Auteur : Mangafana

Titre : Un dîner en famille

Cette fic est la suite de mon histoire "la cérémonie" mais elle peut-être lue indépendamment.

Cette histoire parle de la rencontre entre Harry et Sherlock et surtout, de moments de vie entre notre couple Harry/Mycroft.


Mycroft se tenait devant le canapé sur lequel son frère était vautré.

Celui-ci, encore en pyjama et robe de chambre, ne l'avait pas regardé une seule fois depuis qu'il était entré, le faisant bouillir intérieurement face à cette impolitesse.

Au contraire, son colocataire et ami, le Docteur John Watson, s'était levé à son arrivé, lui avait serré la main et lui avait proposé un thé avant de s'installer sur son fauteuil tourné vers eux afin d'admirer la scène.

-Sherlock William Holmes, pour l'amour du ciel, regarde-moi quand je te parle. Je ne t'ai pas élevé comme ça. Et je suis venu pour te parler d'une affaire sérieuse ! Tu pourrais au moins m'écouter.

-Mycroft, tes affaires d'état ne m'intéressent pas. Tu es aussi doué que moi et tu pourrais résoudre cette histoire en même pas une heure. Tu ne me «donne» cette affaire que pour me tenir occupé. Et merci mais je n'ai aucune envie de voir ton nez proéminent et ton embonpoint dans mon appartement, étant donné que tu m'imposes ta présence.

Au moment où il allait répondre, Mycroft se tourna vers le docteur Watson qui gloussait et disait :

-Tu exagères, Sherlock, ton frère n'a pas d'embonpoint.

Mycroft était un peu vexé. Et son nez, alors ? Pourquoi Watson n'avait pas démenti aussi pour son nez ?

Sherlock gloussa aux paroles de son ami et dit :

-Pitié, je le connais depuis que je suis né et Mycroft a toujours eu tendance à l'obésité.

-Oui mais là, vraiment, d'avis de médecin, ce n'est pas le cas. Tu devrais revoir tes standards à la baisse, Sherlock. Ce n'est pas parce que tu es squelettique et que tu ne manges jamais que les gens qui s'alimentent sont obèses.

Sherlock commença alors à se relever pour regarder John et son frère :

-John, je connais parfaitement les normes britanniques et je sais que mon frère est ... Ah ! S'exclama Sherlock en regardant son frère.

Il se redressa alors totalement et dit, stupéfait :

-Mais ... tu as maigri.

-Qu'est-ce que tu racontes ? S'étonna John. Il a toujours eu cette morphologie.

-La dernière fois que je l'ai vu, cela fait 5 ans, je crois, il n'était pas du tout comme ça.

-Tu es en train de dire que tu n'as pas vu ton frère depuis 5 ans ? Je le vois quasiment tous les mois depuis 2 ans !

-C'est justement parce que tu le vois et que tu lui donnes de mes nouvelles que je n'ai pas besoin de le voir, merci beaucoup.

-Oui, et comme il refuse même mes appels, cela faisait aussi 5 ans qu'il n'avait pas entendu ma voix. Compléta Mycroft pour John.

-Tu es en couple ?! S'étonna Sherlock, outré de ne le découvrir que maintenant.

-C'est vrai ? demanda John, tout aussi surpris.

-Et bien oui, je suis en couple avec la même personne depuis 5 ans.

-Tu veux dire qu'une femme réussie à te supporter depuis 5 ans ?

Mycroft leva les yeux au ciel et dit :

-Si tu veux tout savoir, effectivement, Harry arrive parfaitement à me « supporter » depuis 5 ans, maintenant. 5 ans de bonheur ensemble.

-Harry ?! S'étrangla à moitié Sherlock.

Du coin de l'œil, les deux colocataires se regardèrent et s'interrogèrent mutuellement. Harry ? Est-ce que la sœur de John était avec Mycroft ? Cela serait improbable, ils savaient tous les deux qu'elle était lesbienne.

-Oui, Harry. Déclara Mycroft avec impatience. Si tu veux, je peux organiser un repas entre nous.

-Euh ... dit Sherlock, cherchant manifestement un moyen de refuser.

-Vous êtes le bienvenu, bien sûr, Docteur Watson. Tu pourras ainsi satisfaire ta curiosité, mon frère.

Sherlock était bloqué. Il était vraiment très curieux, son frère avait l'air heureux et il voulait connaître cette femme et savoir combien il la payait pour rester avec lui mais d'un autre côté, cela voulait dire supporter son frère encore un peu.

-Mais ... ce repas ne pourra avoir lieux qu'une fois que tu auras réglé mon affaire, je le crains. Avant cela, je ne saurais me rendre disponible.

Sherlock se renfrogna et se laissa tomber sur le dos sur le canapé. Il était piégé. Tant pis, sa curiosité le perdrait.


Sherlock était à table avec John et Mycroft et il boudait.

La fameuse «Harry» avait du retard et il commençait à se demander si son frère n'avait tout simplement pas fait appel à une opération pour maigrir.

Malheureusement, il avait toujours eu énormément de mal à lire son frère, contrairement au reste du monde.

Quand il voyait leur serveur, il savait qu'il se droguait occasionnellement et qu'il avait des dettes.

Quand il voyait leur voisin de table, il savait qu'il trompait sa femme avec une femme bien plus jeune qu'elle.

