Bonjour !

Comme d'habitude, merci à toutes les lectrices fidèles : Gwen who, Kaname et ElenaEffe. Vos retours me font chaud au coeur !

Cette semaine, Bella est sur son lit d'hôpital et elle et Edward vont avoir une petite discussion... riche en révélation !

Je vous laisse sans plus tarder avec le chapitre, bonne lecture !


PARTIE I

Chapitre 8

Seattle, Washington

Je n'arrive pas à la regarder dans les yeux. Elle est là, allongée sur ce lit d'hôpital, presque défigurée par ce connard. Elle somnole, je devrais peut-être la laisser tranquille. La soirée a été riche en émotions. Je m'apprête donc à faire demi-tour pour la laisser dormir quand elle m'appelle doucement. Anthony. Quelle mascarade.

-Comment tu te sens, je lui demande. Question complètement stupide. Bien évidemment qu'elle ne peut pas se sentir bien en ce moment, du con!

-J'ai vu pire, articule-t-elle difficilement. Je n'ai rien de cassé. Je reste juste en observation et je devrais pouvoir sortir demain dans la journée.

-Tu devrais profiter de te reposer dans ce cas, je lui dis, fermé.

-Je… Je n'arrive pas à dormir… à chaque fois que j'essaie de fermer les yeux… je… je le revois, et…

-C'est normal, Bella… Jacob t'a agressé. Tu es victime de violences conjugales, je lâche sans mâcher mes mots.

A nouveau comme à chacune de nos discussions ses dernières heures, elle se referme sur elle-même. Elle devient grise, transparente. Les larmes refont surface et s'écoulent sur ses joues, silencieusement.

-Je l'aime, tu sais, finit-elle par dire, comme pour essayer de se convaincre.

-Je suis sûr que tu l'as aimé, Bella. Lui aussi peut-être, il t'a aimé. Je peux le croire. Mais là, ce n'est plus de l'amour, crois-moi.

-Alors qu'est-ce que c'est, demande-t-elle en haussant le ton nerveusement.

-De l'emprise. Tu es sous son emprise, Bella. Il te manipule. Il te donne juste assez pour que tu te sentes importante à ses yeux pour qu'il reste à tes côtés alors qu'il t'inflige ses horreurs, dis-je, nerveux, sentant le ton de ma voix se durcir. Ose me dire que tu représentes quelque chose pour lui, Bella. Au bout de dix ans de relation, regarde comment il te traite! Tu es son objet, rien de plus, je termine, acerbe.

Je ne peux plus me retenir. Il faut qu'elle comprenne, il faut qu'elle réalise pour qu'elle puisse dire stop à tout ça et le quitter, au plus vite.

-Est-ce qu'aimer, c'est tromper, Bella, je lui demande, toujours énervé contre son enflure de mec. Parce que dans ce cas-là, vu le nombre de nanas qu'il se tape, oh que oui, il t'aime à la folie! Il doit aussi t'aimer vraiment très fort pour te garder enfermée dans ta bulle de solitude, à ne jamais rien faire ensemble et à taper et menacer le premier venu qui t'approche! Il fait ça aussi avec les femmes, tu lui as demandé? Ou juste les mecs? Ah, c'est sûr, c'est des supers preuves d'amour, ça Bella! Tout comme se servir de ta boîte aux lettres pour son trafic de drogue, quel élan romantique!

Là, je sais que je suis allé trop loin, mais au moins, j'ai capté son attention.

-Anthony, qu'est-ce que tu viens de dire, marmonne-t-elle sonnée.

-Quoi, tu es surprise qu'il te trompe avec toute la ville sous ton nez ou que ton soi-disant copain soit à la tête de tout un trafic? A moins que tu le saches déjà?

Clairement, vu la surprise dans ses yeux, elle n'était au courant de rien, ni de son infidélité, ni du trafic.

-Comment peux-tu savoir tout ça, demande-t-elle alors que les larmes coulent toujours sur ses joues.

J'en ai déjà trop dit et je suis en train de compromettre notre couverture à Alice et moi. Je sais qu'Alice aurait fait la même chose, en moins frontal, certes. Mais est-ce que je dois vraiment lui dire toute la vérité?

-Anthony, répond-moi, s'il te plaît, ajoute-t-elle face à mon silence.

-Si je t'explique, je vais te mettre en danger, Bella, je commence, incertain. Et je vais m'attirer des ennuis, je termine après un temps de pause. Mais je crois sincèrement que je te dois la vérité, après tout.

-Mais en fin de quoi tu parles, me lance Alice, en entrant dans la pièce.

A mes yeux, elle sait immédiatement de quoi il en retourne. Je sens son regard paniqué.

-Qu'est-ce que tu lui as dit, bordel, lance alors Alice, plus qu'en rogne.

-Presque rien pour le moment, mais il faut qu'elle sache, j'argumente.

-Si elle l'apprend, tu es conscient qu'elle sera en danger et nous aussi, me demande-t-elle, son regard faisant des allers retours entre Bella et moi.

