Le lendemain matin, Lexa se réveilla doucement, le soleil filtrant à travers les rideaux entrouverts. Elle sentit un léger frisson d'air frais, mais un sentiment de calme persistait.
Elle se leva avec une énergie mesurée et se dirigea lentement vers le garage, où la Ducati l'attendait. Cela faisait des mois qu'elle ne l'avait pas touchée. La moto, couverte de poussière fine, brillait légèrement sous l'éclairage tamisé du garage. Lexa passa doucement la main sur le réservoir, un sourire sur les lèvres.
Avec une certaine minutie, elle vérifia les pneus, l'huile et le niveau de la batterie. Alors qu'elle ajustait les rétroviseurs et vérifiait les pneus, un léger sourire s'étira sur son visage. Elle la démarra, pour voir si la batterie n'était pas morte, et le bruit du moteur la fit frissonner. Peu de réglages nécessaires – la Ducati était prête.
Clarke avait raison, cela lui ferait du bien d'aller faire un tour avec sa moto. Même si elle était moins puissante que celle qu'elle avait pu conduire ses derniers mois.
Elle ferma le garage et remonta doucement vers l'appartement, pour aller rapidement s'équiper et prendre ses affaires.
Revenant dans le garage, casque à la main, elle laissa son regard dévier vers la voiture noire. C'était la Skyline que lui avait prêtée Raven, quand elle lui avait amené la moto hors de prix, et qu'elle avait refusée de reprendre «sa voiture». Elle lui ramènerait plus tard.
Lorsqu'elle s'installa sur la selle et alluma le moteur, un sourire tendre s'esquissa sur ses lèvres. Le doux ronronnement du moteur parcourut son corps, familiarité réconfortante après tant de mois passés à ignorer cette part d'elle-même.
Avant de partir, Lexa prit son téléphone et écrivit un message rapide à Clarke. "En route. Prête pour une petite balade." Elle glissa le téléphone dans sa poche, remit son casque et démarra la moto.
Lexa roulait doucement, laissant le vent fouetter son visage sous le casque. Les routes sinueuses des hauteurs de Los Angeles s'étendaient devant elle, sans véritable destination en tête. La Ducati glissait silencieusement sur l'asphalte, le moteur vrombissant sous elle, un rappel discret de sa liberté retrouvée. Chaque virage, chaque montée, chaque descente renforçait ce sentiment d'évasion.
Elle ralentit à un moment, longeant une petite crête où le paysage s'étendait à perte de vue. L'horizon était clair, les montagnes scintillaient sous la lumière douce du matin, et la mer scintillait au loin, une frontière naturelle entre la terre et l'infini.
Lexa ferma les yeux quelques instants, savourant cette tranquillité qui semblait si rare dernièrement. Elle savait que ce moment ne durerait pas éternellement, que la réalité finirait par l'attraper. Mais pour l'instant, elle roulait librement, connectée à quelque chose d'essentiel, qu'elle avait presque oublié ces derniers mois.
Après plus d'une heure à rouler sans se poser de question, elle arriva au garage de Raven.
Lexa coupa le moteur de sa Ducati et enleva son casque ainsi que ses gants. Elle garda le sourire sur ses lèvres, encore sous l'effet apaisant de sa balade matinale. Le garage vibrait de l'énergie familière de la mécanique en plein travail. Raven était déjà à l'œuvre, accroupie devant une voiture, le visage marqué d'une concentration intense.
— Salut, Lex, lança Raven en se relavant, avant de s'essuyer rapidement les mains sur un chiffon. T'as ressorti ta moto, dis donc. Et tu as l'air de bonne humeur.
Lexa hocha la tête avec un sourire, posant son casque et ses gants sur un établi proche.
— Ça fait du bien de rouler, dit-elle simplement. Et toi, comment ça va ici ?
— Super ! répondit Raven, avec un léger rire. Comme toujours, entre réparations et quelques projets à droite et à gauche.