Quand il avait vu s'approcher la sommelière, il savait qu'elle vivait avec un compagnon, 3 chats et qu'elle essayait de tomber enceinte.

Mais quand il regardait son frère, il ne voyait vraiment rien.

Il avait juste déduit qu'il était en couple car il avait vu sa perte de poids et son air heureux mais là, maintenant, alors qu'il faisait tourner son vin dans son verre avant d'en goûter une gorgée puis de renvoyer la sommelière après avoir donné son aval sur le vin, il ne voyait rien.

-Harry est en retard, je suis désolé.

-Ce n'est rien, je suis sûr qu'elle va arriver rapidement. Dit précipitamment John, un peu mal à l'aise d'être dans un restaurant si chic. Ça aussi, il pouvait le déduire facilement.

Enfin, un homme, jeune et finement musclé avec des cheveux noirs mal coiffés et de grands yeux verts, s'approcha de leur table en leur disant :

-Toutes mes excuses, je suis en retard.

Sherlock vit avec un grand étonnement son frère se lever, embrasser tendrement l'homme avant de tirer la chaise libre pour que son compagnon s'y installe.

Son frère était gay ! Et il n'avait rien vu. Ceci dit, c'était un soulagement que « Harry » ne soit pas la Harriette de John.

L'homme se tourna vers eux et leur sourit en leur disant :

-Enchanté, je suis Harry Potter.

-Ravi. Je suis le docteur Watson mais vous pouvez m'appeler John. ... Et l'impoli à côté de moi est Sherlock Holmes, le frère de Mycroft. Dit John en voyant que Sherlock ne bougeait pas.

Harry sourit et s'excusa encore :

-Vraiment navré d'être en retard, j'ai eu un contretemps.

Alors qu'il se retournait vers Mycroft pour lui sourire, celui-ci lui attrapa le menton et sorti son mouchoir de sa poche.

-Qu'est-ce que tu as là ? Demanda-t-il en lui essuyant une infime tâche sombre sur la joue.

En regardant le tissu, Harry dit, tout naturellement :

-Ah, ça doit être du sang.

-Tu es blessé ? Demanda immédiatement Mycroft, inquiet.

-Pardon ? Du sang ? Demanda John en même temps.

Sherlock semblait toujours incapable de réagir, ce qui commençait à devenir inquiétant.

-Oui. J'allais appréhender un suspect mais cet idiot a décidé qu'il préférait passer par la fenêtre pour s'enfuir, sans l'ouvrir avant. Il y avait du sang partout. C'est pour ça que je suis en retard, d'ailleurs, il fallait à tout prix que je prenne une douche avant de vous rejoindre.

Se tournant vers Mycroft, il lui dit :

-Comment trouves-tu ma tenue, d'ailleurs ? J'ai demandé conseil à Draco avant de venir.

Mycroft prit un instant pour le contempler et même John, sans le don d'observation stupéfiant de Sherlock, pouvait voir la lueur d'adoration dans les yeux de l'homme d'état.

-Tu es très beau, mais pourquoi ne pas avoir pris ce que j'avais préparé pour toi ?

Harry fit la moue et lui dit :

-Tu as un goût très sûr quand il s'agit de t'habiller mais quand tu choisis MES vêtements, j'ai toujours l'impression que tu veux faire de moi ton clone. C'est trop strict, j'étouffe dans ces costumes.

-N'importe quoi. Je ne te trouve jamais plus beau que quand tu es en tenue décontractée donc dis-toi bien que je n'aurais aucun intérêt à me cloner en toi.

Pendant que le couple complice devant eux se chamaillait gentiment, John lança un coup de coude tout sauf discret dans les côtes de Sherlock, essayant de le faire réagir.

Cela fonctionna car le détective sembla à nouveau respirer, prit son verre de vin et le descendit cul sec, faisant s'arrêter de se disputer les deux hommes partageant leur table.

Après cela, Sherlock sembla avoir repris du poil de la bête et prit la parole :

-Donc, Harry ... Vous êtes policier, c'est cela ? Certainement pas à Scotland Yard. En effet, je connais tout le monde dans ses bureaux et je ne vous y aie jamais vu. Or, ce sont les meilleurs parmi les pires policiers d'Angleterre. J'imagine donc que vous faîtes partis d'un commissariat de seconde zone loin de Londres.

John se cacha le visage derrière sa main à cette insulte même pas déguisée. Mycroft, quant à lui, allait intervenir pour réprimander son frère mais Harry lui posa une main sur la sienne et sourit à Sherlock pour lui répondre, même pas insulté par ses paroles :

-C'est vrai, je ne fais pas parti de NSY. Pour autant, je travaille bien à Londres. Disons que mon bureau est plus ... confidentiel et ne s'occupe que de certaines affaires bien particulières.

Sherlock hocha la tête, semblant comprendre. Mycroft savait que l'esprit cartésien de Sherlock ne pourrait jamais envisager l'existence de la magie, il devait donc penser qu'il s'agissait d'un service secret du gouvernement.

-C'est comme cela que vous avez rencontré Mycroft, j'imagine. En faisant parti de ce groupe d'intervention. Dit Sherlock avec dédain.

