Bonjour à tous !
Je sais, ça fait un très long moment ! Mais, j'ai espoir que vous aurez toujours à cœur de suivre l'histoire !
Donc, voici le premier chapitre de la partie 2 !
Quelques jours étaient passés depuis la sortie de Lexa et Clarke de l'hôpital et leur retour à l'appartement de la brune. Le jugement préliminaire de Nia Queen venait tout juste d'avoir lieu, et la date du procès final avait été fixée.
Dans deux mois seulement, elles seraient confrontées à cette étape décisive, un délai étonnamment court, compte tenu de la gravité des accusations et des charges retenues contre l'avocate et son organisation.
Pourtant, malgré cette rapidité, Lexa ne pouvait s'empêcher de s'angoisser des manœuvres que la Queen pourrait tenter avant l'audience. Elle était dangereuse, prête à tout pour échapper à la justice. Elle l'avait prouvé.
—N'aie pas d'inquiétude, Wood, dit Indra avec assurance au téléphone. Elle est en détention et ne pourra pas en sortir, le juge a interdit sa libération sous caution quoi qu'il en soit, puisqu'elle a été prise sur le fait. Le procès ne sera qu'une formalité administrative. Elle va tomber. Inutile de te faire du mauvais sang pour rien. Tu t'en fais déjà assez comme ça.
—Très bien, merci Capitaine… acquiesça la jeune femme, qui essaya de se convaincre de ce qu'elle avait entendu, même si son inquiétude ne s'envolait pas pour autant.
—Lexa… Tu devrais réellement prendre du recul. Prendre un peu de repos. Changer d'air pendant quelque temps. Nous n'aurons de toute manière pas besoin de toi d'ici le procès, tu as fait toutes les dépositions nécessaires la semaine dernière. Et Clarke également.
—Je… Je vais y réfléchir. Merci, Indra, pour tout… Vraiment.
Sa Capitaine raccrocha sans un mot de plus. La Wood posa son téléphone à côté d'elle, s'enfonçant encore un peu plus dans son canapé en cuir sur lequel elle se trouvait déjà, complètement absorbée dans ses pensées.
—Lexa…? Ne me dis pas que c'est une mauvaise nouvelle… s'enquit Clarke, alertée par l'air grave de la brune.
Jusqu'à cet instant, Clarke était restée dans une autre pièce, mais le silence qui avait suivi l'appel l'avait poussé à venir vérifier s'il n'y avait pas de problème.
—Non, tout va bien, répondit rapidement Lexa, attrapant la main de Clarke pour y déposer un baiser apaisant. Indra m'a dit, ou plutôt ordonné – difficile à dire avec elle – de prendre des vacances. Elle pense que nous avons fait tout ce qu'il fallait pour le procès et que nous pouvons nous éloigner pendant un temps.
La Griffin la regarda fixement, la dévisageant presque, avant d'esquisser un large sourire.
—Pourquoi est-ce que tu fais cette tête, alors? Je trouve que c'est une excellente idée, non?
—Je n'ai pas forcément envie de m'absenter pour prendre des vacances en attendant le procès… En plus pour être toute seule…
—Parce que tu crois vraiment que tu vas pouvoir partir en vacances toute seule? rétorqua la blonde, en relevant un sourcil. Je viens avec toi! J'en ai bien besoin aussi, après tout ça!
—Clarke, tu ne devais pas reprendre le travail? Maintenant que les Wallace sont hors de l'hôpital et qu'un administrateur provisoire a été nommé? Je croyais que tu avais hâte d'y retourner.
—C'est vrai, admit la jeune femme en haussant les épaules, avant de sourire. Mais honnêtement, je pense qu'ils peuvent attendre encore un peu, après tout, vu les circonstances. Et… je dois dire que ça ne me ferait pas non plus de mal de partir quelque temps loin d'ici…
—Tu es sûre? demanda Lexa, visiblement hésitante.
—Si je ne l'étais pas, je ne te l'aurais jamais proposé, Lexa. Et puis… Cela me permettra aussi de mettre la maison en vente et de m'en débarrasser une bonne fois pour toutes. Je donnerais procuration complète à une agence pour vendre la maison et signer à ma place. Clairement, je n'ai absolument pas envie de m'en occuper ni d'y penser.