Lexa s'assit sur une caisse, croisant les jambes devant elle, tandis que Raven s'appuyait contre le rebord d'un établi.
— Clarke m'a conseillé de prendre la moto pour faire un tour, avoua Lexa.
Raven leva un sourcil, un sourire curieux sur ses lèvres.
— Clarke a toujours de bonnes idées, surtout quand il s'agit de te remotiver, dit-elle, en haussant les épaules. Je suppose qu'elle a vu juste cette fois-ci.
Lexa hocha la tête doucement, un léger sourire éclatant sur son visage.
— Exactement, approuva la Wood. Avec tout ce qui s'est passé ses derniers temps, ça m'a fait du bien. Être suspendu, ça me donne un peu plus de temps!
Raven acquiesça doucement, laissant un silence confortable s'installer.
— J'ai pu discuter avec Octavia, hier, dit Lexa.
— Comment ça s'est passé? demanda l'Hispanique, sachant qu'elles n'avaient quasiment pas échangé ensemble ces derniers temps.
— Elle m'a proposé de rester manger avec eux.
Lexa se leva, relevant ses manches.
—Allez, viens. Je vais t'aider, comme au bon vieux temps. Et je vais te raconter.
— Deal! déclara Raven en allant chercher une clé avant de la lui tendre.
Lexa prit la clé et s'attela aux tâches que lui donna Raven, avec une énergie renouvelée. Elles travaillaient côte à côte, la Wood lui racontant sa conversation avec Octavia, puis elles parlèrent de tout et de rien.
— Directeur Barnes? demanda Clarke avec hésitation après avoir ouvert la porte.
— Bonjour Docteur Griffin ! Entrez et asseyez-vous, je vous prie, répondit le Directeur Barnes d'une voix calme et accueillante, en se levant pour l'accueillir.
Barnes était un homme à la fin de la quarantaine, avec une silhouette imposante et une allure distinguée. Les cheveux grisonnants et soigneusement coiffés, accompagnés d'une barbe soigneusement taillée, accentuant son air professionnel.
Clarke entra dans le bureau avec un sourire poli, ses pas mesurés résonnant doucement sur le tapis. Elle ferma la porte derrière elle et s'installa face au directeur, tandis que ce dernier faisait de même, un air réfléchi sur son visage.
— Vous vouliez me voir, Monsieur? demanda la blonde, en essayant de se montrer plus sûre d'elle.
Barnes hocha doucement la tête, son regard d'un gris profond posé sur elle avec une attention mesurée. Son assurance rendit Clarke encore plus hésitante, même si elle fit de son mieux pour ne pas le montrer.
— Absolument, Docteur Griffin.
Il la lâcha du regard pour ouvrir un tiroir de son bureau, et en sortit un dossier en papier assez épais.
—Je sais que ces derniers mois ont été assez… éreintants pour vous, reprit-il en la regardant fixement. J'ai à cœur de dire que quelqu'un de votre situation mériterait bien plus de repos.
La blonde ne put se retenir de déglutir avant de baisser les yeux. Voilà, c'était ça. Il allait vouloir la mettre sur la touche pour le moment, l'empêchant de faire son travail.
— C'est pourquoi je suis encore plus ébahi de voir à quel point vous avez su reprendre vos fonctions aussi vite, avec le sérieux qui semble vous caractériser. Je viens certes d'arriver à la tête de l'Hôpital, mais je n'ai eu que de très bon retour.
Elle releva la tête, son regard azur fixant celui gris de son supérieur hiérarchique. Barnes avait un air sérieux, mais un léger sourire jouait sur ses lèvres, adoucissant légèrement son ton.
— Vous êtes un atout vraiment précieux ici, Docteur Griffin. En plus de faire votre travail avec un talent extrême, vous avez su participer à l'arrêt d'un ignoble trafic dans cet hôpital. C'est de gens comme vous, dont nous avons besoin. Je pense que votre engagement et vos résultats méritent d'être reconnus.