Mycroft ne supporta pas ce ton et répondit sèchement :

-Tu sauras, Sherlock, que j'ai rencontré Harry car la reine souhaitait lui remettre une médaille honorant sa bravoure et son engagement envers sa patrie et qu'elle m'a désigné pour l'aider à l'organisation.

Harry posa sa main sur le bras de Mycroft en souriant, pour le calmer. Au grand étonnement de Sherlock, cela fonctionna car il vit son frère soupirer pour se calmer, lever les yeux en l'air devant la trop grande gentillesse de son amant et se détendre pour que son dos reprenne appui contre l'assise de son siège.

Malgré tout, Sherlock compris que s'il devait découvrir pourquoi un tel homme était avec son frère, il devait se montrer plus subtile et ne plus l'insulter.

Consultant sommairement la carte qui lui avait été remise, il réfléchissait surtout à son prochain mouvement pour connaître la vérité.

Car il en était sûr, jamais son frère ne s'abaisserait à avoir une vie ... domestique.

Rien que d'y penser, il avait cette idée en horreur.

Durant toute son enfance, Mycroft lui avait répété qu'avoir des émotions et pire, les montrer, ne faisait que le rendre faible et qu'il devait s'en prémunir. Alors il était impossible qu'il soit tombé dans un piège aussi grossier que l'amour.

De plus, Harry était jeune, plus que Mycroft, relativement beau, aimable, gentil ... un peu comme John en fait. Et si, lui, avait la faiblesse d'apprécier l'ancien militaire, il était inenvisageable que Mycroft fasse de même avec Harry.

Baissant sa carte et passant sa commande, il observa l'homme et choisi d'une nouvelle approche.

-Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?

-Depuis 5 ans, en fait. Répondit Harry avec le sourire.

-5 ans. C'est une sacrément longue période. Et j'imagine que Mycroft ne vous a jamais présenté à nos parents. C'est dommage, pour un compagnon de si longue date. Dit Sherlock, l'air de ne pas y toucher en jetant un regard provocateur à Mycroft.

Il était sûr que jamais Mycroft n'aurait présenté à Mommy et Daddy son compagnon, gardant jalousement sa vie privée, privée aussi fut-il surpris lorsqu'Harry répondit :

-Oh, si, je les ai rencontrés en 2008.


-Mais pourquoi je dois porter ce truc ? Demanda Teddy en boudant et en touchant le collier qu'il avait autour du cou.

Harry se tourna vers lui et lui répondit patiemment :

-Nous en avons déjà discuté, Teddy. Nous allons rencontrer les parents de Mycroft. Souviens-toi que ce sont des moldus et qu'ils n'ont jamais entendu parlé de la magie et des sorciers. Or, je te rappelle que depuis quelques mois, tu es tellement impatient d'intégrer Poudlard en septembre prochain que tu as régulièrement des explosions de magie inopinées.

-C'est pas ma faute !

-Non, ce n'est pas de ta faute, mais nous ne pouvons pas prendre le risque de briser le secret magique chez les parents de Mycroft donc tu dois porter cet inhibiteur de magie cet après-midi, je suis désolé.

-Mais c'est pour les bébés, en plus. S'insurgea Teddy.

Harry se mordit la lèvre pour ne pas rire. Il est vrai que ce genre d'inhibiteur était normalement pour les nourrissons qui pouvaient se blesser avec de trop fortes manifestations magiques. A partir de la petite enfance, on le leur enlevait car on estimait qu'ils étaient moins dangereux et que les parents pouvaient gérer plus facilement. De plus, ce collier avait un double fonctionnement car il l'avait aussi enchanté pour que, si Teddy laissait passer un mot qui se rapport à la magie, tel que « recurvit » ou « quidditch », il soit transformé en « nettoyé » et « football ». Mais pour Teddy, c'était clairement une honte suprême.

Mycroft s'accroupit pour se mettre devant l'enfant et de sa voix calme de diplomate (qui faisait beaucoup d'effet à Harry mais il s'était bien gardé de le dire à l'intéressé), il lui dit :

-Tu sais, Théodore, mes parents sont vraiment âgés et j'ai peur pour leur cœur. A la moindre surprise un peu forte, ils pourraient faire un malaise. Et je sais que tu ne voudrais pas leur faire de mal.

-Non, je ne veux pas.

-Alors il faut que tu portes ce collier. Mais ne t'inquiète pas, nous savons tous que tu n'es pas un bébé, c'est juste au cas où. Et puis, mes parents ne savent pas ce que ce collier veut dire. Donc il n'y a qu'Harry et moi qui savons ce secret et nous jurons de ne rien dire.

Teddy regarda Harry pour avoir confirmation et celui-ci mima une clé qui verrouillait sa bouche et qu'il jetait par terre, scellant cette promesse.

Teddy eut un petit sourire et dit :

-Bon, d'accord.

-Je te remercie de faire ça pour moi, Théodore. Dit Mycroft d'un ton totalement sérieux.

L'enfant était ravi qu'on lui ait parlé comme à un adulte et qu'on lui fasse confiance.

Mycroft se tourna vers Harry pour lui faire un clin d'œil complice auquel Harry répondit par un grand sourire.

Il adorait vraiment la relation qu'avaient Teddy et Mycroft.