Voyant que la brune semblait encore hésitante, elle l'embrassa pour la sortir de ses réflexions, puis la tira doucement vers elle pour l'aider à se lever.
—Allez! Allons voir où nous partons!
Elle se précipita pour récupérer l'ordinateur portable de celle qui était maintenant ce qui ressemblait le plus à sa compagne et s'installa à ses côtés. En quelques minutes, elles se plongèrent dans la planification de ce qui ressemblait à une échappée salutaire. Elles en avaient effectivement bien besoin.
Quelques dizaines de minutes plus tard, leur concentration fut brusquement interrompue par la sonnette de la porte d'entrée.
Lexa se leva instinctivement, sur ses gardes. C'était un réflexe presque automatique, ces derniers temps.
—Lincoln? Qu'est-ce que tu fais ici? demanda la brune, étonnée et avec un léger pincement au cœur, en ouvrant la porte.
L'homme, grand et athlétique, lui adressa un sourire bienveillant avant d'entrer.
—Je suis venu te voir, répondit-il calmement, en faisant apparaitre un sourire bienveillant, tandis qu'il entrait. Il parait que tu vas partir quelque temps.
—Je… Euh… Oui, reconnut-elle, étonnée, alors qu'Indra ne l'avait même pas appelé une heure avant pour le lui dire.
Lexa referma la porte par automatisme, sans vraiment se rendre compte de ce qu'elle faisait, après que son ami soit entré. Elle était surprise qu'il soit déjà au courant, mais elle comprenait maintenant que sa Capitaine n'avait pas tant suggéré des vacances qu'elle ne les avait imposées. Et qu'Octavia avait dû transmettre l'information à son mari dès qu'elle l'avait su.
La Wood ne savait pas vraiment comment régir face à son meilleur ami, son frère, qu'elle n'avait plus revu depuis la fin de toute cette histoire. Qu'elle avait de toute manière très peu revu ces dernières semaines, contrairement à leurs habitudes de se voir très souvent. Par sa faute, à elle.
—Bonjour, Clarke, dit-il à celle-ci, avec toute la gentillesse qui pouvait le caractériser.
La Griffin lui rendit son salut avec un sourire. Les deux échangèrent quelques mots, mais Lexa, perdue dans ses pensées, n'écoutait pas vraiment.
Elle savait cependant qu'il devait lui en vouloir énormément, ou en tout cas être extrêmement déçu d'elle. Lui, pour qui elle éprouvait tant d'admiration et d'affection, et qu'elle connaissait depuis presque toujours. Et elle appréhendait peut-être plus que toute autre chose ce qu'il avait à lui dire.
—Qu'est-ce que tu dirais d'aller courir un peu dans le parc d'à côté? Comme on en avait l'habitude? proposa-t-il après quelques minutes en la ramenant sur Terre, à l'instant présent.
La jeune femme fut assez surprise de sa proposition, ne sachant pas comme elle devait se comporter. Avec hésitation, elle tourna légèrement la tête vers Clarke, dont elle croisa le regard bleu, comme pour lui demander son avis. Croisant le regard encourageant de la blonde.
—Ça te ferait du bien d'aller un peu prendre l'air. Et de toute façon, dit la blonde avec un sourire encourageant en montrant l'ordinateur devant elle, j'ai de quoi faire.
—D'accord, très bien, acquiesça la brune, avant de regarder l'homme au crâne presque rasé. Laisse-moi cinq minutes pour me changer et j'arrive.
Elle se dirigea rapidement vers la chambre afin de se mettre en tenue de sport, comme ils l'avaient convenu.
Lorsqu'elle revint dans le salon, l'homme et celle qui était devenue sa compagne, semblaient en pleine conversation animée, ce qui arracha un sourire discret à la brune. Ils semblaient bien s'entendre.
—À bientôt, Lincoln, lui dit la blonde en la voyant arriver, lorsqu'ils furent prêts à partir. Tu passeras le bonjour à Octavia de ma part.
