son épaule par Severus.
Lorsqu'il pénétra dans la vieille maison, l'odeur familière de bois ancien et de poussière réveilla immédiatement une vague d'émotion nostalgique qui le submergea. Mais très vite, la douleur céda la place à une colère explosive. Dans un accès de rage incontrôlée, il renversa des meubles, brisa des objets, faisant tomber au sol un vieux jouet qu'il reconnut à peine. Il tenta d'effacer par la force toute trace de son passé oppressant. C'était son cri muet, une tentative désespérée pour briser enfin les chaînes du nom Malfoy.
Une voix calme mais ferme interrompit soudain sa fureur :
— Tu penses que ça va t'aider à oublier ce que tu viens de perdre ?
Draco se retourna brusquement, prêt à affronter l'intrus. Un homme se tenait là, dans l'ombre, imposant malgré son apparence usée par le temps.
— Qui êtes-vous ? demanda Draco, les poings serrés.
L'homme répondit après un silence, avec une voix grave, empreinte de douleur mais aussi d'autorité :
— Je suis Patmol.
Ce nom éveilla chez Draco un souvenir lointain. Severus l'avait mentionné à plusieurs reprises, lui expliquant qu'il tentait de libérer un ami surnommé ainsi, injustement emprisonné. Draco le fixa, confus mais intrigué.
— Snape est mort, reprit Patmol d'une voix chargée d'émotion contenue.
Ces mots résonnèrent brutalement dans l'esprit de Draco, le frappant de plein fouet. Severus, son unique pilier, n'était plus là. Observant son trouble, Patmol ajouta doucement :
— Je sais que tu ne comprends pas encore pleinement. Mais Severus t'aimait comme son propre fils, il a tout fait pour te protéger, même en sacrifiant sa sécurité pour celle des autres.
Sous le poids écrasant de ces révélations, Draco attrapa fébrilement un crayon et se mit à dessiner Severus, trouvant dans ce geste familier son unique moyen d'affronter la réalité. Sans réfléchir, il reproduisit instinctivement le froncement de sourcils caractéristique de son parrain, détail qui lui était particulièrement cher. Une fois terminé, il tendit le dessin à Patmol sans un mot.
Patmol observa le dessin avec émotion, retenant brièvement sa respiration, ses doigts tremblant légèrement, ses yeux brillant d'une lueur humide. Il ne dit rien, mais son regard témoignait de sa compréhension profonde de la douleur du jeune garçon.
— Ce dessin est précieux, Draco, murmura-t-il enfin. Tes choix, à partir de maintenant, détermineront ce que tu deviendras. Ne l'oublie jamais.
Ébranlé mais résolu, Draco quitta la maison des Black. Lorsqu'il revint au manoir Malfoy, l'atmosphère oppressante sembla plus lourde encore. Narcissa déambulait dans le salon, ses pas irréguliers résonnant sur le marbre froid. Elle s'arrêta brusquement, prise d'une confusion intense, les cheveux blonds autrefois impeccables maintenant défaits, et son regard absent fixait un point inexistant sur le mur. Elle marmonnait des paroles incohérentes, noyée dans une folie douce qui semblait chaque jour un peu plus profonde.
— Je vais chercher le fusil de ton père, murmurait-elle dans un rire amer. Tout sera vite réglé !
Draco observa cette scène avec une lassitude glaciale. Sa mère ne voyait plus en lui qu'un reflet de son propre chaos. Il détourna finalement les yeux, incapable de supporter plus longtemps cette mascarade.
L'apparition silencieuse de Dobby interrompit ses pensées tourmentées.
— Vous êtes de retour, Maître Draco, murmura-t-il avec une douceur inhabituelle.
— Severus est mort, répondit Draco d'une voix froide mais déterminée.
Dobby hocha silencieusement la tête, exprimant ainsi toute la compassion qu'il ne pouvait formuler autrement. Draco croisa son regard avec une gratitude silencieuse.
— Prépare mes affaires, reprit Draco avec assurance. Ce soir, je vais voir mon père. Demain, je pars.
Le majordome hocha tristement la tête, comprenant que ce moment marquait la fin d'une époque.
— J'espère que ce n'est qu'un au revoir, Maître Draco.
— Ce n'est qu'un au revoir, confirma Draco avec une détermination glacée, quittant la pièce d'un pas décidé, laissant derrière lui l'écho du tic-tac de la pendule s'estomper peu à peu.
Il n'était plus l'enfant fragile qu'il avait été autrefois. Désormais, Draco Malfoy était prêt à affronter son destin, loin des chaînes invisibles de son héritage.