Lorsqu'il devint évident que leur relation allait durer, Mycroft avait acheté beaucoup de livre sur l'éducation et la psychologie enfantine et adolescente afin d'être prêt à faire face à toutes sortes de situation. Et Harry était ravi qu'il prenne autant à cœur le bien-être de Teddy.

Mycroft était vraiment un très bon père. Harry soupira de contentement, prit la main de Teddy et s'avança vers la grande maison perdue dans la campagne anglaise et, actuellement, le brouillard matinal.

Avec cette petite dispute, il en avait oublié son stress d'être présenté à ses beaux-parents mais à présent, le stress revenait en force !

Mycroft regarda donc son compagnon avancer vers la porte comme un robot, ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait. Finalement, il les rejoint et toqua à la porte.

Immédiatement, la porte s'ouvrit sur ses deux parents qui s'étaient précipités pour ouvrir.

En effet, les deux étaient plus qu'impatients. Mycroft les avait appelés pour leur dire qu'il allait leur présenter quelqu'un et ils avaient hâte de découvrir leur belle-fille.

Aussi furent-ils très surpris de voir un homme et un enfant devant leur porte avec leur fils mais, ne posant pas plus de questions, ils invitèrent tout ce petit monde à entrer dans la maison chaleureuse.

Après avoir débarrassé tout le monde de ses manteaux et de leurs chaussures, ils s'installèrent tous les 5 dans le salon devant une tasse de thé chaude et des gâteaux.

-Mycroft, je ne comprends pas, tu avais dit vouloir nous présenter une jeune femme. Dit Mme Holmes doucement.

Harry se crispa énormément mais Mycroft se fichait éperdument de l'opinion de ses parents. Il leur présentait Harry et Teddy juste par politesse. Cependant, s'ils n'acceptaient pas Harry, alors il n'aurait aucune difficulté pour couper les ponts avec eux. Ils ne l'avaient que peu élevé et ils avaient eu une influence minimum pour lui. La séparation ne lui faisait ni chaud ni froid. Harry, qui était orphelin, portait au contraire une grande importance à cette rencontre qu'il ne pourrait jamais rendre à ses parents.

Mycroft prit les mains de Harry qu'il serrait l'une contre l'autre à se faire mal et dit à sa mère :

-Je n'ai jamais dit qu'il s'agissait d'une femme, mère. Je vous ai dit qu'il s'agissait de mon partenaire et voici donc Harry et son fils Théodore.

Mme Holmes se tourna vers Harry avec un sourire et lui dit :

-Je vous prie de m'excuser, Harry, mes vieilles oreilles ne fonctionnent pas toujours très bien mais je suis ravie de vous rencontrer et de vous accueillir ici, ainsi que votre fils.

Harry se détendit et sourit :

-Merci Mme Holmes, je suis ravie de vous rencontrer.

-Je vous en prie, vous êtes ici chez vous.

Et la discussion s'engagea alors entre les 4 adultes pendant que Teddy dévalisait les gâteaux à disposition.

-Et dîtes moi, Harry, entretenez-vous de bonnes relations avec votre ex-femme ? Demanda totalement naturellement son beau-père.

Malgré tout, à la question, Harry ne sut que répondre, n'en comprenant pas le sens.

-Mon ex-femme ?

-Oui, la mère de Théodore. Dit-il comme une évidence alors qu'il coupait le poulet pour servir les personnes attablées.

-Ah! Non, il y a méprise. Il est vrai que Teddy est mon fils, mais ...

-Mon papa et ma maman étaient de grands combattants. Ils sont morts pour protéger tous les innocents d'Angleterre et me permettre de vivre libre. Je suis très fier d'eux et je suis très heureux de vivre avec ma mamie et mon oncle Harry. Récita Teddy, très heureux de pouvoir parler du sacrifice de ses parents par ce beau texte que sa grand-mère lui avait fait apprendre il y a des années quand il avait commencé à fréquenter d'autres enfants au parc ou à l'école élémentaire et qui expliquait sa situation particulière.

Madame Holmes se tourna vers Harry et demanda :

-Comment cela ? Théodore n'est pas votre fils biologique ?

Harry sourit et passa une main affectueuse dans les cheveux de son enfant et dit :

-Non, il ne l'est pas. Les parents de Teddy étaient des militaires qui sont partis en mission tous les deux hors de l'Angleterre. Malheureusement, une attaque ennemie les a tués tous les deux en même temps. J'ai été désigné comme le parrain de Teddy à sa naissance et à leur mort, comme son tuteur. Mais à l'époque, j'étais encore mineur donc il a été confié à sa grand-mère avec qui je m'entends très bien. Teddy est donc en quelque sorte en « garde partagée » entre elle et moi.

Andromeda et Harry avaient aussi appris cette histoire par cœur, afin qu'ils aient tous le même discours au sein du monde moldu.

-Oh, Théodore, je suis désolé d'avoir fait revenir de mauvais souvenirs. Et Harry, vous êtes vraiment très courageux. C'est formidable, vous formez une véritable famille. Dit l'homme âgé en donnant à Teddy une grosse cuisse de poulet grillé qui sentait merveilleusement bon.

Après le déjeuner et alors que Teddy était parti voir le jardin potager de ses nouveaux grands-parents, Mycroft montrait sa chambre d'enfant à Harry.

-Je ne comprend pas pourquoi tu voulais venir ici, il n'y a rien d'extraordinaire.