—Ce sera fait, lui répondit-il avec un sourire et un signe de tête en avançant vers la porte.
Lexa se rapprocha de la Griffin pour lui déposer un chaste baiser sur les lèvres, dans une volonté de trouver un peu de courage pour ce qui allait suivre.
—Ça va bien se passer, lui murmura subtilement la jeune femme, afin qu'elle soit la seule à l'entendre.
Reprenant un peu confiance en expirant profond, elle lui répondit de la même façon avec un léger soupir, qu'elle espérait que ce soit le cas. Lexa se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit, laissant passer son ami devant elle, avant de la refermer derrière elle après avoir vu un dernier sourire encourageant de la part de la blonde.
Les premières minutes se firent dans le plus grand silence sur le chemin de l'endroit où ils avaient l'habitude de se rendre pour courir. Avant que le mari d'Octavia ne finisse par prendre la parole d'un ton détaché.
—J'aime bien Clarke. Elle a l'air d'être quelqu'un de bien, dit-il simplement.
—Elle l'est, lui répondit la brune, tandis qu'un sourire doux apparaissait sur ses lèvres rien qu'en pensant à la blonde.
—Je suis vraiment content qu'elle soit là pour toi. En particulier compte tenu des circonstances.
La jeune femme ne répondit pas, se contentant d'un signe de tête, en déglutissant. Alors, en arrivant enfin, ils se mirent à courir pendant près d'une heure, comme ils en avaient l'habitude, dans le plus grand des silences.
Après cette heure de course à vive allure sur quelques kilomètres et tous les deux plus que transpirants, ils s'assirent non loin d'un banc pour réaliser des étirements. La Wood sentait les regards brefs de son ami sur elle, comme s'il hésitait à dire ce qu'il avait à l'esprit.
Quand enfin elle croisa le regard foncé de l'homme, qu'elle avait essayé d'éviter soigneusement depuis qu'il était arrivé à son appartement, s'attendant à y voir de la déception, peut-être de la colère aussi, la brune fut surprise. Ce qu'elle y vit finalement, c'était seulement de la culpabilité et de la tristesse.
—Je suis désolé, finit-il par lâcher, en ne brisant pas leur échange de regard.
La jeune femme ne laissa rien paraitre, mais elle n'aurait pas pu être plus surprise, ne comprenant pas vraiment pourquoi il lui disait cela. C'était clairement plutôt à elle de s'excuser, de son point de vue.
—J'aurais dû être là pour toi, j'aurais dû être plus présent, ajouta-t-il finalement en s'asseyant sur le banc, soupirant.
—Que…
—J'aurais dû être là pour toi, répéta-t-il avec un peu plus de vigueur, la coupant avant qu'elle ne puisse parler. J'aurais dû savoir que tu n'aurais peut-être pas les idées complètement claires. Pas avec Costia dans l'histoire.
—Tu ne savais pas que c'était elle, Lincoln…
Ce dernier soupira longuement, en baissant les yeux au sol et se triturant les mains.
—Oui, je le savais. Octavia me l'a dit, même si elle n'était pas censée en avoir le droit. Et j'aurais dû me méfier plus, être beaucoup plus présent pour toi. Surtout en t'ayant vu après sa mort. Surtout quand je savais que, quand il s'agissait d'elle, tu n'avais pas complètement les idées claires. J'aurais dû être là… Parce que j'étais peut-être le seul à savoir que tu finirais par perdre le contrôle.
Dans un premier temps, Lexa resta figée. Ses lèvres s'entrouvrirent, mais aucun mot ne parvint à sortir. Un poids écrasant semblait peser sur sa poitrine, tandis qu'elle cherchait désespérément à comprendre ce qu'elle venait d'entendre. Elle avait imaginé mille scénarios: qu'il lui en veuille, qu'il soit déçu, peut-être même en colère, plus que tous les autres réunis. Elle avait redouté ses reproches, son regard dur. Mais jamais elle n'aurait pu prévoir qu'il se blâmerait lui-même.