Il reprit le dossier, qui déposa cette fois devant elle, pour qu'elle puisse l'ouvrir. Elle haussa les sourcils, étonnée.
— Et j'ai confiance en votre capacité à continuer à gérer vos responsabilités avec excellence. Et même d'en avoir plus. Ce dossier contient une proposition que j'aimerais vous faire. En accord avec les chefs de service et les cadres de l'hôpital.
— Monsieur? Je ne suis pas certaine de bien comprendre?
— Eh bien, vous aurez tous les détails dans le dossier, et je suis là si vous avez des questions. Mais, je vous propose le poste de Chef de Chirurgie Cardiaque, Docteur Griffin. Que pensez-vous ?
Clarke resta silencieuse un moment, ses yeux fixant le dossier posé devant elle. L'annonce de cette proposition inattendue l'avait prise au dépourvu. Le titre résonnait dans sa tête, songeant à la signification de cette responsabilité ajoutée à ses fonctions actuelles.
— Monsieur… je… c'est une offre honorable, mais je ne suis pas certaine d'être prête à assumer un rôle aussi important, dit-elle avec une voix hésitante, bien qu'elle ait du mal à cacher une certaine surprise mêlée à une pointe d'émotion.
Barnes observa son visage, son expression calme et réfléchie. Un sourire léger s'étira sur ses lèvres.
— Vous doutez de vos capacités, Docteur Griffin ? demanda-t-il doucement, le ton toujours posé, mais perceptiblement encourageant.
Clarke ouvrit légèrement la bouche pour répondre, mais, cette fois, elle s'arrêta. Elle savait ce qu'elle avait accompli ces derniers mois, les défis auxquels elle avait fait face, et l'importance de son rôle au sein de l'hôpital. Mais était-elle vraiment prête à assumer une telle charge, en plus de tout ce qu'elle gérait déjà ?
— Je crois en votre potentiel, Clarke. Le reste ne dépend que de vous. Ce poste est un défi, mais je suis convaincu que vous êtes capable de le relever.
Un soupir traversa Clarke alors qu'elle baissait les yeux, songeant aux responsabilités accrues. Cependant, elle savait qu'il avait raison. Elle avait toujours su s'investir pleinement dans ce qu'elle entreprenait, et le fait que Barnes ait confiance en elle la poussait à reconsidérer sa réponse.
— Docteur Griffin, je n'attends pas de vous une réponse immédiate. Prenez le temps d'y réfléchir au calme. Pour ce faire, rentrez chez vous. Je me suis arrangé pour que vous soyez remplacé pour le reste de la journée.
Lexa entra dans l'appartement, son regard balayant rapidement l'espace. Son cœur s'accéléra légèrement lorsqu'elle aperçut le manteau de Clarke à l'entrée, ce qui ne laissait aucun doute sur le fait que sa compagne était là, bien plus tôt que prévu. Un frisson d'inquiétude lui parcourut l'échine alors qu'elle se dirigeait doucement vers le salon.
— Clarke ? demanda-t-elle d'une voix hésitante, un peu inquiète.
La blonde était assise sur le canapé, les bras croisés, son regard perdu dans un dossier posé sur la table basse. Son expression était sérieuse, presque distante, et quelque chose dans sa posture laissait présager qu'elle n'était pas simplement en train de consulter des papiers.
Lexa s'arrêta devant le canapé, croisant les bras à son tour, attendant une réponse. L'air attentif, elle la scrutait avec un mélange d'inquiétude et de curiosité.
— Comment ça s'est passé ? poursuivit-elle, brisant finalement le silence pesant. Clarke releva lentement les yeux, ses iris azur fixant Lexa avec un mélange d'émotion et de réflexion.
— Pas comme je le pensais, déclara la blonde sans rien dire de plus.