-Et bien, c'est là où tu as grandi, je suis donc curieux de voir ta chambre d'enfant. Dit Harry alors que Mycroft ouvrait une porte et le laissait rentrer dans la pièce.

Harry fut à la fois déçu et émerveillé par cette chambre. Déçu car effectivement, contrairement à la chambre de Teddy qui était pleine de jouets, de dessins et de photos aux murs, celle-ci n'abritait qu'un lit une place, deux bibliothèques chargées de livres et d'un bureau propre et rangé. Mais il était aussi émerveillé car il voyait bien que la pièce était régulièrement entretenue par les parents de son amant, prouvant leur amour pour lui et qu'il pouvait voir où Mycroft s'était construit et avait grandi. Il ne doutait pas que sa « famille » avait brûlé tout ce qu'il avait pu laisser derrière lui en partant alors il était ému de voir que cette pièce était entretenue et non laissée à l'abandon malgré le départ de son propriétaire.

-Certes, mais à part y faire mes devoirs et dormir, je n'y ai pas passé beaucoup de temps. Et si c'est des souvenirs que tu cherches, ils ne sont pas ici.

Ne l'écoutant pas, Harry faisait le tour du propriétaire, s'extasiant devant la bibliothèque et les livres bien trop ardus pour un enfant ou un adolescent. Devant le bureau ciré mais avec des traces d'usures et de vie sur sa surface et sur la chaise à roulette qui avait vu des jours meilleurs.

Finalement, Harry s'assit sur le lit fait et dont les draps sentaient la lessive, prouvant qu'ils étaient changés régulièrement, comme toujours prêt à accueillir un de leurs enfants s'ils venaient à passer à l'improviste.

-C'est donc ici que tu vivais. Fit Harry sur le ton de la conversation.

Mycroft, à moitié assit sur le bureau avec les bras croisés, leva les yeux au ciel et dit :

-Evidement puisque c'est ma chambre.

-Et ... c'est là où tu as dormi.

Mycroft fronça les sourcils, à présent. Harry était-il devenu idiot pour ne pas comprendre qu'il avait dormi dans ce lit étant enfant ?

-Oui ... évidement ...

-Et ... est-ce que ce lit a eu le plaisir de te voir bécoter un garçon, ou une fille, pendant ton adolescence ? Demanda Harry d'une voix douce et curieuse en regardant Mycroft par-dessous ces lunettes, timide.

Mycroft compris enfin où le brun voulait en venir et se leva du bureau pour venir s'asseoir à côté de Harry, son bras passé autour de sa taille.

-Non, il n'a jamais rien vu de tel.

-Oh ... pauvre lit. C'est impensable !

-Totalement.

-Cruel !

-Définitivement.

-Il faut réparer cette injustice !

N'ayant plus les mots, Mycroft se jeta sur les lèvres de l'autre homme pour l'embrasser passionnément. Harry gloussa en se laissant renverser sur le dos, Mycroft profitant de sa position surélevée pour passer ses mains sous sa chemise.

Harry soupira de bonheur et releva ses bras, l'un entourant les épaules de l'homme, les rapprochant, alors que l'autre main venait farfouiller dans les cheveux de Mycroft.

L'homme d'état commença à vouloir déboutonner la chemise lorsque la voix de Teddy hurla dans les escaliers :

-Tonton Harry, vient voir, on a trouvé des champignons !

Le petit garçon semblait vraiment surexcité par sa découverte. Mycroft se sépara des lèvres tentatrices de son amant pour poser son front sur son épaule en grognant.

-Désolé, je dois y aller avant qu'il ne décide de monter nous voir.

Délicatement, Harry releva la tête de Mycroft, l'embrassa rapidement et se leva tout en s'habillant correctement pour rejoindre Teddy avant que le petit garçon ne décide de monter les rejoindre.

Mycroft s'installa sur le dos sur son ancien lit, fixant le plafond. Quel dommage qu'il n'ait pas compris les intentions de Harry plus tôt ! Se relevant, Mycroft remis de l'ordre dans sa tenue et au moment de passer la porte, il regarda son ancien lit et se dit « non seulement j'ai bécoté un garçon dans mon lit, mais en plus, c'était le plus populaire de l'école », car il ne doutait pas qu'Harry était le plus populaire de Poudlard en son temps.


-Ils sont vraiment charmants. Déclara Harry avec le sourire en jetant un regard amoureux à Mycroft qui lui fit, horreur de l'horreur, un clin d'œil.

John rebondit sur la conversation et demanda comment étaient ces parents, véritablement curieux de savoir qui avait élevé son génie mais asocial colocataire. Harry répondit à ses questions de bonne volonté alors que Sherlock boudait de ne pas avoir compris pourquoi ces deux-là étaient ensemble.

-Vous savez, Mycroft a déjà payé des gens pour leur compagnie. Cela ne m'étonnerait qu'à moitié qu'il ait reproduit ce schéma avec vous.

-Sherlock ! S'indigna Mycroft en se levant à moitié, mais il fut interrompu par Harry qui riait et qui ne semblait pas du tout gêné d'avoir quasiment été traité de prostitué.

-Rassurez-vous, je ne suis pas intéressé par l'argent de Mycroft, si c'est ça qui vous inquiète. Je ne fréquente pas votre frère pour obtenir une rente ou une pension alimentaire.