Elle baissa les yeux, cherchant à masquer le mélange d'émotions qui menaçait de la submerger. Ses mains tremblaient légèrement, alors elle les glissa dans ses poches pour se donner une contenance. Puis, reprenant son souffle, elle releva la tête, croisant le regard de Lincoln. Un éclair d'urgence traversa ses prunelles. Elle ne pouvait pas le laisser penser ça, pas une seule seconde.
—Non, Linc', déclara-t-elle fermement, sa voix brisant le silence.
Ses mots le forcèrent à relever la tête, surpris.
—Tu n'aurais rien pu faire, continua-t-elle, plus doucement cette fois. J'ai tout fait pour t'éviter. Je ne voulais pas que tu saches quoi que ce soit. Parce que je savais que tu comprendrais tout si je te laissais voir la moindre faille. Que tu arriverais à lire en moi!
—Tu ne m'empêcheras pas de penser que j'aurais tout de même dû être là pour toi, reprit-il, obstiné. J'ai été trop occupé par le boulot avec ma promotion, Ethan, Octavia… Et je t'ai délaissé, exactement au moment où tu aurais eu le plus besoin de moi, Lexa…
—Arrête. Enlève-toi cette idée de la tête, insista la brune encore une fois avec force, avant de prendre une voix plus douce. Je te connais par cœur. Tu aurais essayé de m'en empêcher. Et en essayant de jouer au héros, tu te serais mis en danger. N'est-ce pas, CapitaineDalmatien?
—Lex'! On avait dit que tu devais arrêter de m'appeler comme ça! s'indigna-t-il, avec tout de même un sourire en coin, conscient qu'elle essayait de détendre l'atmosphère.
—Ah bon? On avait vraiment dit ça? répliqua-t-elle, feignant l'innocence, avec le même sourire. Qu'est-ce que tu veux, ça me fait bien trop rire!
Leurs regards se croisèrent, un sourire complice illuminant leurs visages. Après un long moment, l'homme lui tendit son avant-bras comme ils en avaient l'habitude depuis toujours, dans un salut guerrier. Sans hésiter une seule seconde, elle le sera à son tour.
Mais cette fois, et contrairement à d'habitude, il ne se contenta pas de s'en tenir à ce geste, mais il l'attira contre lui, l'enlaçant brièvement. C'était assez inhabituel pour être remarqué, tous deux étant très peu adeptes de ce genre d'effusion.
—Je n'ai pas été présent, mais je te promets que je vais me rattraper, petite sœur, déclara-t-il en en plongeant ses yeux dans les siens, avec un regard assuré et légèrement brillant.
La Wood lui répondit avec un sourire ému, ainsi qu'un regard plus que reconnaissant. Reconnaissant, car il était là pour elle et qu'il la soutenait. Lui apportant son soutien inconditionnel, malgré tout ce qu'elle avait fait. Cela ne pouvait pas lui faire plus chaud au cœur.
Mettant de côté les problèmes du passé, ils reprirent doucement le chemin de l'appartement de la brune, engageant une conversation plus légère pour rattraper le temps perdu.
—Alors, comme ça, tu pars en voyage quelques jours avec Clarke Griffin? demanda-t-il avec un sourire en coin.
—Oui, répondit-elle simplement en esquissant un sourire.
—Je vais te le redire, mais j'ai l'impression que c'est vraiment quelqu'un de bien. Et je ne pourrais pas être plus content qu'elle soit là pour toi, surtout en ce moment.
—C'est vrai, admit Lexa en baissant légèrement les yeux. Et je ne sais pas vraiment si je la mérite, pour tout te dire et être honnête. Je pense qu'elle est bien trop parfaite pour moi. D'ailleurs, j'ai vu que vous aviez l'air de vous connaitre.
—À ce que je vois, tu sembles encore plus mordue que je ne le pensais, dit-il en ricanant légèrement. Laisse-la choisir, elle tient beaucoup à toi, arrête de la repousser. Et oui, on s'est déjà rencontrés. Disons qu'elle est passée plusieurs fois à la maison voir Octavia, quand elle s'inquiétait pour toi. Elles s'entendent plutôt bien, si tu veux savoir. Donc on a un peu appris à se connaitre aussi.