-Il faut lui dire, j'ajoute alors, convaincu.

-Tu es seul sur ce coup, me dit Alice, en faisant mine de ressortir de la chambre. Je reviens après, Bella. Hé, glisse-t-elle doucement à mon attention, tu sais que je n'ai pas le choix, je dois prévenir tu sais qui.

-Fais ce que tu as à faire, Alice, je lui réponds, sous le regard plus qu'interloqué de Bella, qui a suivi cette conversation lunaire.

-Pourquoi tu viens de l'appeler Alice, bégaie Bella, choquée.

-Parce qu'elle ne s'appelle pas vraiment Mary, et que je ne m'appelle pas vraiment Anthony non plus, je commence, avant de lui fournir une partie de la vérité, sans entrer dans les détails.

Lorsque j'ai fini mon monologue, je vois son regard vide et choqué me fixer sans me regarder. Je me sens mal de bouleverser son monde ainsi, de façon aussi brusque et choquante en révélations, mais il le faut, pour qu'elle comprenne qu'elle n'a rien à faire avec Jacob, que c'est un criminel et qu'il l'empêche de faire sa vie correctement, amour ou non.

-Vous étiez mes amis, parvient à dire Bella après avoir emmagasiné toutes les informations que je lui ai fournies.

-Et nous le sommes toujours. Nous n'avons pas feinté notre amitié pour toi, Bella, c'est d'ailleurs pour ça que je viens de te dire toute la vérité, parce que tu es mon amie et que tu mérites de savoir.

-Donc Jacob appartient vraiment au Wolfpack?

-Oui, je lui réponds simplement.

-Et le gang est responsable de tout ce qui se passe sur le campus, Terence, Heather et les trois autres?

-On est en train de rassembler les preuves pour le faire tomber, oui.

-Et tu m'as dit qu'il me trompe?

-Il a été vu avec au moins quatre filles différentes ces dernières semaines.

Je la vois pâlir. J'ai le temps d'attraper un haricot en carton sur la desserte à côté de son lit et de le lui placer devant elle juste avant qu'elle ne vomisse. Visiblement, c'est ce qui la secoue le plus.

J'appuie sur la sonnette afin de faire venir une infirmière. Celle-ci ne met pas long à arriver pour s'occuper de Bella et s'enquière de son état. J'explique rapidement la raison de son vomissement, écartant toute suspicion de commotion cérébrale.

Après le départ de l'infirmière, Alice revient voir Bella, comme elle le lui a promis avant que je ne me lance dans les grandes révélations. Bella, encore un peu sonnée, ne semble pas reconnaître Alice, alors qu'elle n'a pas changé, en dehors de son prénom. Alice est la première à parler, brisant ainsi le silence dans la pièce.

-Bella, je sais que cela fait beaucoup d'informations d'un coup, mais je peux te promettre que notre amitié est sincère. Je ne t'ai pas menti là-dessus, tout comme Edward. Nous étions sincères avec toi, dit-elle en attrapant sa main pour la serrer et lui redonner un peu de contenance.

-Je vais avoir du mal à vous appeler Alice et Edward, vous ne m'en voudrez pas, demande Bella, en souriant, essayant de faire de l'humour. Je suis soulagé de la voir accueillir les choses comme ceci.

Je lui apprends alors qu'en fin de compte, nos alias ne sont que nos deuxièmes prénoms avec l'anagramme de nos noms de famille, ce qui, en soit, n'est donc pas si éloigné de nos vraies identités.

-Alice Mary… Brandon, tente de deviner Bella.

-Tu ferais une bonne enquêtrice, plaisante Alice, faisant rire Bella.

-Pas vraiment, je sèche pour toi, Edward Anthony…

-Masen, lance Carlisle, la voix dure en entrant dans la chambre de Bella.

Bella sursaute à l'intervention de mon chef, Alice la rassure, alors que je me lève d'un bond automatiquement pour rejoindre mon supérieur hiérarchique. Il n'y a pas que sa voix qui m'indique que je vais passer un sale quart d'heure. Si un regard pouvait tuer, je crois que son regard acier serait la définition même des yeux révolver.

Je le suis dans le couloir, alors qu'il marche nerveusement devant moi, les poings sur les hanches. Il ne tarde pas à s'arrêter, avant de reprendre son manège et d'effectuer des allers-retours, me rendant nerveux plus que de raison.

-J'attends ton explication, finit-il par siffler, plus qu'acerbe.

-J'ai volontairement compromis ma couverture et celle d'Alice pour protéger Isabella Swan.

-Qu'est-ce que tu lui as dit, pour savoir la gravité de la situation, me demande-t-il.

-Je lui ai appris pour Jacob et le gang, pour qu'elle comprenne que son petit-ami est dangereux, parce que sinon, elle aurait couru dans ses bras en sortant d'ici.

-Estimes-tu que c'était nécessaire, me questionne-t-il.