-Et pour ton information, Sherlock, puisque tu sembles si inquiet de savoir si je paye Harry pour ses faveurs sexuelles, même si je gagne mieux ma vie que lui, sache que le patrimoine d'Harry est plus important que le nôtre. Et quand je dis le nôtre, je parle du mien, du tien et de celui des parents réunis. Donc non, il n'est pas avec moi pour mon argent.

Sherlock sembla contrarié de la nouvelle mais attaqua immédiatement.

-Ah vraiment ? Tant mieux, alors. Pendant un instant, j'ai cru qu'il en avait après ton penthouse de Londres. Vous a-t-il déjà amené là-bas ? Sans doute que non, même en 5 ans de vie commune. Mycroft aime sa solitude et ne laisserait personne vivre avec lui.

-Encore une fois, tu parles sans savoir, Sherlock. Tu sauras que Harry et moi vivons ensemble depuis 4 ans, dans SON manoir familiale et que donc, j'ai revendu mon penthouse, n'en ayant plus l'utilité. La maison de Harry était de toute façon bien plus grande et bien mieux situé.

Sherlock était abasourdi par ces mots et s'étrangla presque en demandant :

-C'est vrai ? Vous vivez ensemble ?


-Harry, as-tu vu ma deuxième chaussette ? Demanda Mycroft en chemise et caleçon, une chaussette esseulée à la main.

-Quoi ? Lui parvint la voix de Harry depuis les escaliers.

Mycroft prit sa respiration et cria :

-As-tu vu ma deuxième chaussette ?

Harry apparu alors à la porte.

-Qu'est-ce que tu veux, encore ?

-Je veux ma deuxième chaussette, ce n'est tout de même pas difficile à comprendre

-Non, pas difficile, par contre, je ne vois pas bien ce que je ferai d'une seule chaussette donc rassure-toi, je ne te l'ai pas volée.

-Je n'ai pas dit ça, je veux savoir si tu sais où elle est ?

-Non ! Dis catégoriquement Harry en croisant les bras.

-Cette maison est un capharnaüm, je ne comprends pas comment tu peux y vivre et encore plus y élever un enfant.

Harry fronça alors les sourcils, peu content d'entendre cette critique sur la façon dont il s'occupait de Teddy.

-Je te ferai remarquer que t'es pas obligé de venir ici tous les 2 jours, je ne t'oblige à rien, moi. Et si t'es pas content, t'as qu'à retourner dans ton appart' bon chic bon genre totalement aseptisé et sans personnalité.

On pouvait dire ce qu'on voulait de lui, mais Mycroft était un homme extrêmement intelligent. Un génie, diraient certains. Mais un génie en politique. Aussi, même s'il avait vu qu'il avait mal négocié son approche et même s'il remarquait bien que l'attitude d'Harry correspondait plus à un lion en chasse pour nourrir son enfant qu'à son amant bien aimé, il déclara :

-Mon appartement est très bien et surtout, il est propre et ordonné.

-Et comment je pourrais le savoir ? Alors que tu ne m'y as jamais invité ? Et ma maison EST propre !

-Je ne comprend pas pourquoi tu n'as pas un elfe de maison. Je sais que ça se fait dans le monde magique. Il s'occuperai de ranger et de laver la maison et il s'occuperai aussi de la lessive, évitant de perdre une chaussette sur deux ! Moi j'ai une société qui passe pour faire le ménage 3 fois par semaine, dans mon appartement.

-Et bien tant mieux pour toi si tu as les moyens de te payer ça, mais je ne vois pas à quoi ça te sert vu que tu passes tout ton temps chez moi, c'est de l'argent jeté par la fenêtre, si tu veux mon avis. Quand à avoir un elfe de maison pour s'occuper de tout, merci mais j'aimerai éviter de mourir prématurément, tu vois. Hermione me tuerait si j'en prenais un. Elle appelle ça de l'esclavagisme moderne.

-Et bien n'en déplaise à mademoiselle Granger, j'ai lu des rapports sur ces créatures et elles sont heureuses et ont besoin des sorciers pour survivre. Sans vous, leur magie s'épuise et ils meurent donc avoir un elfe de maison, c'est lui sauver la vie. Dans la mesure où le sorcier est respectueux envers son personnel, bien sûr. Quant au fait que je passe tout mon temps chez toi, oui, c'est vrai, parce que toi, tu y es. Est-ce un reproche ? Tu préfèrerais que je vienne moins souvent ? Demanda Mycroft, véritablement inquiet.

-Bien sûr que non, je préfère de loin te savoir ici, avec moi, que dans ton appartement vide.

-Et je préfère mille fois être avec toi et Théodore ici, c'est juste extrêmement agaçant d'avoir mes affaires à 2 endroits différents. La dernière fois, j'ai cherché ma cravate bordeaux pendant 10 minutes avant de me souvenir que je l'avais laissée ici.

-Alors t'as qu'à venir habiter ici.

-Vraiment ? Tu voudrais ?

-Oui, je voudrais. Ça fait 1 an qu'on se fréquente. Je pense que c'est raisonnable, comme temps d'attente, non ?

-Moi aussi, j'aimerai que nous vivions ensemble. J'amène mes affaires dès demain.