Lexa fronça légèrement les sourcils, son inquiétude grandissant après chaque seconde de silence. Elle s'assit doucement à côté de Clarke, prenant doucement sa main libre sur la table basse. La chaleur du contact apaisa un peu la tension.
Clarke inspira profondément, laissant échapper un soupir. Elle serra légèrement les dents avant de répondre.
— Barnes m'a proposé un nouveau poste… chef de la chirurgie cardiaque, dit-elle doucement, sa voix remplie d'une certaine clarté, comme si elle analysait chaque mot après les avoir dits.
Lexa resta silencieuse, observant attentivement Clarke sans précipiter de réaction. Ses sourcils se froncèrent légèrement alors qu'elle réfléchissait à ses mots.
— C'est… une promotion ? demanda-t-elle finalement, un peu hésitante.
Clarke hocha la tête doucement avec un léger sourire, mais son expression restait hésitante, incertaine.
— Oui. Mais ce n'est pas si simple. Ce poste viendrait avec plus de responsabilités, et je… je ne suis pas certaine que je sois prête pour ça maintenant, avoua-t-elle, passant une main distraite dans ses cheveux blonds.
Lexa s'assit un peu plus confortablement à ses côtés sur le canapé, attrapant à nouveau doucement sa main. Son regard restait posé sur Clarke avec douceur et compréhension.
— Tu as déjà fait tellement, Clarke. Tu as relevé tellement de défis, observa Lexa doucement, s'asseyant à ses côtés sur le canapé. Tu as réussi à gérer tellement ces derniers mois.
Clarke tourna doucement la tête vers Lexa, son regard incertain, mais sincère. Un soupir traversa ses lèvres alors qu'elle posait son regard sur la table basse, ses doigts jouant machinalement avec un coin du dossier.
— Oui, mais c'est différent. Je ne sais pas si j'en suis capable. Si je ne suis pas trop jeune. Si c'est le moment.
Lexa croisa les bras doucement, cherchant ses mots avec soin.
— Tu es jeune, Clarke, mais tu as un talent incroyable. Et même si ce poste demande plus de responsabilités, cela ne signifie pas que tu dois tout maîtriser d'un seul coup. Ce qui compte, c'est ta passion et ta capacité à vouloir évoluer. Ton dévouement pour cet hôpital et ses patients.
— Ce n'est pas seulement une question de charge de travail. C'est… je sais que je pourrais le faire, mais est-ce que je le devrais ? Est-ce que je suis prête à assumer tout ce que cela implique ?
— Si l'on te l'avait proposé dans un contexte différent, qu'aurais-tu dit ? Si ce n'était pas maintenant, mais plus tard ?
— Certainement oui. Je sais que je pourrais le faire si j'accepte, mais est-ce que je le devrais ? Est-ce que je suis prête à assumer tout ce que cela implique ? Encore plus maintenant?
Lexa plongea son regard dans celui de Clarke, le ton calme et persuasif.
— Je n'ai pas une grande connaissance des hôpitaux, mais ce que je sais, c'est qu'une telle proposition ne vient jamais sans le soutien de nombreuses personnes. Tu crois qu'on t'aurait offert ce poste s'ils n'avaient pas eu confiance en toi et en tes capacités ?
Clarke regarda Lexa avec un air réfléchi. Ses mots raisonnaient en elle, mais son esprit était toujours en conflit. Un silence s'installa alors qu'elle cherchait ses propres pensées.
— Le directeur, Barnes, m'a dit que j'avais un peu de temps pour y réfléchir.
— Et c'est une bonne chose, Clarke, assura Lexa avec douceur. Même si le choix te revient entièrement, je pense que tu devrais accepter. Tu as les épaules pour. Tu ne devrais même pas en douter.
Clarke sentit une chaleur familière envahir sa poitrine à ces mots. Elle releva les yeux vers Lexa, trouvant dans son regard une promesse inébranlable. Ce n'était pas la première fois que Lexa prononçait ces mots, mais, cette fois-ci, ils semblaient résonner plus profondément. Une vérité qu'elle avait presque oubliée.