-Il la bat, Cullen. C'est arrivé plusieurs fois depuis que nous sommes sur le campus. Si Alice n'était pas intervenue, on ne sait pas si elle serait encore en vie actuellement. J'ai dû lui montrer le vrai visage de Jacob pour qu'elle réalise sa vraie nature.

-Tu lui as dit pour le gang?

-Que ce qu'elle devait savoir, je réponds, honnête.

-Elle est au courant pour Rosalie?

-Non, juste Alice et moi, je précise. Elle ne sait rien de nos surveillances, ni de nos intentions.

-C'est à notre avantage, alors, lance Carlisle après un silence, voyant où il voulait en venir.

-Tu veux l'impliquer là-dedans, je rugis de surprise, mais tu es complètement malade!

-C'est toi qui m'y force, Edward. En bousillant votre couverture, vous n'allez pas pouvoir continuer votre infiltration, le recteur de l'université va devoir trouver un nouvel assistant et l'information va circuler comme une traînée de poudre. Je dois donc vous exfiltrer toi et Alice, en plus de mettre Madame Swan sous protection à cause de ce malade. Vu que nous n'avons pas les ressources de Quantico sur place, poursuit-il, le plus simple est que toi et Alice vous chargiez de sa sécurité, soit en vous cloitrant dans votre appartement, soit dans les locaux du FBI en ville. Mais Isabella pourrait nous être utile pour choper Black, quand il sera libéré, parce qu'il va être libéré, il va chercher à se planquer, parce qu'il a compris que quelque chose se trame, cela se remarque déjà au garage et au Wolf, termine-t-il. Ils sont sur les dents.

Je sais au fond que Carlisle a raison. Mais la simple idée d'utiliser Bella comme appât ne me réjouis pas, mais alors pas du tout.

-Comment elle va, finit par demander mon chef.

-Comment veux-tu qu'elle se sente après ce qu'elle a subi et ce qu'elle vient d'apprendre, je soupire. Et comment crois-tu qu'elle va réagir quand elle apprendra que tu veux l'envoyer dans la fosse aux lions?

-Avec Alice, vous vous assurerez qu'elle réagisse bien, me lance-t-il alors qu'il s'en va régler je ne sais quoi avec Jasper qui a fait son apparition vers les ascenseurs.

Je reste là, en plan, à le regarder s'éloigner avec Jasper. Je ne réalise pas qu'à ma droite, Emmett arrive vers moi et me lance une grande tape sur l'épaule. Je bloque son geste habilement, alors qu'il rit de ma non clé de bras.

-Arrête, microbe, tu vas te faire mal, me dit-il en faisant référence à son imposante carrure.

-Tu sais ce qu'il te dit le microbe, je réplique.

-Merci Emmett d'être passé à l'appartement pour mes effets personnels, dit-il théâtralement, en me tendant un sac de sport. Y a aussi des trucs pour Alice et Bella, ne t'y méprends pas, je t'ai épargné le port du string.

-C'est trop aimable, je marmonne dans ma barbe. J'espère quand même qu'il n'est pas assez con pour avoir pris un string pour Bella, vu les circonstances… Emmett est vraiment brute de décoffrage quand il s'y met, et même s'il est un très bon agent, parfois – souvent! – la connerie prend le pas sur la raison.

Je me rends dans les toilettes des hommes pour me changer. Je trouve des sous-vêtements, un jeans, un t-shirt et notre veste bleue habituelle, floquée des lettres FBI en jaune au dos. Emmett a visiblement allumé son cerveau en faisant le sac, puisque j'y trouve également ma ceinture, flanquée de tout mon matériel, dont ma plaque et mon glock. Les choses sérieuses reprennent.

Je ne perds pas de temps à me changer et à rejoindre à nouveau la chambre de Bella, qui est toujours occupée avec Alice.

-Bon, tu es toujours de ce monde, commente Alice, avec Bella, on commençait à se demander si Carlisle avait prévu ton éloge funèbre, mais visiblement, tu es toujours dans la course, dit-elle en faisant référence à ma tenue.

-Va te changer, je réponds simplement à Alice. Emmett t'attend dans le couloir, il a des choses à voir avec toi.

Alice promet à Bella de revenir rapidement, puis me lance un discret «sois gentil et patient avec elle» avant de s'éclipser.

Une fois Alice déguerpie, le silence se fait dans la chambre. J'observe Bella de ma chaise, qui joue nerveusement avec le bord du drap. Je vois l'inquiétude dans son regard. Elle semble préoccupée, ce qui serait une réaction normale, aux vues des évènements des dernières heures.

Je ne sais pas comment lui annoncer la suite des évènements. Peut-être qu'Alice saura trouver des mots plus justes que moi. Enfin, je l'espère. Et J'espère aussi que Bella acceptera le plan de Carlisle.


Je sais, vous m'en voulez d'avoir arrêté le chapitre ici... Mais que voulez-vous, la patience, ça a du bon, hahaha.

Je vous dis à la semaine prochaine pour la suite !

S.