Epilogue – Et après ?
La terrasse était battue par le vent d'automne. Une maison sobre, près des falaises, loin du tumulte de la ville. Prêtée par Sirius, ou peut-être simplement trouvée par hasard, elle était devenue, pour un temps, un abri.
Draco, les jambes croisées sur une chaise en bois, observait l'horizon. Une tasse entre les mains, le regard perdu dans la mer. Le ciel était lourd, mais pas menaçant. Juste immense.
Harry sortit de la maison avec une couverture sur lépaule et deux verres fumants. Il s'installa à côté, silencieux. Le bois craqua sous son poids.
Ils restèrent là quelques secondes, sans parler. Puis Draco dit :
— C'est presque trop calme, tu ne trouves pas ?
Harry esquissa un sourire. — Tu veux qu'on séduise une tempête pour se sentir à nouveau utiles ?
Draco ne répondit pas. Il se contenta de tourner la tête vers lui.
Il y avait dans ses yeux quelque chose de neuf. Pas l'innocence. Mais peut-être une paix qui ne demandait plus à se battre.
Harry tendit la couverture, la posa sur leurs épaules. Leurs mains se frôlèrent. Aucune ne recula.
Draco resta silencieux un moment, les yeux toujours tournés vers la mer. Puis, sans vraiment bouger, il souffla :
— Hermione a laissé une chaise vide.
Harry tourna la tête vers lui. Draco ajouta :
— Quand elle a fondé la cellule de veille. Pansy, Ginny, Blaise... ils y sont tous. Moi, jamais. Mais chaque semaine, cette chaise est restée vide. Même quand elle savait que je ne viendrais pas.
Il ne dit pas merci. Mais il le pensait.
Harry ne dit rien non plus. Il hocha simplement la tête, comme pour honorer le geste en silence.
Draco rompit le silence une nouvelle fois.
— Ron m'a serré la main.
Harry haussa un sourcil, presque amusé. Draco précisa :
— Pas un discours. Pas une leçon. Juste... une main. Comme si ça suffisait.
Harry murmura :
— Parfois, ça suffit.
Ils échangèrent un regard. Pas pour valider quoi que ce soit. Juste pour s'assurer qu'ils parlaient bien de la même chose.
Sur la terrasse, le vent soufflait plus fort, mais ni l'un ni l'autre ne semblaient vouloir rentrer.
Harry porta sa tasse à ses lèvres, observa la mer un instant, puis dit doucement :
— Tu crois qu'on aurait tenu sans eux ?
Draco resta silencieux quelques secondes. Il suivit le vol d'un goéland, les paupières mi-closes.
— Non. Mais je crois que c'est la première fois que je respire sans attendre que quelque chose s'effondre. C'est nouveau. Et ça tient.
Harry le regarda longuement. Il aurait pu dire quelque chose de profond, ou de drôle, ou même de maladroit. Mais il se contenta de poser sa main contre celle de Draco, qui reposait sur la rambarde.
Draco la retourna, entrelaça leurs doigts.
Une lettre était posée à côté d'eux. Froissée, ouverte.
C'était McGonagall qui la leur avait transmise. Une lettre de Dumbledore, écrite bien avant. Il ne s'y adressait à personne en particulier. Ou à tout le monde.
"Ce n'est pas la vérité qui nous libère, mais le courage de la dire."
Harry la relut une dernière fois. Il la reposa, puis posa sa tête contre l'épaule de Draco. Celui-ci ne bougea pas.
Ils restèrent là, les doigts entrelacés, les têtes légèrement penchées l'une vers l'autre. Aucun mot de plus. Aucun projet défini.
Ils ne savaient pas encore ce que demain contiendrait. Mais ils n'en avaient plus peur.
Ce soir, aucun d'eux ne pensait au passé. Et c'était déjà immense.
END
Note de l'auteur : Merci, du fond du cœur, d'avoir suiviEpilogue – Et après ? cette histoire jusqu'au bout. I'll Be Good n'est pas seulement une romance — c'est un voyage intérieur. Une lente déconstruction. Une réinvention de la tendresse après la violence.
Merci aux lecteurs patients, à ceux qui aiment les silences pleins, les gestes minuscules qui disent tout.
Et si cette fin vous a touché, n'hésitez pas à laisser un mot. Je vous lis toujours avec émotion 3