—Tu veux monter boire un café ou autre chose? demanda la brune, quand ils furent arrivés devant la porte d'entrée de son immeuble.
—Non, ne t'en fais pas. Je vais vous laisser, dit-il avec un sourire, avant de déverrouiller sa voiture non loin de là. Passez de bonnes vacances!
—Linc'! l'appela-t-elle, tandis qu'il ouvrait sa portière, avant de se retourner vers elle. Merci. Vraiment. Merci.
Il lui répondit par un sourire et un hochement de tête avant de partir. Laissant Lexa emplie d'une profonde gratitude envers son ami pour son soutien et sa compréhension. Elle poussa finalement la porte de l'immeuble, en soupirant longuement de soulagement, avant de monter les escaliers. Jamais elle n'aurait pu penser que son meilleur ami puisse réagir de cette manière.
Et, même si elle se sentait mal qu'il se sente à ce point coupable, malgré tout ce qu'elle lui avait dit pour que ce ne soit pas le cas, elle ne pouvait néanmoins s'empêcher de se sentir plus que soulagée qu'il ne lui tienne pas rigueur de tout ce qu'elle avait fait.
—Lex! J'ai une destination proposer, l'accueillit Clarke avec un sourire, quand elle vit la brune de retour dans l'appartement.
Lexa releva la tête, son visage trahissant encore une légère fatigue émotionnelle, mais un sourire, timide et sincère, se dessina sur ses lèvres. La blonde lui montra l'écran de son ordinateur, attirant son attention sur une série de photos.
Les clichés montraient une station balnéaire nichée sur une petite île tropicale, entourée d'eaux cristallines. Le texte vantait un «cadre paradisiaque, idéal pour se ressourcer loin du monde». Lexa observa les images quelques secondes en silence. La vue de ces paysages luxuriants, presque irréels, lui donna l'impression qu'elle pouvait respirer plus facilement.
—D'accord, aucune idée d'où c'est exactement, mais prends les billets pour le plus tôt possible, répondit-elle avec une légère hésitation, avant de se détendre complètement.
—C'est comme si c'était fait! Départ de l'aéroport demain à 9heures 25! lui annonça Clarke en cliquant pour finaliser la réservation.
Se levant de sa chaise, la blonde se rapprocha de Lexa, l'enveloppant dans ses bras avec douceur. Lexa ferma brièvement les yeux, s'autorisant à se laisser aller dans cette étreinte, à abandonner, pour quelques secondes, le poids qui lui oppressait la poitrine.
—On a tous besoin de souffler parfois, murmura Clarke à son oreille avant de déposer un baiser tendre sur ses lèvres.
Cette simplicité, cette chaleur… Lexa laissa un soupir s'échapper, mais, cette fois, il n'était plus chargé de tension. Elle serra doucement Clarke contre elle.
—Merci, murmura-t-elle à son tour, le regard plongé dans celui de la blonde.
Dans cet instant, l'agitation du monde extérieur semblait loin, presque inexistante.
Lorsque les deux femmes découvrirent leur destination de leurs propres yeux, elles furent saisies d'un émerveillement immédiat. Une douce brise tropicale les enveloppa, caressant leur peau comme une promesse de sérénité. Le bruit apaisant des vagues, rythmé par le chant lointain des oiseaux, semblait effacer instantanément les tensions accumulées. Devant elles, une étendue d'eau turquoise scintillait sous le soleil éclatant, tandis que le sable blanc, doux comme de la poudre, se déroulait à perte de vue.
Lexa s'arrêta un instant, inspirant profondément l'air salé et sucré à la fois. Son regard parcourut l'horizon, absorbant chaque détail de ce paysage paradisiaque. Elle sentit quelque chose en elle se relâcher, comme si un poids invisible quittait enfin ses épaules.
—Wow… On a une vue vraiment magnifique, de cette véranda! s'extasia Clarke, alors qu'elles venaient d'arriver dans leur chambre, les yeux brillants d'admiration.
Lexa esquissa un sourire en tournant la tête vers sa compagne.