— Et si je dis oui et que je me foire ? demanda Clarke, la voix à peine audible.
Lexa sourit doucement, tendant la main pour effleurer la joue de Clarke. Le geste était léger, presque imperceptible, mais il portait une signification immense.
— Très honnêtement, je n'ai aucun doute sur le fait que tu vas réussir. Brillamment, même. Mais si ça devait arriver, je sais que tu feras tout ce qu'il faut pour régler la situation. Et je serai là pour te soutenir. Comme tu l'as fait pour moi.
Clarke sentit ses yeux s'embuer légèrement, mais elle détourna rapidement le regard, ne voulant pas céder à l'émotion qui montait en elle. Elle n'aimait pas se montrer vulnérable, même devant Lexa. Surtout devant Lexa.
La Griffin posa sa main sur celle de Lexa, cherchant dans ce simple geste un peu plus de force. Après un moment de silence partagé, elle inspira profondément et se redressa légèrement.
— Tu as raison, murmura-t-elle finalement. Je crois que… je crois que j'ai juste peur de décevoir. De ne pas être à la hauteur.
— Décevoir qui ? Barnes ? Tes collègues ? demanda Lexa doucement.
— Moi-même, répondit sa compagne, sa voix à peine audible. Je me suis toujours fixé des attentes si élevées. Et ce poste… c'est comme si c'était une validation. Une preuve que j'ai réussi. Mais si j'échoue, tout ça s'effondre.
La brune secoua la tête, son regard plein de certitude.
— Clarke, ta valeur ne dépend pas d'un poste ou d'une validation extérieure. Et je sais que tu donneras tout ce que tu as, peu importe ce que tu décideras.
Clarke ferma les yeux un instant, absorbant les mots de Lexa. Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un peu de soulagement. Comme si les pièces du puzzle commençaient lentement à s'assembler. Elle n'avait pas encore toutes les réponses, mais elle savait qu'elle n'était pas seule.
— Merci, Lexa, murmura-t-elle, sa voix teintée de gratitude.
— Toujours, répondit Lexa avec un sourire. Alors… tu veux en parler encore, ou je dois te préparer une tasse de thé pour t'aider à réfléchir ?
Clarke éclata d'un petit rire, un son qui brisa enfin la tension de la pièce.
— Une tasse de thé serait parfaite, dit-elle en souriant.
Lexa se leva avec un sourire, se dirigeant vers la cuisine, mais, avant de disparaître, elle se retourna.
— Et Clarke ? C'est à toi de voir, mais peut-être qu'en parler à ta mère pourrait aider?
Quelques jours après la conversation avec sa compagne, Clarke s'était finalement décidée à appeler sa mère, comme le lui avait conseillé Lexa.
Après tout, Abby était elle-même responsable de son service de chirurgie, dans l'hôpital dans lequel elle exerçait.
La blonde avait en amont étudié avec patience et rigueur chacun des points de la proposition que lui avait remis Barnes, et essayé de penser à tout.
Abby Griffin était de l'autre côté du pays, occupé à gérer son propre service de chirurgie, mais elle avait trouvé un moment pour répondre à l'appel de sa fille.
Clarke s'installa dans le salon, son ordinateur posé devant elle, et lança l'appel vidéo. Quelques secondes plus tard, le visage familier de sa mère apparut à l'écran. Elle portait encore sa blouse de chirurgienne, et l'arrière-plan révélait un bureau encombré de dossiers médicaux.
— Clarke! s'exclama Abby avec un sourire. Ça fait plaisir de te voir. Tout va bien?
Clarke hésita une seconde avant de répondre. Elle inspira profondément et secoua la tête.
— Pas vraiment, avoua-t-elle. Je… j'ai besoin de ton avis sur quelque chose.