-Et ton appartement ? Je ne veux pas te forcer à venir vivre ici si tu as besoin de solitude de temps en temps et que tu aimes y aller.

-Tu ne me forces en rien, j'attendais avec impatience ce moment mais je n'osais pas faire le premier pas.

-Alors pourquoi est-ce qu'on se dispute, déjà ?

-On s'en fiche, j'irai au travail avec des chaussettes dépareillées.

-Et on prendra un elfe de maison si tu arrives à convaincre Hermione.

-Challenge accepted. Dit Mycroft en l'embrassant doucement.


-Oui, vraiment. Et ça se passe très bien.

Sherlock n'en croyait pas ses oreilles. Non seulement son frère était en couple mais en plus, il vivait chez l'autre homme ?

Peut-être devrait-il arrêter d'essayer de trouver la petite bête chez ce Harry. Il avait visiblement réussi à dompter son frère et, s'il en croyait le regard que lui jetait celui-ci, s'il insistait trop, il allait avoir de gros problèmes.

Désirant éviter de se retrouver traîner de force chez ses parents par son frère pour qu'ils lui fassent la morale sur la politesse, ce qu'il considèrerait comme la pire des punitions, Sherlock décida de se plonger dans son hachis parmentier de canard confit et de faire profil bas le reste du repas.

-ça alors, dit John. Je connais Mycroft depuis aussi longtemps que je connais Sherlock et je n'avais jamais soupçonné qu'il pouvait être heureux et épanoui dans son couple. Je pensais qu'il était comme son frère, marié à son travail et sans aucune attache.

-Et bien, il l'était peut-être avant, mais plus maintenant. Quand à ce qu'il parait être, je sais que Mycroft fait très bien semblant. Ce sont des Holmes, ils ont l'art du secret et de la dramaturgie dans le sang. Rit Harry, faisant aussi rigoler John qui était bien d'accord pendant que Mycroft levait les yeux au ciel et que Sherlock essayait de se noyer dans son hachis.

Au moins, la conversation avec le docteur Watson était innocente et bien intentionnée, contrairement à celle de son frère.

-Pardonnez-moi de vous poser la question mais, vous avez rencontré leur famille, comment a réagi la vôtre ? Parce que, on ne va pas se mentir, Sherlock comme Mycroft ne passent pas inaperçus, semblent totalement pédant avec leur air aristocratique et ils ne sont pas d'abord très faciles.

Harry sembla réfléchir puis dit :

-Ce fut intéressant mais au final, cela s'est bien passé.


Harry et Mycroft venaient d'apparaître devant la maison branlante de la famille Weasley.

En y regardant de plus près, Harry se senti un peu gêner d'amener Mycroft ici. Il n'avait pas honte des Weasley, il les aimait tous, mais il faut avouer que leur maison ne rendait pas justice à la grandeur de leur cœur et de leur courage.

Mycroft se tourna vers lui et lui demanda :

-Pourquoi es-tu nerveux? Ce serait plutôt à moi de l'être.

-Je sais, mais je ne peux pas m'en empêcher. C'est la seule famille que j'aie, et j'ai déjà eu beaucoup de mal à l'avoir alors je n'ai pas envie que ça se passe mal.

-Je suis sûr qu'ils t'adoreraient même si tu leur ramenais un gobelin. Et je pense, en toute vanité, que je suis plus beau qu'eux ! Dit Mycroft d'un air pompeux pour détendre l'atmosphère.

Cela fonctionna car Harry rit et l'embrassa en lui disant :

-Il n'y a pas photo, tu es mille fois plus sexy, c'est sûr.

-Ah, formidable. Allez, viens, nous les avons assez fait attendre. Dit Mycroft en lui prenant la main et en se dirigeant vers la maison d'un pas assuré.

Harry n'eut d'autre choix que de le suivre et, alors qu'il le rejoignait sur le perron, la porte s'ouvrait pour laisser passer une madame Weasley rayonnante qui prit immédiatement Harry dans ses bras pour l'embrasser, forçant Mycroft à le lâcher.

Alors qu'Harry était entraîné dans la maison par la femme rousse, Mycroft ne savait que faire. Avait-il le droit de rentrer, ou ...Heureusement, son dilemme prit rapidement fin quand la porte laissée entrouverte se rouvrit totalement pour laisser passer un homme dégarni, roux avec un certain embonpoint qui lui tendit la main en souriant.

-Bonjour, entrez donc, je vous en prie. Je m'appelle Arthur, bienvenu au Terrier.

-Merci monsieur Weasley, je m'appelle Mycroft.

-Mais venez, venez, entrez, n'ayez pas peur. Et ne faîtes pas attention à Molly. Dès qu'Harry est là, elle n'en a que pour lui. Même moi, je passe après. Dit-il en riant en regardant sa femme faire un câlin au seul brun de la famille.

Mycroft regarda Harry en riant doucement. Le jeune homme ne se défendait pas avec beaucoup de force et rendait à madame Weasley son câlin, bien que moins vigoureusement.

-Oh, silence Arthur. Je te rappelle que nous n'avons même pas pu féliciter comme il se doit Harry après sa médaille. Nous sommes tellement fiers de toi, mon chéri.

-Merci, madame Weasley. Articula difficilement Harry, toujours pris dans l'étreinte de la mère de famille.