—Je suis contente que nous ayons choisi cette destination pour nos vacances, acquiesça la brune avec sincérité. C'est l'endroit parfait pour se détendre et se ressourcer. J'ai l'impression d'être loin de tous nos soucis et de pouvoir enfin profiter de l'instant présent.
Clarke hocha la tête en silence, serrant un peu plus fort la main de Lexa dans la sienne.
—C'est comme si le temps s'était arrêté ici. C'est magnifique, murmura-t-elle, presque comme si elle redoutait de briser la magie de cet instant.
Le vent faisait doucement danser les rideaux de lin derrière elles, et le soleil réchauffait leur peau, mais c'était surtout le calme environnant qui les enveloppait dans une bulle de sérénité. Aucune parole n'était nécessaire. Dans cet instant suspendu, elles savouraient simplement le luxe rare de n'avoir nulle part où être, sinon ici, ensemble.
Pendant ces deux semaines de vacances, elles profitèrent d'un large éventail d'activités, à la fois dans et hors de la station, savourant chaque instant pour se détendre et mieux se découvrir dans un cadre loin des tumultes qu'elles avaient vécu ces derniers mois.
Elles firent de longues promenades le long de la plage, leurs pieds s'enfonçant dans le sable chaud, appréciant les magnifiques couchers de soleil de l'île.
Lexa se surprit à rire plus souvent, des éclats cristallins répondant au doux bruit des vagues. Clarke, elle, ne pouvait s'empêcher de jeter des regards tendres à sa compagne, marquant ces moments d'une mémoire qu'elle savait précieuse.
Elles nagèrent dans les eaux transparentes et rafraîchissantes de l'océan, sentant chaque vague effacer un peu plus leurs soucis. Assises sur des chaises longues face à l'horizon, elles dégustèrent des cocktails aux couleurs vives, décorées de fruits tropicaux, riant à chaque tentative de Clarke de convaincre Lexa de goûter un mélange exotique. Elles se laissèrent également tenter par les spécialités locales, savourant des fruits de mer fraîchement pêchés, des ananas juteux et des mangues si sucrées qu'elles semblaient fondre sur la langue.
Mais c'est lors d'une expédition improvisée que leur voyage prit une tournure encore plus magique.
—Bon Dieu, regarde-moi cette cascade, Lexa! s'exclama Clarke, la voix teintée d'émerveillement.
Alors qu'elles s'aventuraient plus profondément dans les terres de l'île, Clarke et Lexa avaient entendu le doux murmure d'une cascade cachée au milieu de la végétation luxuriante. Curieuses et intriguées, elles s'étaient frayé un chemin à travers la dense forêt jusqu'à atteindre leur destination.
Lorsque la cascade apparut enfin, cachée au creux d'une clairière baignée de lumière, elles restèrent un moment figées, subjuguées. L'eau jaillissait en un flux cristallin, scintillant sous les rayons du soleil comme un rideau d'étoiles liquides. Elle se déversait dans un bassin naturel d'un bleu limpide, entouré de rochers recouverts de mousse.
—Je suis d'accord, c'est assez incroyable, déclara Lexa, son regard fixant le spectacle devant elle.
Elles se débarrassèrent de leurs chaussures avançant prudemment jusqu'au bord du ruisseau qui serpentait doucement à travers les rochers. Le contact de l'eau fraîche sur leurs pieds leur arracha un frisson, mais elles ne pouvaient détacher leurs yeux de cette oasis isolée. L'air, chargé d'une fine brume, semblait vibrer au rythme de l'eau qui s'écrasait avec puissance contre les pierres.
—On ne peut pas passer à côté de ça, annonça Clarke avec un sourire complice, déjà en train d'enlever ses vêtements pour être en maillot.
Sans plus attendre, et en haussant un sourcil, Lexa fit de même, puis elles se jetèrent dans l'eau claire. Le contact avec l'eau plus froide de ce dont elles étaient habituées sur l'île les fit frissonner, mais cela n'entama en rien leur excitation.