Abby fronça légèrement les sourcils, son regard se teintant d'inquiétude.
— Je t'écoute. Qu'est-ce qui se passe?
Clarke passa une main nerveuse dans ses cheveux, cherchant les bons mots.
— Barnes, le nouveau Directeur du Mount Weather Emergency… il m'a proposé un nouveau poste. Chef de la chirurgie cardiaque.
Abby resta silencieuse une seconde avec un air étonné, puis un sourire se dessina lentement sur son visage.
— Clarke, c'est incroyable! C'est une opportunité énorme! Je suis tellement fière de toi.
Clarke ne put s'empêcher de sourire légèrement à cette réaction, mais elle baissa rapidement les yeux, triturant un coin de sa manche.
— Je ne sais pas, maman. Je ne suis pas sûre d'être prête.
Abby prit un instant pour analyser l'expression de sa fille. Elle connaissait bien cette hésitation, ce doute.
— Clarke, si Barnes t'a proposé ce poste, ce n'est pas par hasard. Il ne confierait pas un service aussi important à quelqu'un en qui il n'a pas une confiance absolue.
— Mais est-ce qu'il a raison? répliqua Clarke, sa voix tremblante. Et si je ne suis pas à la hauteur? Et si je déçois tout le monde? Moi-même?
Abby s'adossa dans son fauteuil, prenant une pause avant de s'exprimer à nouveau.
— J'ai une question à te poser: est-ce que tu veux continuer d'exercer dans cet hôpital? Tu m'as dit que Joséphine t'avait proposé de réintégrer Reagan?
—Oui, répondit la plus jeune, sans la moindre hésitation. C'est là qu'est ma place, même avec tout ce qu'il s'est passé. Surtout avec tout ce qui s'est passé.
— Très bien. Alors, écoute-moi bien, Clarke. La peur de ne pas être à la hauteur, c'est quelque chose que tous les chirurgiens ressentent. Moi aussi, j'ai douté. Mais la vérité, c'est que cette peur est une bonne chose. Elle montre que tu prends cette responsabilité au sérieux, que tu veux faire les choses correctement.
Clarke releva les yeux vers l'écran, les paroles de sa mère résonnant en elle.
— Mais maman… ce poste, c'est tellement de responsabilités. Gérer une équipe, des internes, des décisions vitales… et si je fais une erreur?
Abby haussa légèrement les épaules, un sourire compréhensif aux lèvres.
— Tu feras des erreurs, Clarke, ça, c'est certain. Parce que personne n'est parfait. Mais ce qui compte, c'est ce que tu feras après. Comment tu apprendras de ces moments pour devenir encore meilleure. Et tu sais quoi? Je sais que tu es capable de ça.
Clarke resta silencieuse un moment, les doigts jouant avec le bord de la tasse devant elle. Une part d'elle voulait croire sa mère, mais une autre restait accrochée à ses doutes.
— Tu penses que je devrais accepter? demanda-t-elle finalement, sa voix hésitante.
— Je pense que tu devrais te demander si ce poste correspond à ce que tu veux vraiment, répondit Abby. Ce n'est pas une question de savoir si tu es prête. Parce que personne n'est jamais vraiment «prêt» pour une telle opportunité. Ni à mon âge, ni plus vieux, ni à ton âge. Ce qui importe, c'est ce que tu en fais une fois que tu l'acceptes.
Clarke inspira profondément, les mots de sa mère s'enracinant dans son esprit.
— Merci, maman, murmura-t-elle. Ça m'aide… vraiment.
Abby sourit doucement, son regard empreint de fierté.
— C'est l'essentiel, alors. Mais pense à prévoir de venir me voir. Avec Lexa, puisque je n'ai pas encore eu l'occasion de vraiment la rencontrer.
Alors que l'appel touchait à sa fin, Clarke sentit un poids s'alléger sur ses épaules. Elle n'avait pas encore toutes les réponses, mais elle savait qu'elle n'était pas seule.