-Molly à raison, Harry. Je sais comme recevoir des récompenses te met mal à l'aise, mais celle-ci, elle valait plus que toutes celles que tu as refusées. En plus, tu en as ramené plus qu'une médaille, vu que tu y as aussi trouvé l'amour, d'après ce que tu nous as dit.

-Oui, c'est vrai. Dit Harry en se redressant et en souriant à Mycroft. D'ailleurs, laissez-moi vous le présenter officiellement...

-Trois ans que tu l'as embrassé devant tout le monde, y compris la reine, et tu ne nous l'amènes que maintenant ! C'était vraiment trop long, mon chéri, nous avions tous hâte de le rencontrer.

-Mais d'ailleurs, ne restons pas dans l'entrée. Tout le monde vous attend dans la salle à manger, venez.

Et alors, tout ne fut plus qu'une multitude d'images et de sensations pour Mycroft qui ne savait plus où donner de la tête entre les gens qui se présentait, les conjoints et conjointes, les noms et les métiers, serrer les mains, recevoir une accolade ou une bise sur la joue. Il n'avait jamais été très tactile, mais là, il n'eut pas le choix. Tout le monde semblait vraiment ravi de le rencontrer et de pouvoir enfin discuter avec le conjoint du huitième enfant de la famille.

Mycroft n'avait pas le temps de commencer une conversation avec une personne qu'il en était immédiatement éloigné pour discuter avec d'autres. Et dans tout ça, il perdit totalement Harry des yeux.

Finalement, il ne dût son salut qu'à d'incroyables yeux verts qui le captèrent de l'autre côté de la salle et qui lui permirent de s'orienter dans cet océan d'inconnus et de bruits vers ce sourire lumineux qui n'était destiné qu'à lui.

Enfin près de lui, Harry lui tendit la main et lui dit :

-Tu as été emporté par la tornade des Weasley, à ce que je vois.

-J'avoue que je ne sais plus qui est qui, tellement j'ai rencontré de monde en peu de temps, et pourtant, tu sais à quel point je suis brillant et j'ai bonne mémoire.

-Et tu es modeste, aussi. S'amusa Harry. Mais laisse-moi te présenter mes meilleurs amis. Tu n'as pu que les entrevoir, lors de la cérémonie. Je te présente Ron et Hermione.

Et enfin, Mycroft put avoir une vision nette de ses interlocuteurs. Ron était un grand échalas roux avec des tâches de rousseurs sur le nez et les joues mais il avait un grand sourire et diffusait une atmosphère calme autour de lui, comme si rien ne pouvait le perturber, et certainement pas un moldu qui fréquentait son meilleur ami. Il lui tendit la main en lui disant d'une voix grave et joyeuse :

-Je suis content d'enfin te rencontrer, Mycroft. Harry nous a très souvent parlé de toi.

Mycroft se redressa, faisant partir son air hébété de son visage aristocratique et il serra la grande main en disant :

-Moi aussi, j'ai beaucoup entendu parlé de toi. J'avais hâte de te rencontrer également.

-Et voici Hermione. Ma sœur de cœur.

-Bonjour Mycroft. Je sais à quel point le monde magique et les Weasley peuvent être déroutants dans un premier temps, alors n'hésite pas à me poser des questions.

La jeune femme qui parlait avec de longs cheveux bruns qu'elle avait attaché en un chignon serré, avec un très joli visage et des yeux marrons brillant d'intelligence.

Mycroft savait que c'était elle qu'il devait convaincre du bien-fondé de son idée d'avoir un elfe de maison pour s'occuper de Square Grimault.

Aussi, il prit son meilleur air de politicien et entama une conversation totalement anodine avec le couple. Il devait certes réussir à influencer la demoiselle, mais il tenait réellement à faire bonne impression auprès de la famille de Harry et à faire connaissance avec chaque membre. Car il savait que faire sa vie avec Harry signifiait aussi les fréquenter tous régulièrement et pour lui, il était prêt à faire le sacrifice de sa sacro-sainte solitude.


-Et bien, surenchérit Mycroft. Tous les membres de sa famille sont très gentils, une fois qu'on est passé au-dessus du fait qu'ils sont tous un peu fou.

-C'est ce qui les rends attachants, non ? Demanda Harry en remettant une mèche de cheveux derrière l'oreille de son amour.

Celui-ci regarda le brun avec de l'adoration pur dans le regard et dit :

-Oui, ils sont aussi fous que toi. Je t'aime. Susurra-t-il avant de se pencher pour l'embrasser.

A la fin de ce repas, Sherlock comme John était persuadé que les deux hommes s'aimaient véritablement et qu'ils formaient l'un des couples les plus adorables qu'ils n'aient jamais vu. Et si Sherlock trouvait ça encore un peu choquant, il ne pouvait qu'être heureux que Mycroft soit trop occupé à roucouler avec Harry et qu'il le laisse un peu plus libre.

FIN

J'ai reçu quelques demandes pour une suite de "la cérémonie" et j'avais déjà en têtes ces passages, je me suis donc dit que ce serai l'occas' de faire se rencontrer Sherlock et Harry.

Encore une fois, et je ne sais pas pourquoi, j'ai dû totalement me retaper la mise en page de mon document car mon word ne passe pas pour une raison inconnue. J'espère que cela reste lisible.