Daniel était à bout de nerfs.

Il avait beau farfouiller dans les archives de la salle informatique du Dédalus, il ne trouvait rien. Il commençait sérieusement à se sentir agacé par les circonstances. Le lieutenant Novak avait gentiment sollicité son aide. Elle avait été mandatée par le commandant Caldwell pour une mission de la plus haute importance. Elle cherchait des corrélations entre les cartes stellaires, dans l'espoir de situer le Dédale par rapport à la Terre.

Mais Daniel était archéologue, pas Mercator! Son domaine d'expertise était inutile dans ce lieu dépourvu de traces de Précurseurs.

Quand Jack était venu lui demander de remplacer Sam pendant quelques heures, il en fut presque content. De toute façon, Novak et lui avaient déjà lâché l'affaire depuis quelques jours. Ils ne se donnaient même plus la peine de s'indiquer des pistes à suivre. Ils se trouvaient de toute évidence en dehors de la zone d'influence des Anciens. Ils auraient forcément fini par repérer des mondes habitables ou des portes des Étoiles si cela avait été le cas. Ils cherchaient simplement des galaxies spirales, dans l'espoir de tomber par hasard sur la Voie lactée.

Une fois arrivé au poste d'écoute, Daniel s'installa sur une chaise de bureau, déballa un pack de nourriture lyophilisée et se servit une tasse de café froid. Son repas était maigre, mais pouvait-il s'en plaindre? Il avait fait bien moins d'efforts que certains de ses camarades depuis qu'il était ici. Et il va sans dire que le rationnement était son idée à la base.

Il mangea en silence, accompagné par le bruit du fond cosmologique qui bourdonnait dans les haut-parleurs de la pièce.

«J'aurais dû apporter un jeu de cartes», se dit-il avant de se contenter de fixer le plafond.

Après quelques heures à tournoyer sur son trône à roulettes, il entendit d'étranges saccades dans la radio.

«Des parasites peut-être

Daniel se pencha subitement vers la radio. Il écouta un bref instant avant de reconnaître un son à la fois étrange et familier. Était-ce la fatigue qui venait s'emparer de lui?

«Gou-An-Na»? «Ab-Sin»? «Sou-Hour-Mach»?

Non! Il ne rêvait pas! C'était bien du Babylonien!

Il se dépêcha de répondre, mais le signal avait été étouffé dans les grésillements avant même qu'il puisse ouvrir la bouche. Daniel s'empressa d'appeler Sam, ils avaient enfin fini par capter un message.

Alors que l'Enterprise faisait route vers la source des signaux inconnus, le capitaine Picard avait convoqué ses officiers supérieurs pour une réunion de dernière minute. Le navire étranger ne réagissait à aucun de leurs messages, ce qui faisait croire au commandant que ceux-ci pouvaient être en détresse.

- Nous faisons cap vers notre destination. Nous n'avons toujours aucune réponse, commença Riker, les doigts de ses mains croisés devant lui. Peut-être sont-ils simplement en panne.

- Ou une technologie avec laquelle nous ne sommes pas compatibles, commenta Geordi. Il est possible que les gens de cette région de l'espace ne communiquent pas de la même manière que l'Enterprise. Ce ne serait pas la première fois que nous rencontrerions une forme de vie dotée d'un mode de transmission différent du nôtre.

- Je conseille la prudence, dit Deanna en fixant leur capitaine avec bienveillance. Il est tout à fait envisageable qu'ils puissent être hostiles.

- Je sais, affirma Picard en hochant la tête vers ses membres d'équipage. Mais cela fait plusieurs semaines que nous naviguons dans cet espace. Toute aide ou information est bonne à prendre.

Riker approuva d'un signe de menton. Tous étaient épuisés d'être dans ces lieux morts. N'importe quoi serait une diversion à leur exploration monotone.

Data était resté silencieux jusqu'à présent. Il se redressa légèrement tout en analysant les données fournies par les instruments du vaisseau. Il réussit à attirer le regard de son commandant qui lui accorda le droit de parole.

- Selon nos détecteurs, la coque utilisée par nos mystérieux amis est supérieure à la nôtre.

- Un lien avec le métal découvert? demanda Geordi, intrigué en s'emparant de l'écran que l'androïde lui tendait.

- Je l'ignore pour l'instant, répondit aussitôt Data d'un air calculateur.

- Et il y a plusieurs appareils, lut l'ingénieur en chef. Ce sont possiblement des communications interflottes que nous recevons.

- Plusieurs appareils? grogna Worf en se retournant vers Data. Une flotte?

- Oui. Il semblerait que le plus grand comporte des technologies inférieures aux nôtres. Les capteurs ont décelé des résidus de plutonium 239, un élément employé pour la confection de bombes atomiques dans le milieu du 20ᵉ siècle sur Terre.

- Il y a un second vaisseau qui possède les mêmes caractéristiques. Peut-être des navires de guerre. Dans tous les cas, il y a un nombre non négligeable de petits engins qui gravitent autour de ceux-ci, continua Geordi en fixant le rapport dans ses mains. Et je ne pense pas qu'ils disposent de boucliers. Il n'y a aucune donnée indiquant la présence de champ magnétique. Nous allons surveiller ça de près, Data et moi.

- Bien, merci. Rompez.

Picard prit l'écran pour analyser lui-même les informations transmises, en pinçant soucieusement les lèvres. Il espérait sincèrement que ceux qui envoyaient ces signaux pourraient les aider.