Alors qu'elles se relaxaient près de la cascade, la blonde se rapprocha lentement de sa compagne, leurs regards se croisant dans une étreinte silencieuse et profonde. Leurs lèvres s'effleurèrent doucement, dans un baiser tendre et passionné, chargé d'émotion et de désir. Leurs corps se rapprochèrent imperceptiblement, laissant leurs désirs s'épanouir avec une douce intensité.
—Clarke, ici, tu es sûre? demanda la brune, tandis que les mains de la blonde glissaient lentement le long de sa taille, se faisant plus baladeuses.
—Ne t'en fais pas, personne ne nous dérangera, répondit-elle avec un sourire rassurant, mais sans interrompre le mouvement de ses mains.
Les mains de Clarke caressaient chaque parcelle de peau avec une tendresse infinie, ses doigts frôlant doucement la colonne vertébrale de Lexa, provoquant des frissons qui parcouraient tout son être.
Leurs baisers devinrent plus profonds, plus ardents. Chaque contact semblait électrisant, et chaque échange de lèvres était une danse sensuelle et intime. Elles se laissèrent entièrement emporter par leur désir, explorant chaque centimètre de peau avec une passion dévorante.
Dans ce décor paradisiaque, les murmures de la cascade se mêlaient harmonieusement aux soupirs de plaisir, rendant l'instant hors du temps et chargé d'une intensité douce, mais envoûtante.
Le jour de leur départ approchait. La veille, Clarke et Lexa s'étaient installées sur la véranda pour profiter pleinement de ces derniers instants.
Clarke était confortablement installée dans les bras de Lexa, savourant la chaleur du moment.
—Tu te sens comment? lui demanda la blonde.
La jeune femme garda le silence un instant, réfléchissant profondément.
—Plutôt bien, en fait. Ça m'a fait du bien de passer ces deux semaines avec toi, ici, dit-elle en déposant un baiser sur le front de la Griffin.
Quelques minutes passèrent dans un silence réconfortant, que la Wood finit par briser.
—Je t'aime, Clarke. Attends, laisse-moi parler, demanda-t-elle en voyant la blonde sur le point de répondre. Je sais que je te l'ai déjà dit, mais je tiens vraiment à ce que tu saches à quel point c'est sincère. Je ne veux pas que tu aies le moindre doute à ce sujet.
—Je le sais, Lexa. Je sais que tu m'aimes. Je le ressens dans tout ce que tu fais, dans chaque regard, chaque geste, répondit-elle avec un doux sourire.
Toutes deux se regardent intensément, leurs yeux reflétant la profondeur de leurs sentiments. Tout ce qu'elles avaient vécu et subi semblait n'avoir eu aucun autre but que les conduire à cet instant précis.
Leurs lèvres se rencontrèrent dans un doux baiser, scellant leur amour et leur promesse d'être là l'une pour l'autre, quelles que soient les nouvelles épreuves à venir.
Ce voyage leur avait permis non seulement de laisser de côté tout ce qui s'était passé ces derniers mois, mais surtout de créer des souvenirs heureux et précieux, loin de tout, et d'intensifier leur lien. Les vacances leur ont offert le répit nécessaire et la force renouvelée pour poursuivre leur lutte pour la justice.
Leur périple touchait à sa fin alors qu'elles prenaient place dans l'avion en direction de chez elles. Clarke et Lexa s'installèrent côte à côte, leurs doigts entrelacés, ressentant encore les effets apaisants de leur escapade ensoleillée.
La blonde se tourna vers Lexa, un éclat radieux éclairant son visage.
—Je suis tellement reconnaissante d'avoir partagé ces instants avec toi, murmura-t-elle, ses yeux brillants d'affection. Ces souvenirs seront gravés à jamais dans mon cœur. Nos premières vacances en tant que couple.
La Wood se contenta de répondre d'un sourire doux, en déposant un baiser sur la main de la jeune femme qu'elle tenait.
Alors que l'avion s'élevait dans le ciel, emportant avec lui les dernières traces de leur escapade. Elles savaient que tout n'était pas fini, mais elles savaient désormais, quoi qu'il arrive, elles bénéficieraient du soutien indéfectible l'une de l'autre.