Après avoir raccroché, elle resta assise un moment dans le silence, les paroles d'Abby résonnant encore en elle. Puis, levant les yeux vers la fenêtre, elle se surprit à sourire. Peut-être qu'elle n'était pas encore totalement prête à se décider, mais, pour la première fois depuis des jours, elle sentait une pointe de clarté.
Clarke s'appuya contre le dossier de son fauteuil, ses pensées encore flottantes, mais plus apaisées. Lexa avait eu raison : parler à sa mère l'avait aidée à prendre du recul. Ce n'était pas une décision à prendre à la légère, mais elle sentait qu'un certain équilibre revenait en elle.
Elle se leva lentement et se dirigea vers la chambre. Lexa était assise sans un fauteuil, un livre ouvert devant elle. La brune leva les yeux en entendant Clarke entrer, ses prunelles vertes pleines de curiosité et de douceur.
Lexa referma doucement son livre, le posant sur l'accoudoir du fauteuil. Elle scruta sa compagne avec attention, remarquant immédiatement un changement subtil dans son expression. La tension qui pesait sur ses épaules semblait s'être allégée, et il y avait un éclat plus doux dans ses yeux bleus.
— Alors? Comment ça s'est passé? demanda Lexa, fermant doucement son livre pour lui accorder toute son attention.
Clarke s'assit au bord du lit, face à elle, un petit sourire étira ses lèvres, mélange de soulagement et de gratitude.
— Elle m'a dit exactement ce que j'avais besoin d'entendre, répondit Clarke en s'approchant. Pas des certitudes, mais… des vérités.
Lexa inclina légèrement la tête, attendant que Clarke continue.
— Elle m'a dit que personne n'est jamais vraiment «prêt» pour ce genre de responsabilités, ajouta-t-elle en s'asseyant à côté de Lexa. Que c'est ce qu'on en fait une fois qu'on les accepte qui compte vraiment.
La Wood lui sourit doucement, se levant du fauteuil pour s'installer à côté de la blonde, ses doigts venant se poser sur ceux de Clarke.
— Je crois que j'ai pris ma décision, murmura-t-elle finalement.
— Oh? fit Lexa, haussant un sourcil avec un sourire malicieux. Alors, dis-moi.
— Si je refuse, je sais que je le regretterai plus tard. Donc, je vais accepter.
Lexa se leva doucement, entraînant Clarke dans ses bras. Elle lui murmura à l'oreille :
— Tu vas être incroyable. Et je serai là, à chaque étape, quoi qu'il arrive.
La blonde lui sourit, avant de l'embrasser tendrement.
— Est-ce que tu veux qu'on fête ça en allant au resto? lui proposa la Wood.
— On peut très bien fêter ça ici? lui proposa à son tour sa compagne, avec un sourire aguicheur, avant de l'embrasser avec passion.
Lexa se laissa captiver par le baiser avec un sourire, ses mains glissant doucement le long du dos de Clarke pour l'attirer encore plus près d'elle.
Elle rompit finalement le contact, un sourire espiègle éclairant son visage.
— Très bien, mademoiselle Griffin, qu'est-ce que vous avez en tête pour «fêter ça ici»? demanda-t-elle avec une lueur taquine dans les yeux.
Clarke haussa un sourcil, son sourire ne quittant pas ses lèvres.
— Oh, je suis sûre qu'on peut trouver quelque chose… Mais je vais laisser un peu de place à l'improvisation, dit-elle, sa voix douce, mais provocante.
Lexa rit doucement, secouant la tête.
— Je vois que tu es déjà en train de prendre les rênes, Dr. Griffin, plaisanta-t-elle en passant ses doigts dans les mèches blondes de Clarke.
Clarke attrapa la main de Lexa, ses yeux capturant les siens avec intensité, avant de la pousser pour la faire s'allonger dans le lit.
